Ce blog est destiné à accueillir des points de vue (les vôtres, les miens) concernant les oeuvres corses et particulièrement la littérature corse (écrite en latin, italien, corse, français, etc.). Vous pouvez signifier des admirations aussi bien que des détestations (toujours courtoisement). Ecrivez-moi : f.renucci@free.fr Pour plus de précisions : voir l'article "Take 1" du 24 janvier 2009 !
mardi 27 décembre 2011
"Diversité est ma devise", comme disait l'autre : un tour sur le net littéraire corse
- deux voix intimes, qui oscillent entre, ou mêlent, la réflexion exercée au quotidien et la narration de choses vues, avec une belle écriture, précise, souvent humoristique, parfois amère. Paris et la Corse comme pôles majeurs. Donc, la Corse souvent présente comme sujet, mais pas toujours. Ce sont les voix de Sylvestre Rossi (Chroniques insulaires, blog hébergé sur le site du Nouvel Obs, tenu depuis 2 ans ; voir ici par exemple, un billet qui le conduit à évoquer son grand-père et l'utilité de s'interroger sur ses origines : "Buren intra-matic") et de Noël Casale (Collection de sable, blog hébergé cette fois sur le site de Mediapart, tenu depuis 1 an ; beaucoup aimé le récit d'une balade dans les quartiers du Finosello, des Salines, à Ajaccio : ... mince, je ne le trouve plus, le déplacement dans les billets n'est pas facile, pas de tags ou de fonction recherche ; alors en voici un récent concernant un article de Corse-Matin qui oppose théâtre populaire et théâtre élitiste : "A Ajaccio, encore un mur" ; signalons que Noël Casale est dramaturge, metteur en scène, comédien ; plusieurs billets de "Pour une littérature corse", l'évoquent à ce propos).
- Sur le forum de Musanostra, les lecteurs s'expriment sur tous les tons (sérieux, précis, ou bien ironique ou allusif), et je signale une discussion en cours à propos des livres corses à mettre sous le sapin (ou qui ont été mis sous le sapin dimancher dernier) : pour lire le début de la discussion c'est ici : pour voir comment elle a débouché sur un autre sujet, à savoir "Les ouvrages "Ovnis dans le ciel corse" de Christophe Canioni et "Kursig" de José Stromboni sont-ils délirants et peuvent-ils être critiqués ? De quoi sont-ils le signe ?" (c'est moi qui formule cette question...), lire ici.
- Sur le blog de Marie-Hélène Ferarri, écrivain, plusieurs billets concernant notamment la littérature corse (pour laisser un commentaire, il faut d'abord s'inscrire dans l'espace "Membres"). La sincérité du propos et l'acceptation de la contradiction sont à souligner. Ainsi vous participez aux deux discussions en cours : "Littérature régionale, ou pas" (le sujet pourra paraître sempiternel, vous me direz que tout le monde en a fait le tour, mais je ne peux m'empêcher de participer à ce type de débat, la répétition fait partie du jeu et est l'occasion d'approfondir ou de mieux formuler une opinion ou de la faire évoluer ; sur la même question, écouter le point de vue de l'écrivain Kossi Efoui, "Je ne suis pas un auteur africain", sur le site de Courrier International). Deuxième discussion sur le blog de Marie-Hélène Ferrari : "Le droit de dire ou pas, suite". L'auteur donne son point de vue sur 7 sites internet littéraires, notamment corses, qu'elle a dernièrement visités : le forum de l'association "Musanostra", "Du texte au texte", le blog de Joël Jégouzo, "Terres de femmes" d'Angèle Paoli, "Invistita" de Norbert Paganelli, "Isularama" de Xavier Casanova, Mescladis e còps de gula" de Jean-Pierre Cavaillé (taban.canalblog.com) et "Pour une littérature corse". Je ne résiste évidemment pas au plaisir de reprendre ici les mots qui décrivent ce dernier blog : "Le plus polémique. Effervescent, partisan, concerné. Ses qualités sont aussi ses défauts. L'expression du politiquement correct d'une certaine corse y trouve tout son sens." Puisque la dernière expression me paraît trop allusive, j'ai demandé à ce qu'elle soit précisée, la discussion est en cours !
Bonne lecture, et participez aux discussions sur ces différents sites, si le coeur vous en dit.
mardi 9 août 2011
Marie-Hélène Ferrari évoque les livres d'Archange Morelli
Au hasard des rencontres littéraires, on retrouve de vieux compagnons.
