Lu ceci, oui, et je le relis maintenant, en le réécrivant :
(Dany et Pierre Faïsse, petits producteurs agricoles en Corse évoquent leur installation dans l'île dans les années 70, et notamment via une "anecdote" qui met en scène d'autres personnes qu'elles, anecdote qui m'a frappé, j'y reviens après le texte de leurs propos, recueillis par Vannina Bernard-Leoni et Jérémie Aynié, et publiés dans le numéro 9 de la très belle et toujours passionnante revue "Fora!", la revue dont le slogan est "La Corse vers le monde" ou encore "Per spaisà vi senza sradicà vi"...) :
Pierre : Quand ils sont partis à la retraite, mes parents sont venus s'installer en Corse, à Piedipartinu, en Orezza. Un jour, je fais une randonnée sur le San Petrone avec mon père, mais en redescendant il faut une attaque d'hémiplégie. Il a fallu que je reste plus longtemps que prévu. Il a même fallu qu'ils aillent un moment dans une maison de repos à Santa Catalina, près de Sisco. Je m'occupais de leur déménagement, tout en faisant pas mal d'allers-retours entre Paris et la Corse. Progressivement, j'ai commencé à m'installer en Castagniccia.
Dany : Par l'intermédiaire des parents de Pierre, nous avons fait la connaissance d'un couple qui voulait établir une communauté de travail en Castagniccia. A l'origine, il y avait une fille qui venait de la Sarthe. Elle tenait le coup en faisant des ménages, en gardant des vieux. Elle avait prospecté : elle connaissait les maisons à louer, les châtaigniers, etc. Elle est allée sur le continent à un festival écolo - il y a en avait pas mal à l'époque - et elle a dit qu'elle voulait monter une communauté mais qu'elle n'avait pas d'argent. Elle y a rencontré un type qui avait un peu de tunes pour l'aider. C'était un militant antinucléaire - et ils se sont mis en couple. Ils laissaient un appartement à Ortiporiu, et partaient dans une maison pas loin avec leur projet communautaire.
Pierre : Ça ne me branchait pas trop le côté communautaire, mais j'ai récupéré l'appartement.
Dany : C'est à ce moment-là que je suis arrivée en Corse. A l'époque, j'étais bibliothécaire à Paris, au centre Pompidou. Je suis venue avec une copine pour aider Pierre à s'installer. On était peinards en vacances, mais quelques jours à peine après mon arrivée, débarquent la nana de la communauté et une copine. Elles nous disent : "On va faire de la guitare à une fête à Bisinchi. Est-ce qu'on peut dormir chez vous demain quand on revient ?". Pas de problème. Mais le lendemain matin, elle voit arriver une 3CV avec marqué "Non au nucléaire" : c'était son mec qui venait lui déposer son testament et qui repartait en trombe en lui disant qu'il partait se suicider aux Sanguinaires, où ils avaient eu leur histoire d'amour. On a sauté dans la voiture de Pierre pour essayer de le rattraper. Ça a été une course-poursuite à travers la Corse. On s'est arrêtés à Corte à la gendarmerie pour expliquer la situation et essayer de le stopper, mais c'était peu après les événements d'Aleria, fin août 1975 et les gendarmes n'en avaient rien à faire... Bref, on en l'a pas rattrapé. Et deux jours après, on lit dans le journal : "Mystérieux noyé dans la baie d'Ajaccio". On voulait être peinards, et ça commençait bien...
C'est le genre d'anecdote qui me ravit ; j'imagine tout de suite qu'un scénariste pour s'emparer de cette histoire, cela pourrait devenir un vrai bon film sur la Corse de cette époque (car enfin, des vrais bons films corse ou sur la Corse, vous en connaissez ? Je veux dire des films qui vous font hurler au chef d'oeuvre, qui vous font pleurer, qui vous emportent à chaque nouvelle vision dans un monde à la fois familier et autre, cette fameuse "demeure inaccoutumée" dont parle Empédocle, un film qui vous fait jeter votre sandale bien loin de vous, un film qui vous donner l'impression de tomber dans un volcan...).
Faire un pas de côté pour mieux voir ce que les discours historiques, politiques, communs ont fini par masquer ou déshumaniser.
