
Car c'est en tant qu'écrivain (de romans) que Jérôme Ferrari est en ce moment invité dans de nombreuses librairies et émissions de radio ou de télévision. Ou bien qu'il est interviewé, par exemple, dans le dernier numéro de Corsica (ici l'entretien par Gilles Millet, ici le portrait par Elisabeth Milelliri). On y apprend des choses personnelles, des moments de la vie de l'écrivain, son point de vue sur le monde qui l'entoure, c'est toujours intéressant. Mais pas grand chose sur l'oeuvre. Finalement la figure de l'auteur recouvrira-t-elle celle de l'oeuvre ?
Je me dis : ce serait le pire qui puisse nous arriver. Que le bruit des propos de l'écrivain recouvre la profondeur des voix de ses livres. Alors, n'hésitons pas : pour bien terminer 2010 et bien commencer 2011, lisons et relisons les livres de Ferrari (dans l'ordre chronologique, ils ont tellement liés entre eux) !
Pourquoi ces propos ? Pour introduire l'échange intervenu entre Fabien Vellutini et moi-même, plus un Anonyme, sur ce blog, à la suite du billet "Bonne nouvelle..." Attention : ces propos sont critiques, parfois virulents (de façon acceptable et discutable, je trouve), je demande donc qu'on ne se méprenne pas sur mes intentions. Il s'agit toujours pour moi de discuter des oeuvres littéraires corses et des conditions optimales de leur diffusion.
(Personnellement, je considère que l'artiste est libre, absolument. Il n'est pas tenu d'être le porte parole d'une communauté, d'un groupe, d'un pays, d'une littérature. Il peut le faire, bien sûr. De leurs côtés, les lecteurs sont libres, absolument. Ils ne sont pas tenus de lire les livres selon les propos des auteurs. Ils peuvent le faire, bien sûr. Il me semble que c'est de l'interaction entre tous ces "discours" et "lectures" que naît une littérature. Vivace. Je ne vois pas la littérature comme une scène de spectacle, avec gloires et chutes, cultes muets et psychodrames : l'important, c'est la lecture des textes, encore et encore. Vous n'êtes pas obligés d'être d'accord.)
Bonne lecture et bonne discussion :
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http://desmotsdeminuit.france2.fr/, (émission du 01 décembre)
"-est-ce qu'il y a une écriture régionale ?demande Philippe Lefait. -Je ne sais pas du tout ce que cela peut vouloir dire ! dit Jérome Ferrari, Je voulais surtout ne pas faire de littérature régionale, je sais que cela existe, c'est un genre... dénégation, tête dégoutée -Mais ce n'est pas le vôtre!!!! Vous traduisez du corse? demande encore l'animateur. -Oui,( sec, ) ( Hé non, MB ne sera pas cité, pourtant c'était l'instant parfait !)(mais il ne sera donc qu'un pauvre écrivain régional, de ceux qui n'existent pas si on suit le fil du discours) enfin, " Dire que vous avez un style, n'est pas ce qu'on a envie de dire vous concernant, enfonce l'animateur; qui répète, ce n'est pas ce qu'on a envie de dire, et tous les gens du prix ne parlaient pas d'admiration pour l'écriture, mais par rapport à la possibilité d'un ressenti, par pour le style. " Faut il faire un commentaire? L'image et le son suffisent. V -
V, merci pour ce commentaire. Je vais essayer de voir cette émission (je n'arrive pas à installer le "plugin" utile !!). Oui, je trouve aussi bien dommage que la question du travail de traduction de J Ferrari n'ait pas été développée : il me semble que c'est d'une certaine façon une extension du travail d'écriture de cet auteur et cela aurait permis de porter un peu l'attention sur un auteur de langue corse. Une autre fois ? Par contre, je n'ai pas compris les propos concernant le style : Philippe Lefait veut-il dire que J Ferrari n'a pas de style particulier ? Si c'est le cas, cela paraît étonnant, non ?
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Je n'ai pas de réponse à votre question, mais par contre, si on part du principe que ayant reçu le prix France Té, et que donc Philippe Lefait n'ait eu d'autre choix que de recevoir J.F,puisqu'il est actant de la chaine publique, le fait qu'il passe plus d'une heure après le début de l'émission, (soit donc presque le matin ou en tout cas au moment où tout le monde a fermé le poste), et que l'animateur ait cloué l'auteur avec cette phrase tout de même très violente, insistant de surcroit, puisqu'il dit deux fois "ce n'est pas ce qu'on a envie de dire", pour rajouter que les lecteurs sont unanimes sur ce point, je dirais que tant mieux que tout cela se soit déroulé si tard, mais bon, mon avis et rien...
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Pardon, mon nom c'est Fabien Vellutini.
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Fabien, votre avis est utile, autant qu'un autre. Merci d'ailleurs, de relancer ici une discussion utile sur la réception des oeuvres qui traitent la matière corse. Je vais transposer cet échange dans un billet. Cela permettra peut-être à d'autres de revenir sur cette émission (ou sur d'autres).
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(Commentaire désobligeant, censuré.)
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(Commentaire désobligeant, censuré.)
(la photo)