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samedi 6 août 2011

Donc plus rien... ou presque

Enfin, ici tout au moins.

Où discute-t-on de littérature et de culture (corses) ?

Je vois un article de Ghjacumu Fusina (dans La Corse Votre Hebdo de samedi dernier, si je ne m'abuse / AJOUT DE 23:35 : erreur de ma part, on trouve cet article dans le numéro d'août du magazine Corsica, désolé !!) défendant le bilan positif (presque incontestable) du "Riacquistu" (dont il fut l'un des piliers) face à ses détracteurs actuels. Certes, il ne les nomme pas, et ne précise pas beaucoup plus la nature des critiques, ce qui réduit la possibilité de la discussion, c'est dommage, non ? Mais je trouve déjà très plaisant de voir une possibilité de dialogue s'engager sur ce sujet passionnant (tiens, c'est mon adjectif du moment, je sens que je vais le réutiliser incessamment sous peu).

Quoi d'autre ?

Sur le forum de Musanostra, un nouveau fil (ou sujet) lancé par Penserosu, auquel je participe avec quelques autres, parce qu'il me semble solliciter des éléments concrets de nos lectures : les premières phrases ou pages qui accrochent notre curiosité et hantent nos mémoires... Côté littérature corse, ont été cités :
- "Nimu" de Jean-Pierre Santini
- "Isula Blues" de Jean-Pierre Santini
- "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano
Côté "autres littératures", je vous laisse découvrir (et participer).

Sur le forum de la Gazetta di Mirvella, ci hè u pidda para (est-ce comme cela qu'on dit ?) entre un certain FX Ranucci et un certain Equarri'Morse : attention âmes sensibles s'abstenir, une dose minimale d'humour est obligatoire, au sinon, passez votre chemin ! A vos risques et périls : c'est par ici puis par là (tout ça à cause d'une évocation du documentaire fabuleux de Jacques Tati, "Forza Bastia" !!)
(Entre nous, la qualité des dialogues que l'ont trouve dans cette mystérieuse pieve de Mirvella est à la fois réjouissante et inquiétante : car par ailleurs, sur le Net, rien, rien, et trois fois rien ; c'est les vacances, plus personne ne discute sur le Net littéraire corse !!)

Un dernier point (j'y reviendrai), j'ai lu la présentation de "Où j'ai laissé mon âme" prononcée par Marie-Jean Vinciguerra, membre du jury, lors de la remise du Prix du Livre Corse à l'auteur (c'était à Ghisoni dimanche dernier), et il faut revenir sur certains points discutables, notamment une critique négative (si si) qui me paraît à la fois judicieuse et critiquable. Eh bien nous y reviendrons.

Un ultime point : le festival "Allegria" organisé par Michèle Leca pour le Conseil Général de Corse-du-Sud, pendant tout le mois d'août dans le villages de ce beau département, des lectures croisées de textes évoquant l'Asie (titre de cette saison : "Odyssée Orient Extrême") et des textes d'auteurs corses, plus de la musique. Et le 8 août notamment il y aura une "flopée" (tiens ce mot me rappelle quelque chose) de poètes insulaires, à Sartène (ah, horreur, l'agenda présent sur le site du CG est très partiel ! il n'y a que les dates et les lieux !!).

Quoi d'autre encore ? Vous voulez des promesses de nouveaux billets sur ce blog ? Il faut bien puisque je suis le seul à travailler pendant le mois d'août !

Alors :

- quelque chose autour de l'existence (oubliée, paraît-il ; d'ailleurs sont-ils compétents, et bien formés, que fait l'Université de Corse dans ce domaine ?) des traducteurs dans la littérature corse + une évocation de l'adaptation du dernier recueil de Patrizia Gattaceca par Dominique Verdoni + l'indication de la très récente publication de la traduction française du dernier recueil de poèmes d'Alanu di Meglio, aux éditions Al Manar ("Automnes en miettes", trad. de F.-M. Durazzo).

- quelque chose à propos du somnambulisme et du film "Sleepwalkers" (cela veut dire "somnambules") de Thierry de Peretti (présenté dernièrement au Festival de Lama). La première partie autour et dans l'hôpital (à Ajaccio, mais on ne voit jamais la mer, c'est fort ! ça c'est du cinéma, du vrai !) est bouleversante (pour moi, et vous ?).

- quelque chose à propos de ma relecture (eh oui, une littérature - vous le savez maintenant ? - c'est la somme de nos relectures... enfin "mes" relectures, puisque vous, vous dormez...), ma relecture donc de la nouvelle "Le secteur de Marie" de Jérôme Ferrari (in "Variétés de la mort", le recueil de nouvelles du "meilleur romancier corse", selon 24 ore, est de nouveau disponible sur le site des éditions Albiana). Oui, ce sera quelque chose à propos de "l'énonciation" (qui parle à qui ? dans quelles conditions ? avec quelles intentions ?) qui rend passionnante une intrigue absolument navrante.