Une course-poursuite entre Ortiporiu et les îles Sanguinaires (143 kilomètres minimum sleon Google maps ; mais on peut imaginer bien des zigzags), juste après les événements d'Aleria, avec les gendarmes à Corte, et des couples de babas cool au relations amoureuses chaotiques ; ça pourrait commencer sur de la guitare à Bisinchi... et se finir avec le Corse-Matin (Nice-Matin, à l'époque non ?) du matin, au petit-déjeuner, avec le voile pudique que la prose journalistique pose sur le monde (un monde absolument chaotique et insignifiant).
Un film dramatique avec beaucoup d'humour, cet humour que j'ai senti dans les mots un peu distants de Dany.
Mais une histoire vue à travers quel regard (ou quels regards) ? Très importante question. En flash-back ou plongé dans l'époque ?
Quelque chose comme un mélange entre "Corsica Blues", roman de Jean-Pierre Santini et "Adieu Philippine", le film de Jacques Rozier.
Où est le scénariste ?
(Evidemment, je souhaite une très belle année de lecture à tous les visiteurs et participants à ce blog et je réitère ici mon appel : ce blog est accueillant : j'y place des billets qui sont comme un libre journal de lecteur, et vous pouvez y ajouter vos propres impressions de lecture, ou récits de lecture, n'hésitez pas à prendre les quelques dizaines de minutes que cela réclame, c'est la littérature corse qui y gagne, à tous les coups ! C'est aussi un blog de discussion : rien de tel que se dire gentiment la vérité de nos pensées et désirs pour faire évoluer les imaginaires, toujours enclins à s'appauvrir, par indifférence ou par crispation. A bientôt.)
Ce blog est destiné à accueillir des points de vue (les vôtres, les miens) concernant les oeuvres corses et particulièrement la littérature corse (écrite en latin, italien, corse, français, etc.). Vous pouvez signifier des admirations aussi bien que des détestations (toujours courtoisement). Ecrivez-moi : f.renucci@free.fr Pour plus de précisions : voir l'article "Take 1" du 24 janvier 2009 !
Affichage des articles dont le libellé est Vannina Bernard-Leoni. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vannina Bernard-Leoni. Afficher tous les articles
lundi 2 janvier 2012
mardi 26 janvier 2010
Je viens de commander par Internet : la revue Fora !
Dernièrement j'évoquais le fait que j'avais acheté sur Internet un ouvrage poétique (+ photos) corse (de Hélène Sanguinetti : voir ici).
Eh bien, je viens de m'abonner aux deux prochains numéros de la revue Fora ! (celui qui vient de sortir - "Négritude, Corsitude : et après ?" - ainsi que le prochain qui paraîtra en juillet 2010 et qui s'interrogera sur les liens entre la Corse et l'Italie).
Quel plaisir de pouvoir ainsi prendre connaissance chez soi des productions culturelles corses, puis de pouvoir les acheter et les retrouver dans sa boîte aux lettres !
La revue Fora ! poursuit ainsi son patient et très riche travail de comparaison, d'appariement, de dépaysement. On peut consulter tous les sommaires et même certains articles en ligne. Dommage, pour l'instant pas d'articles du dernier numéro ! J'aurais aimé lire :
- "Ce que peut la littérature" de Jacques Fusina (le titre m'attire beaucoup, j'ai une furieuse envie de savoir ce que propose Fusina)
- "Le yani niko de la dernière île" de Ugo Pandolfi ("yani niko" et "dernière" étant les mots qui me font rêver ; cela me fait penser qu'il faut absolument que je me lance dans son "Du texte clos à la menace infinie")
- "De la corsitude en tigritude", parce que je connais un peu Pascal Génot et que j'aime beaucoup ses réflexions
- "La Vierge du Grand Retour" par Anna Giaufret : alors même que je sais à peu près ce qu'elle doit en dire puisqu'elle était venue à Aix pour parler du même sujet et que j'ai lu ses articles sur le sujet ! (voir ici sur ce blog)
- "Greta Rodriguez-Antoniotti, une Afrique ambiguë" par Vannina Bernard-Leoni (car je me souviens avoir croisé cette charmante personne, sur la place Saint Nicolas, et j'espère en apprendre plus sur son action culturelle en Afrique ; et ainsi renouveler le désir d'aller vers l'oeuvre de Sony Labou Tansi sur laquelle elle a travaillé...)
Si c'est pas malheureux ! Ce qui m'attire est ce qui me paraît convenir à mes goûts ! Encore heureux que la revue Fora ! recèle bon nombre d'autres articles qui conduisent à ouvrir d'autres horizons ! Vivement le facteur !