Je voulais parler ici de quelqu'un qui loin des arènes médiatiques et du vent fait son chemin d'auteur avec efficacité. Un livre, c'est aussi ce voyage immobile qui nous porte vers des temps et des horizons qu'on ne connaîtrait pas sans eux.
Devenez l'ombre de l'arbalétrier dans les "Idoles barbares" d'Archange Morelli, ou suivez le tragulinu des "Rochers rouges" du même auteur. Un vrai moment de bonheur. La langue est fluide, bien qu'elle use de nombre de références au latin, et au corse, voire à des mots disparus. Les univers s'enchaînent avec précision et couleurs, et on plonge dans un passé prenant et savoureux. J'avais commencé une thèse en littérature comparée où cet auteur était à l'honneur, le temps m'a manqué, mais en attendant je veux lui rendre hommage par ces quelques lignes.
"Sic transit gloria mundi" dit Santu u Grisgiu, mais son empreinte tranquille et érudite, elle, ne passe pas. Et c'est très bien.
mardi 10 novembre 2009
Sur les autres sites... ronde infinie de la littérature corse
- sur Terres de Femmes, d'Angèle Paoli : outre ses propres poèmes, "Carnac", le poème ajaccien du Breton Guillevic ! (Traduit par F.M. Durazzo)
- sur Invistita, de Norbert Paganelli : les auteurs, si différents, Marcel Tijeras, Marcu Biancarelli, Paul Arrighi, Jean-François Agostini (qui raconte la rencontre d'une Lada et d'une corne de vache)
- sur Gattivi Ochja, de Stefanu Cesari : la continuation de ce travail de passages dans les langues de la poésie, avec Christian Bobin, Tomàs Segovia, Pascal Quignard, entre autres
- sur Musa Nostra : les premiers comptes rendus du café littéraire de Carchetu, chez Jean-Claude Rogliano ; avec, pour l'instant, les ouvrages de Marie-Hélène Ferrari, Roccu Multedo, Jean-Louis Moracchini (et un arrêt sur la nouvelle "Un cortège dans la brume")
et je dois en oublier !
dimanche 30 août 2009
Un récit de lecture : M.-H. Ferrari et Stefanu Cesari
Ce soir, ce plaisir nous est accordé par Marie-Hélène Ferrari (auteur par ailleurs, et ici lectrice) lisant le recueil de poésie de Stefanu Cesari, "Forme animale / A lingua lla Bestia" (aux éditions A Fior di Carta). Merci.
[Ajout du 31 août 2009 : le message qui suit m'a été envoyé par MHFerrari sur ma messagerie personnelle : f.renucci@free.fr, avec le désir de le voir devenir un billet sur ce blog, je la remercie, et j'engage toutes celles et tous ceux qui voudraient faire de même à ne pas hésiter ! Ce sera avec une grande joie pour moi, et certainement pour d'autres.]
Un rispondini più i paroli a chjama
Di a ciorma
Ghjustu un’acqua pien’a tarra
Chi pena
A righjunggja d’altri foci aparti
E u mari (…)
U linguaghju
Ansiighja
Buddaru di lena
A lingua lla bestia
Stefanu Cesari
J’ai ce recueil depuis un bout de temps déjà, il est toujours à côté de moi dans mon bureau, car non seulement les textes sont magnifiques, mais pastichant mal l’auteur je dirais que mi vuriu sfà ‘ssa prisenza, n’est pas possible. Les mots y sont retenus, pleins de pudeur et de violence, un univers qui parle, et qui est celui que nous avons chacun en nous.
J’aime beaucoup la poésie de Stefanu, qui je pense, mérite une plus large publicité et dont je rappelle qu’il a été préselectionné par le Jury de Ouessant l’année dernière, avec raison.
Je ne fais jamais de publicité, mais compte tenu de la modestie de sa diffusion, si ce livre vous plait, il est disponible sur le site de A fior di carta.
J’espère qu’il y en aura d’autres.
Signalons enfin que l'on peut visiter le très beau et très riche blog de Stefanu Cesari : Gattivi Ochja.
Lire ou relire le billet qui lui était consacré sur "Pour une littérature corse", avec une discussion intéressante dans les commentaires : ici.