- quelque chose... mais quoi ? ah bien oui : ce que vous voulez ! Dite a vostra : vous êtes moins timides sur les ondes de Radio Corsica Frequenza Mora !

Bisous !

(P.S. : Venez nombreux au Festival littéraire "Racines de ciel" à Ajaccio (Lazaret Ollandini), les 3 et 4 septembre prochains. Quels auteurs auront la parole ? Azouz Begag, Marcu Biancarelli, Jean-Louis Ezine, Philippe Forest, Philippe Franchini, Alain Mabanckou, Ghjacumu Thiers, Carole Zalberg. Qui pour les interroger ? Ysabelle Lacamp, Dominique Memmi, Ursula Renard, Philippe Perrier, Jean Rouaud, et moi-même. C'est-y pas magnifique ?)

(Et bientôt des choses extraordinaires sur le Continent, avec Corsica Calling, patience...)

mardi 2 novembre 2010

La vérité sur Patrizia Gattaceca


Et encore un titre digne de la pire des presses ! Que ne ferait-on pas pour engager les lecteurs à regarder de près tel ou tel texte ?!

Maintenant que nous sommes ensemble, allons-y gaiement. Je cite ici l'une des chansons que je préfère de l'album "Meziornu", de Patrizia Gattaceca. Quand je parle de "vérité", je veux en fait évoquer ce que devient réellement un poème lorsqu'il rencontre la musique et le chant. Le texte original prend des couleurs différentes, un rythme nouveau, accélérations, ralentissements et ruptures de la voix en font un objet neuf ; la guitare électrique à la fin du morceau, ce petit solo conclusif, mais aussi la transformation d'un vers en refrain dans une tonalité étrangement joyeuse et agréable par rapport au sens assez sombre du texte, tout cela me semble accorder au poème original une forme de "vraie" vie, une sorte d'apothéose (enfin, je ne veux pas dire que le poème doive mourir pour devenir une divine chanson..., mais désormais je devrais faire un effort pour lire ce texte comme un poème, c'est certain).

En l'occurrence, le texte est de Ghjacumu Thiers, puisque l'album est constitué de 11 poèmes extraits du recueil "L'Arretta bianca", publié chez Albiana en 2006, voir ici le même recueil traduit par François-Michel Durazzo en français sous le titre "La halte blanche".

(Tè, una altra questione : seranu mumerosi quelli chì si ramentanu di i dischi - u grande (33 giri) è u chjucu (45 giri) di u so gruppu "Ottobre" ? ; quantu m'hè piaciutu a canzona "Memorie mondi" : "...l'odore di l'orte si pesa..." ; t'aghju da ritruvà lu in paese è u scriveraghju in un altru articulu di stu blog.)

Eccu a canzona :

TEMPURALI

Acqua
ventu

è nuli

è nebbia


Acqua

ventu
è nuli

Acqua

ventu

è nuli

è nebbia

Acqua

ventu

è nuli

sbatte a teghja

si ferma l'anima

seguita u sguardu a fronda

seguita u sguardu a fronda lebbia
chì corre è casca in l'annuttà.


Sdrughjerà ancu u celu, stasera, o Petrupà ?

Sdrughjerà ancu u celu, stasera, o Petrupà ?


Acqua
ventu
è nuli
è nebbia

Acqua

ventu

è nuli


Acqua
ventu

è nuli

è nebbia


Acqua

ventu

è nuli


sbatte a teghja scimignulita

si ferma l'anima acuttumita

seguita u sguardu a fronda

seguita u sguardu a fronda lebbia
chì corre è casca in l'annuttà.


Sdrughjerà ancu u celu, stasera, o Petrupà ?

Sdrughjerà ancu u celu, stasera, o Petrupà ?


Acqua

ventu

è nuli

è nebbia

Acqua

ventu

è nuli


Fochi chì sbottanu è si sfocanu
ceppi dumati in lu brusgià

vette incese è chì vocanu in core

in i cori inghjuliati
in l'aggranchi

di u cepu neru chì si sface.

Siccherà ancu u locu, stamane, o Petrupà ?

Siccherà ancu u locu, stamane, o Petrupà ?

Siccherà ancu u locu, stamane, o Petrupà ?


La traduction du poème par François-Michel Durazzo :

A PROPOS DES ORAGES

Eau,

vent,

nuages
et brouillard


La tuile affolée tremble

L'âme reste prostrée

La regard suit la feuille

vaporeuse

qui court et tombe dans le soir.


Ce soir, même le ciel va fondre, Pierre-Paul ?


Feux qui éclatent et se déchaînent,

troncs terrassés dans le brasier,

branches en feu qui ondoient

dans les coeurs ulcérés,

dans les paralysies
de la souche calcinée qui se défait.

Ce matin, même la terre va se dessécher, Pierre-Paul.