Eh bien, je viens de m'abonner aux deux prochains numéros de la revue Fora ! (celui qui vient de sortir - "Négritude, Corsitude : et après ?" - ainsi que le prochain qui paraîtra en juillet 2010 et qui s'interrogera sur les liens entre la Corse et l'Italie).
Quel plaisir de pouvoir ainsi prendre connaissance chez soi des productions culturelles corses, puis de pouvoir les acheter et les retrouver dans sa boîte aux lettres !
La revue Fora ! poursuit ainsi son patient et très riche travail de comparaison, d'appariement, de dépaysement. On peut consulter tous les sommaires et même certains articles en ligne. Dommage, pour l'instant pas d'articles du dernier numéro ! J'aurais aimé lire :
- "Ce que peut la littérature" de Jacques Fusina (le titre m'attire beaucoup, j'ai une furieuse envie de savoir ce que propose Fusina)
- "Le yani niko de la dernière île" de Ugo Pandolfi ("yani niko" et "dernière" étant les mots qui me font rêver ; cela me fait penser qu'il faut absolument que je me lance dans son "Du texte clos à la menace infinie")
- "De la corsitude en tigritude", parce que je connais un peu Pascal Génot et que j'aime beaucoup ses réflexions
- "La Vierge du Grand Retour" par Anna Giaufret : alors même que je sais à peu près ce qu'elle doit en dire puisqu'elle était venue à Aix pour parler du même sujet et que j'ai lu ses articles sur le sujet ! (voir ici sur ce blog)
- "Greta Rodriguez-Antoniotti, une Afrique ambiguë" par Vannina Bernard-Leoni (car je me souviens avoir croisé cette charmante personne, sur la place Saint Nicolas, et j'espère en apprendre plus sur son action culturelle en Afrique ; et ainsi renouveler le désir d'aller vers l'oeuvre de Sony Labou Tansi sur laquelle elle a travaillé...)
Si c'est pas malheureux ! Ce qui m'attire est ce qui me paraît convenir à mes goûts ! Encore heureux que la revue Fora ! recèle bon nombre d'autres articles qui conduisent à ouvrir d'autres horizons ! Vivement le facteur !
mercredi 23 septembre 2009
La langue, l'accent, les mots
Il y a peut-être nécessité à oraliser la littérature corse ; à la faire entendre ; la faire lire à haute voix ; afin d'entendre une multitude d'accents en même temps que les principales langues de cette littérature (corse, français, italien, latin, etc.)
La littérature corse de langue corse peut-elle faire du bien à la langue corse ? L'enrichir ? La présenter comme une langue vivante ?
Au même titre que les chansons (combien ont découvert la langue corse en chantant avec les Muvrini ?), la littérature corse peut-elle être un lieu de partage de la langue corse avec tous ceux qui ne la parlent pas, ou pas bien, ou pas suffisamment ? Un lieu où l'on puisse partager ses maladresses, ses prononciations incertaines (où mettre l'accent tonique ? comment faire sonner telle consonne et telle voyelle ?), ses hésitations, ses scrupules... mais aussi ses plaisirs, parfois enfantins lorsqu'une "autre" langue (qui peut aussi être la "nôtre" dans le même temps) occupe notre gorge ?
Le sujet de la langue (n'importe quelle langue) est ultra-sensible, on le sait bien. D'où l'idée que tous les jeux qui associent plusieurs langues (bien ou mal parlées) sont peut-être l'occasion de lever quelques obstacles psychologiques. Le jeu de la lecture et de l'écoute est-il à tenter ? Sûrement... Nous essaierons de faire cela, le 22 octobre 2009, lors du Club de lecture dans la librairie internationale "All Books and Co" à Aix-en-Provence.
En attendant, je me souviens très bien avoir commis de nombreuses erreurs de prononciation des textes littéraires de langue corse. Je me souviens de la première phrase du texte-incendie de "A Funtana d'Altea" de G. Thiers, la prononçant de mémoire devant l'auteur - "A valle si ne stà accumpulata sottu à a serra cheta ma sempre minacciosa." - l'auteur m'indiqua que le "e" de "serra" se pronçait entre le "a" et le "è", ou quelque chose comme ça.
Ou bien au collège à Ajaccio, mes amis me reprenant dans un rire parce que je prononçais toutes les voyelles de l'expression "ancu eiu" (au lieu d'enlever oralement le "u de "ancu")...
Rien que de très normal : quand on apprend une langue, on fait des erreurs. Le problème est quand une grand partie d'une population adulte se retrouve dans la position d'enfants face à l'apprentissage tardif de sa propre langue (qui sans être maternelle ou première est tout de même un peu "maternelle et première"). Ma cumu fà sè ùn avemu micca a pussibilità di sbaglià ci ?