Et dire que "Forme animale/A lingua lla Bestia" a reçu le Premiu di i lettori di Corsica en 2009 dans la catégorie des oeuvres en langue corse (Yasmina Khadra l'avait reçu pour la catégorie des ouvrages en langue française pour "Ce que le jour doit à la nuit").
lundi 3 août 2009
Les mots d'une lectrice : Marie-Hélène Ferrari
"Livres à lire ou à éviter, critiques"
On pourra trouver les avis - publiés entre le 17 juin et le 10 novembre 2008 - trop brefs, trop secs (accompagnés d'extraits des oeuvres, ils auraient été bien plus riches), trop tranchés.
Mais ces trois "défauts" sont en fait trois "qualités" : ce sont des notes synthétiques, vivantes, enlevées, sincères et personnelles. Ainsi, elles donnent envie d'aller voir les livres ou de répondre si l'on n'est pas d'accord. Et puis il est déjà bon de savoir que les oeuvres corses suivantes (mêlées à des oeuvres non corses) ont été lues et ainsi diversement appréciées :
- "Extrême méridien", Marcu Biancarelli
- "Petit plongeoir vers l'abîme", Okuba Kentaro
- "Piccule fictions"
- "Du texte clos à la menace infinie", Ugo Pandolfi
- "L'exil en soi" de Jean-Pierre Santini
Pour aller lire tout cela : voir ici.
De cette liste, je n'ai lu que le livre de Biancarelli, que j'aime beaucoup (la première nouvelle est extrêmement riche de réflexions, de tonalités variées, de scènes cauchemardesques, de figures inoubliables ; la nouvelle intitulée "Le portefeuille" est pour moi la plus belle). Il faut donc que je lise les autres (qui sont déjà dans ma bibliothèque et qui attendent gentiment !)
N'hésitons pas - à nos moments perdus - à réagir, rebondir, répondre (sur le site de MHF ou sur ce blog, ou bien encore ailleurs !)
dimanche 2 août 2009
Les revues corses sont passionnantes
La preuve :
- A Pian'd'Avretu, numéro 30 ; voir le blog ; un billet du blog nous engage à faire part de nos remarques et critiques (j'ai commencé, continuons !) Le texte de Jean-Basptiste Predali évoquant sa rencontre ratée avec Bod Dylan à Ajaccio au printemps 1975 est très riche... non ? Avec cet extrait par exemple :
"Ainsi, pour le paria qu'elle accueille, l'île est comme un baptistère. Car ce temps, ces quelques semaines, Dylan les occupe à renaître. C'est sa contribution, au-delà des îles : il s'éprouve dans ces paysages, dans leur étrangeté, il s'éprouve dans sa détresse. Il s'éprouve, conclut qu'il doit reprendre le boulot, entendre encore la vérité des mots, la projeter vers un piano avant la psalmodie des foules déchaînées. Voilà ce que Bob Dylan me laisse du printemps 1975, ce printemps qui ne survit plus que dans ses disques. Et pour n'avoir fait que passer, pour avoir frôlé sans le savoir une adolescence conforme dans les rues mornes d'Ajaccio, Bob Dylan, sois remercié."
- Fora !, numéro 5, comparant USA et Corse ; encore une fois un foisonnement d'articles et entretiens sur des sujets presque jamais abordés par ailleurs (rock, cinéma de Guerrieri, etc.). Pour poursuivre la discussion, je vous signale l'article de Marie-Hélène Ferrari évoquant le polar ou le noir corse à l'aune du polar ou du noir américain ; très intéressant, notamment ce point de vue :
"Les Américains permettent aussi de penser la question de la langue. Souvent, la langue du roman policier est réduite aux dialogues. Et dans la traditionnelle partition narrative (scène, pause, ellipse, sommaire) c'est la scène qui est privilégiée. Or la Corse se caractérise par un certain immobilisme qui est acteur à part entière dans les faits et les mentalités. Souvent, l'acte criminel est le fait d'un pourrissement, d'une stagnation qui conduit au "fatum" non par mouvement, mais par inertie. Ce tragique, accentué par la chaleur, doit trouver sa langue spécifique. Une langue qui ne peut, je crois, se passer de la description. C'est sans doute la différence fondamentale avec le policier américain. A une civilisation d'action, de bonds successifs, nous opposons une civilisation pesante."
Vous pouvez trouver un écho à cet article dans une discussion ouverte sur un nouveau "fil" ouvert sur le forum de Musanostra (un des endroits numériques où l'on parle de littérature corse) : ici.
Bonne lecture, que pensez-vous de tout cela ?
Allez, je retourne à mon silence estival.