Je reporte ici, donc, le choix fait par Malko Nimu de lire et de donner à lire cet extrait d'un poème de Diane de Cuttoli (c'est une vértiable série qui commence ! Celle des écrivains corses "disparus". Merci pour tous les lecteurs). Bonne lecture à tous (et même si Malko Nimu s'y refuse, vos points de vue peuvent - car ce n'est bien sûr pas obligatoire - critiquer et la forme et le fond de ce texte, positivement et/ou négativement...)
Toujours, si vous le permettez cher Francè, un hommage, en l’occurrence de circonstance puisque en me promenant sur les hauteurs de mon village j’ai ressenti les mêmes « vibrations » que Diane, pour les femmes poètes.
Je ne critiquerai pas formellement ce texte, à quoi bon ? Ce qui m’intéresse ici c’est l’émotion qui m’étreint en songeant à cette dame panthéiste dont le recueil « La Houle des Jours », d’où ce poème est extrait, a été publié en 1932 aux éditions de la Revue Mondiale, Paris, et qui a correspondu avec notamment, Henri de Régnier, Gustave Khan et Paul Valéry. Elle fut aussi, tout comme Delphine (Marti, voir billet précédent), primée par l’Académie française.
Diane de Cuttoli, née près d’Ajaccio en 1898, Chevalier de la légion d’honneur a publié chez Grasset un autre recueil intitulé « Les Grands Instants » ainsi qu’un roman « Framboise ou les Souffles du Printemps », les éditions du Scorpion, 1956.
Qui s’en souvient ?
Malko Nimu
Pour André Foulon de Vaulx [ … ]
De la tiédeur herbeuse du sol,
Des neuves feuilles et des corolles
Fusent de lourds parfums ondoyants
Parmi la dansante brise errants :
Le pollen jeune, mielleux s’envole,
Comme un nuage d’or transparent,
Des doux pistils, dans la chaleur molle
Et fait, dans l’air bleu, en tournoyant,
De tendres et odorants croisements.
Je suis là, au centre de la lumière,
Qui dans son ample filet d’or enserre
Mon corps joyeux et la végétation
Qui mêlent leur tiède respiration.
Au milieu de la vibration de la nature,
Exacerbée par la haute température
Qui fait bouillonner les arômes jaillissants
Des orangers lustrés et des magnolias blancs,
Je me repose, calme, sans penser à rien,
Sans impétueux désirs, sans âpres souhaits,
Le cœur rempli de silence et de douce paix,
Oublieuse du monde et de ses nombreux liens,
Cernée par l’ample palpitation de la terre,
Confondue avec le sol où je suis assise,
Parmi les trèfles pourprés où les guêpes luisent ;
Je ne suis qu’un étroit éclat de l’univers,
Je suis pareille au vent, à l’effluve, au rayon
Qui traverse l’universelle pâmoison.
Ce blog est destiné à accueillir des points de vue (les vôtres, les miens) concernant les oeuvres corses et particulièrement la littérature corse (écrite en latin, italien, corse, français, etc.). Vous pouvez signifier des admirations aussi bien que des détestations (toujours courtoisement). Ecrivez-moi : f.renucci@free.fr Pour plus de précisions : voir l'article "Take 1" du 24 janvier 2009 !
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jeudi 18 mars 2010
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