Est-il permis à un Corse de commencer à parler sa "propre" langue comme une vache espagnole ? Est-ce tolérable ? Est-ce un plaisir et un enchantement d'entendre des étrangers apprendre cette langue et la parler avec leur accent ? Je pense que oui.
Tout cela pour vous dire que j'ai beaucoup apprécié le film de Jacques Audiard, "Un prophète" - vous n'êtes pas obligé d'être d'accord, parlons-en, j'ai moi-même quelques critiques négatives à lui faire - et que j'ai particulièrement apprécié une analyse de l'accent de Malik, personnage principal du film, lorsqu'il se met à parler corse. Cette analyse est faite par Vanina Bernard-Leoni, de la revue Fora !, lors d'un numéro de l'émission passionnante "Ma Corse me Suis Partout" (avec Laurent Vitali et Marina Raibaldi) sur France 3 Corse Via Stella. (Voir ici : attention les propos de Vanina se trouvent vers la 32ème minute, mais les propos de l'invité principale, Marie-Ange Pugliesi, à propos des Rencontres de Bonifacio sont aussi intéressants !).
Il me semble que les premiers mots corses de Malik adressés à quelqu'un d'autre que lui-même sont : "Parlu a to lingua"... Il s'adresse à César Luciani, le chef du clan corse en prison. Etonnement de Luciani.
Je suis d'accord avec Bernard-Leoni sur le fait que la langue corse est ainsi montrée d'un point de vue positif, dans des circonstances naturelles d'utilisation, dans un contexte multilingue roboratif (français, arabe, corse). Qu'en pensez-vous ?
Signalons que la discussion va aussi impliquer Marina Raibaldi (et son accent croate), Alain Fleischer (et son "L'accent : une langue fantôme" - que j'ai très envie de lire maintenant), Michael Cimino (avec un extrait de "Voyage au bout de l'enfer" en version française ; film sublime ! - d'ailleurs j'aime autant Christopher Walken que Robert de Niro, personnellement) et Tarantino (avec son récent et multilingue "Inglourious Basterds")...
La littérature corse de langue corse peut-elle faire du bien à la langue corse ? L'enrichir ? La présenter comme une langue vivante ?
Au même titre que les chansons (combien ont découvert la langue corse en chantant avec les Muvrini ?), la littérature corse peut-elle être un lieu de partage de la langue corse avec tous ceux qui ne la parlent pas, ou pas bien, ou pas suffisamment ? Un lieu où l'on puisse partager ses maladresses, ses prononciations incertaines (où mettre l'accent tonique ? comment faire sonner telle consonne et telle voyelle ?), ses hésitations, ses scrupules... mais aussi ses plaisirs, parfois enfantins lorsqu'une "autre" langue (qui peut aussi être la "nôtre" dans le même temps) occupe notre gorge ?
Le sujet de la langue (n'importe quelle langue) est ultra-sensible, on le sait bien. D'où l'idée que tous les jeux qui associent plusieurs langues (bien ou mal parlées) sont peut-être l'occasion de lever quelques obstacles psychologiques. Le jeu de la lecture et de l'écoute est-il à tenter ? Sûrement... Nous essaierons de faire cela, le 22 octobre 2009, lors du Club de lecture dans la librairie internationale "All Books and Co" à Aix-en-Provence.
En attendant, je me souviens très bien avoir commis de nombreuses erreurs de prononciation des textes littéraires de langue corse. Je me souviens de la première phrase du texte-incendie de "A Funtana d'Altea" de G. Thiers, la prononçant de mémoire devant l'auteur - "A valle si ne stà accumpulata sottu à a serra cheta ma sempre minacciosa." - l'auteur m'indiqua que le "e" de "serra" se pronçait entre le "a" et le "è", ou quelque chose comme ça.
Ou bien au collège à Ajaccio, mes amis me reprenant dans un rire parce que je prononçais toutes les voyelles de l'expression "ancu eiu" (au lieu d'enlever oralement le "u de "ancu")...
Rien que de très normal : quand on apprend une langue, on fait des erreurs. Le problème est quand une grand partie d'une population adulte se retrouve dans la position d'enfants face à l'apprentissage tardif de sa propre langue (qui sans être maternelle ou première est tout de même un peu "maternelle et première"). Ma cumu fà sè ùn avemu micca a pussibilità di sbaglià ci ?
