Les moments d'horreur ne sont-ils finalement pas les plus importants de nos vies ? (Ceux vers lesquels sans cesse notre esprit revient, pour y puiser quelle énergie ?)Une chasse au sanglier ne peut-elle pas devenir une quête effrénée du châtiment ?Que cherche-t-on vraiment à faire lorsqu'on (l'écrivain) donne la parole à quelqu'un comme Jeronimus Cornelisz ? (Et que cherche-t-on (les lecteurs) vraiment lorsque nous lui prêtons l'oreille ?)A quel moment interviendront la terreur et le surnaturel lorsqu'on (le personnage) est un berger solitaire obsédé par une femme imaginaire, femme-soleil qui hante le sommeil ?Ce sont quelques-unes des questions que je me suis posé à la lecture des quatre billets offerts sur un TOUT NOUVEAU BLOG (même si tous les textes ne sont pas inconnus).
Ce blog s'intitule "
Tarrori è Fantasia" et il a été créé il y a deux jours seulement. J'en ai appris l'existence par un message de Marcu Biancarelli via Facebook.
Les auteurs (Petru Larenzu Santelli, Petru Felice Cuneo-Orlanducci, Jean-Yves Acquaviva et Marcu Biancarelli ; et la liste devrait rapidement s'allonger) offrent ainsi la possibilité de présenter d'une façon cohérente un ensemble d'écrits - en langue corse - qui relèvent tous du grand domaine de l'Imaginaire (incluant science-fiction, horreur, épouvante, fantastique... ah, cela me rappelle mes lectures de Stephen King, je pense soudain aux "Tommyknockers", et à sa première phrase (je cite, mal, de mémoire) : "Pour un morceau de métal, le Royaume fut perdu.", ou bien encore à "Ça" et à sa première phrase qui dit à peu près : "La Terreur, qui devait durer vingt-huit ans, s'incarna la première fois dans un bateau de papier flottant dans un caniveau." ; je pense aussi à une nouvelle de Lovecraft, que j'ai adorée, intitulée "Celui qui chuchotait (ou murmurait) dans les ténèbres" - tout un programme - et qui commence ainsi me semble-t-il : "Qu'il soit bien clair dans l'esprit du lecteur qu'à aucun moment de cette histoire je n'ai assisté à aucune vision d'horreur.", génial...)
Heureuse initiative, je trouve, que ce blog "Tarrori è Fantasia" !! Pourvu qu'elle donne l'occasion à tous les créateurs, confirmés ou en herbe, d'aller très loin avec des récits inouïs.
Personnellement, je ne peux m'empêcher de me dire que les imaginaires insulaires contemporains y trouveront un exutoire, un lieu de liberté, un appel à inventer propres à mettre en mouvement les fables, les formes et les figures qui hantent nos esprits.
Une mutinerie nihiliste, une chasse suicidaire, une solitude obsessionnelle, un bagne enfoui dans le coeur et l'esprit...
Non ?(
La photo du doux sommeil.)