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mardi 13 avril 2010

Créer le désir de littérature corse

Eh bien, tout comme c'est en lisant une présentation un peu spéciale d'un ouvrage de Paul Milleliri ("Les oubliées de l'Empire") sur le site d'Albiana que je contractai l'envie de lire ce livre, c'est en lisant les propos de Marie Limongi-Marchetti sur le site de Musa Nostra

(et notamment cette phrase :

Mais chaque poème est aussi mise au jour d'un sens enfoui : la recherche du secret paternel en vue de sa propre libération car l'écriture de Stefanu Cesari vise à intervenir sur son être, à le libérer. Elle est une sorte de réponse rythmique au titre du recueil emblématique de l'œuvre et dramatiquement éclairé par la mort du père pendant l'adolescence de ce fils unique.

parce que j'aimerais maintenant entrer dans le livre poétique de Cesari en faisant attention à cette "réponse rythmique")

que j'ai maintenant le désir - préparé par la "prescription" de Marcu Biancarelli dans un des commentaires à un précédent billet de ce blog - d'acquérir mon exemplaire de "Genitori" et de prendre le temps de le manipuler, de main "nocturne et journelle".

Je serai peut-être déçu ! Et pourquoi pas ? Et vous ? Car enfin, ce que les avis amicaux préconisent de lire ne commanderont pas en tout notre façon singulière de lire et de ressentir un texte ! Et c'est la singularité des lectures qui - entre autres - nous intéresse ici, ainsi que leur mise en discussion.

En tout cas pour l'instant, à la lecture des trois extraits (bilingues) que l'on peut découvrir sur le site de Musa Nostra (on le rappelle ici : une mine de récits de lecture d'ouvrages corses - ou pas -, des comptes rendus vidéos et écrits des nombreux cafés littéraires, concours d'écriture, voyages culturels organisés par cette association dynamique - même si, seul bémol pour moi mais en même temps chaque organisation fonctionne selon ses règles et habitudes, et c'est très bien comme cela, le débat n'est pas une priorité), le désir de lire le dernier Cesari reste très fort : voir ici (et ici pour voir et entendre l'auteur dire ces textes).

Il est annoncé aux éditions A Fior di Carta pour avril 2010, mais je ne vois rien de tel sur le site de cette maison d'édition et un précédent commentaire sur ce blog semblait plutôt signaler sa publication aux éditions des Presses littéraires (qui n'en parlent pas non plus ! Mais où l'on trouve deux recueils d'un autre poète corse, Jean-François Agostini)... Mystère ?

Un extrait (qui me touche, j'aime bien ce "truc" des phrases commençant par une minuscule, après le point), repris du site Musa Nostra, de la poésie de Cesari :

par cunfidenza ùn ti sunniighju mai. ma socu àbuli un pocu à i to staghjoni. ùmidi.
possu dì che perdu sempri a to traccia.
a dicu, ed hè tuttu ciò chì ferma.

pour confidence : je ne te rêve jamais, mais je connais un peu tes saisons, humides.
je peux dire que je perds toujours ta trace.
je le dis. et c’est tout ce qui reste.