Est-il permis à un Corse de commencer à parler sa "propre" langue comme une vache espagnole ? Est-ce tolérable ? Est-ce un plaisir et un enchantement d'entendre des étrangers apprendre cette langue et la parler avec leur accent ? Je pense que oui.
Tout cela pour vous dire que j'ai beaucoup apprécié le film de Jacques Audiard, "Un prophète" - vous n'êtes pas obligé d'être d'accord, parlons-en, j'ai moi-même quelques critiques négatives à lui faire - et que j'ai particulièrement apprécié une analyse de l'accent de Malik, personnage principal du film, lorsqu'il se met à parler corse. Cette analyse est faite par Vanina Bernard-Leoni, de la revue Fora !, lors d'un numéro de l'émission passionnante "Ma Corse me Suis Partout" (avec Laurent Vitali et Marina Raibaldi) sur France 3 Corse Via Stella. (Voir ici : attention les propos de Vanina se trouvent vers la 32ème minute, mais les propos de l'invité principale, Marie-Ange Pugliesi, à propos des Rencontres de Bonifacio sont aussi intéressants !).
Il me semble que les premiers mots corses de Malik adressés à quelqu'un d'autre que lui-même sont : "Parlu a to lingua"... Il s'adresse à César Luciani, le chef du clan corse en prison. Etonnement de Luciani.
Je suis d'accord avec Bernard-Leoni sur le fait que la langue corse est ainsi montrée d'un point de vue positif, dans des circonstances naturelles d'utilisation, dans un contexte multilingue roboratif (français, arabe, corse). Qu'en pensez-vous ?
Signalons que la discussion va aussi impliquer Marina Raibaldi (et son accent croate), Alain Fleischer (et son "L'accent : une langue fantôme" - que j'ai très envie de lire maintenant), Michael Cimino (avec un extrait de "Voyage au bout de l'enfer" en version française ; film sublime ! - d'ailleurs j'aime autant Christopher Walken que Robert de Niro, personnellement) et Tarantino (avec son récent et multilingue "Inglourious Basterds")...
mardi 21 avril 2009
Et la littérature dans tout ça ?
Au risque de faire penser que ce blog consacré à la littérature corse devient de moins en moins littéraire (puisque le précédent message évoquait deux films), voici un billet faisant allusion à une émission de télévision, une revue/magazine et une association culturelle.
Car le vrai sujet, c'est bien "l'imaginaire" corse ; et la littérature n'est qu'une des sources auxquelles il s'abreuve (il importe toutefois d'en sentir la singularité...)
Prenons le mot "Méditerranée" (tout à la fois, fable, forme et figure de notre imaginaire) et déclinons-le, nous aurons donc :
- "Mare Nostru", l'émission de télévision de Via Stella (France 3 Corse), présentée par Florence Antomarchi
- "Fora", la revue portée par Vanina Bernard-Leoni (dont le deuxième numéro était consacré aux rapports entre la Corse et le Maghreb)
- "Vox Mediterranei", l'association de Lisa d'Orazio (entre autres, bien sûr)
Je vous conseille de voir donc les quelques minutes de l'interview de Vanina Bernard-Leoni par Florence Antomarchi ; rien de neuf pour ceux qui connaissent déjà la revue, mais pour eux comme pour ceux qui ne la connaissent pas encore, un vent frais, une respiration, la promesse d'être surpris, mené sur d'autres chemins de pensée. Qu'en pensez-vous ?
Les questions posées à Vanina Bernard-Leoni sont les suivantes :
- La Méditerranée ne tient pas une place importante ou exclusive dans votre regard sur la Corse. Pourquoi ? La Méditerranée, c'est trop tragique ? Elle nous ressemble trop ? Elle ne vous fait pas plus rêver que les autres lieux du monde ?
- Quel événement de l'actualité récente en Méditerranée retiendriez-vous ?
- Le titre de votre revue et la revue elle-même, centrée sur l'ailleurs, sont un peu provocants ? Pourquoi ?
- J'ai assisté à une soirée de la revue Fora et on a l'impression qu'il y a une jeune génération de Corses qui semblent très bien vivre à la fois en Corse et ailleurs, sans un rapport difficile avec l'identité corse ? Est-ce le cas ? Est-ce porteur d'espoir ?
- Le prochain numéro de Fora sort en juillet 2009. Sur quel sujet ?
- Avec quelles disciplines et quels types de textes allez-vous nous faire voyager ?
Florence Antomarchi évoque en fin de vidéo l'association Vox Mediterranei qui a déjà réalisé quelques manifestations passionnantes à Ajaccio et ailleurs à propos de la Corse dans les médias, de la Corse en Méditerranée, etc. Ils organisent un festin des cuisines sarde, maghrébine et corse au Casone à Ajaccio, ce samedi 25 avril 2009. Allez-y voir là aussi.
Puis si vous le pouvez, abonnez-vous à la revue Fora ! Vous y trouverez quelques beaux morceaux de littérature, tout de même.
Par exemple, la traduction corse d'un extrait du "Pedro Pramo" de Juan Rulfo, par Stefanu Cesari, dans le numéro 3 qui rapproche Corse et Mexique.
Par exemple, ce texte de Jérôme Ferrari, évoquant l'Algérie et qui propose une belle définition de la nostalgie comme "appel du présent".
Et cite ces vers du mystique Hallaj, que l'on retrouve dans son dernier roman, "Un dieu un animal" :
Nul éloignement pour moi après Ton éloignement
Depuis que j'eus la certitude que proche et loin sont Un
(Si même la mystique soufie vient au secours de la Diaspora corse !)
Car le vrai sujet, c'est bien "l'imaginaire" corse ; et la littérature n'est qu'une des sources auxquelles il s'abreuve (il importe toutefois d'en sentir la singularité...)
Prenons le mot "Méditerranée" (tout à la fois, fable, forme et figure de notre imaginaire) et déclinons-le, nous aurons donc :
- "Mare Nostru", l'émission de télévision de Via Stella (France 3 Corse), présentée par Florence Antomarchi
- "Fora", la revue portée par Vanina Bernard-Leoni (dont le deuxième numéro était consacré aux rapports entre la Corse et le Maghreb)
- "Vox Mediterranei", l'association de Lisa d'Orazio (entre autres, bien sûr)
Je vous conseille de voir donc les quelques minutes de l'interview de Vanina Bernard-Leoni par Florence Antomarchi ; rien de neuf pour ceux qui connaissent déjà la revue, mais pour eux comme pour ceux qui ne la connaissent pas encore, un vent frais, une respiration, la promesse d'être surpris, mené sur d'autres chemins de pensée. Qu'en pensez-vous ?
Les questions posées à Vanina Bernard-Leoni sont les suivantes :
- La Méditerranée ne tient pas une place importante ou exclusive dans votre regard sur la Corse. Pourquoi ? La Méditerranée, c'est trop tragique ? Elle nous ressemble trop ? Elle ne vous fait pas plus rêver que les autres lieux du monde ?
- Quel événement de l'actualité récente en Méditerranée retiendriez-vous ?
- Le titre de votre revue et la revue elle-même, centrée sur l'ailleurs, sont un peu provocants ? Pourquoi ?
- J'ai assisté à une soirée de la revue Fora et on a l'impression qu'il y a une jeune génération de Corses qui semblent très bien vivre à la fois en Corse et ailleurs, sans un rapport difficile avec l'identité corse ? Est-ce le cas ? Est-ce porteur d'espoir ?
- Le prochain numéro de Fora sort en juillet 2009. Sur quel sujet ?
- Avec quelles disciplines et quels types de textes allez-vous nous faire voyager ?
Florence Antomarchi évoque en fin de vidéo l'association Vox Mediterranei qui a déjà réalisé quelques manifestations passionnantes à Ajaccio et ailleurs à propos de la Corse dans les médias, de la Corse en Méditerranée, etc. Ils organisent un festin des cuisines sarde, maghrébine et corse au Casone à Ajaccio, ce samedi 25 avril 2009. Allez-y voir là aussi.
Puis si vous le pouvez, abonnez-vous à la revue Fora ! Vous y trouverez quelques beaux morceaux de littérature, tout de même.
Par exemple, la traduction corse d'un extrait du "Pedro Pramo" de Juan Rulfo, par Stefanu Cesari, dans le numéro 3 qui rapproche Corse et Mexique.
Par exemple, ce texte de Jérôme Ferrari, évoquant l'Algérie et qui propose une belle définition de la nostalgie comme "appel du présent".
Et cite ces vers du mystique Hallaj, que l'on retrouve dans son dernier roman, "Un dieu un animal" :
Nul éloignement pour moi après Ton éloignement
Depuis que j'eus la certitude que proche et loin sont Un
(Si même la mystique soufie vient au secours de la Diaspora corse !)
Inscription à :
Articles (Atom)