(La photo)

samedi 9 octobre 2010

Un grand merci


Oui, un grand MERCI, aux artistes et écrivains qui - à l'invitation de l'Amicale corse d'Aix-en-Provence - ont consacré deux heures de leur temps à lire de la poésie, la traduire, chanter, évoquer leur travail, parler des auteurs qu'ils aiment... Ils nous ont donné beaucoup de plaisir et ont permis, de la façon la plus naturelle qui soit, de donner à voir et à entendre que la littérature corse est bien vivante, contemporaine, multilingue.

Nous avons eu la chance de pouvoir écouter en avant-première les poèmes du prochain recueil de Patrizia Gattaceca ("Tempi di rena" qui sera traduit sous le titre "Dans le duvet des cendres"). Albiana va publier le tout sous forme d'un coffret de deux livres (le premier contenant les poèmes en langue originale, et le second leur traduction en français par Dumenica Verdoni). Cela devrait sortir pour la Noël (et voici une bien belle idée de cadeau, non ?)

Nous avons eu la chance d'écouter les lectures des poèmes de Pasquale Ottavi et d'Alanu di Meglio, issus des recueils "Rime à dirrimera" et "Migraturi".

Poèmes de haute émotion, tout en sensations, travaillant les lieux (le détroit de Bonifaziu, les îles de l'archipel toscan, les chemins enfantins) et les époques (notamment le Riacquistu des années 1970, la vie quotidienne des années 90 et 2000).

La poésie de langue corse, son histoire - Santu Casanova, la revue "A Cispra", les revues de l'entre-deux guerres, la synthèse de Jacques Fusina récemment publiée, l'importance de la revue "Rigiru", les atouts de la revue "Bonanova" - ont tour à tour été évoqués. Bref, ce fut un moment très agréable de découverte qui a été conclu en chanson : Patrizia Gattaceca et le fils de Dominique Verdoni ont interprété "L'odore di nostri mesi" et "Ci hè dinù", textes de Ghjacumu Fusina. Et Patrizia nous a aussi régalé avec "Và la nave", un poème issu du recueil, "L'arretta bianca" de Ghjacumu Thiers.

Une soirée simple et superbe. Merci aussi au public, qui fut ravi, ainsi qu'à la librairie All Books and Co, c'est-à-dire Aurélie, pour sa gentillesse et sa disponibilité. (Je mentionne que les recueils des poètes invités sont en vente dans le rayon littérature corse durant tout le mois d'octobre.)

Oui, une dernière chose, j'ai posé la question suivante : mais quels poètes corses relisez-vous encore avec plaisir ? Ghjacumu Santu Versini, Anton Francescu Filippini, Ghjacumu Fusina et Ghjacumu Biancarelli ont été mentionnés. Relisons-les !

Parlons-en.

Pour finir, tout de même, un des poèmes lus ce soir-là. Il fut choisi par une personne dans le public (Madame Kessler) ! Je venais de faire passer, en introduction à la soirée, un exemplaire du numéro 44 de la revue Nu(e) - évoquée ici au temps de sa souscription - consacré à 13 poètes corses, dont Alain di Meglio. Il s'agit d'un poème de cet auteur, intitulé "Frontières" :

Je veux pour toute frontière le sillage du bateau
L'horizon bleu dans l'échancrure des terres


Ma frontière

c'est ton pas sur le sable chaussé par la vague


C'est aussi cette ligne d'écriture ma frontière

qui fuit de gauche à droite ou de droite à gauche

Peu importe


Ma frontière n'est ni fleuve ni montagne

Au-delà des confins de l'homme

il y a l'homme

qui fuit avec courage

l'abominable étreinte des frontières humaines


ed eccu a versione corsa :

Fruntieri

A mea a fruntiera hè sulcu nantu à u mari

L'orizonti framissu in l'inzecca turchina


A mea fruntiera

hè u to passu nantu à a rena
calzatu da u marosu ingordu

Hè issu filari di scrittura a mea a fruntiera

chì sfughji da manc'à dritta o da dritt'à manca

Pocu premi


A mea fruntiera ùn hè nè fiumu nè muntagna

Chì al di là di i cunfini di l'omu ci hè l'omu

In la circa addulurata

di i so virtù

È chì sfughji cun curaghju

L'avvinta affugatoghja di i fruntieri umani


(La photo)

mardi 28 septembre 2010

URGENT : Où seront P. Gattacecca, D. Verdoni, P. Ottavi et A. Di Meglio le 8 octobre 2010 ?


Ils seront tous ensemble (à l'invitation de l'Amicale corse, qui profite de leur présence professionnelle à la Faculté de Lettres de l'Université Aix-Marseille) :

- à la librairie All Books and Co, (rue cabassol), à Aix-en-Provence, entre 17 h 30 et 20 h ; ils liront des poèmes corses, des traductions en français de ces poèmes, ils évoqueront la poésie corse contemporaine, la question de sa diffusion, ils présenteront les publications du Centre Culturel Universitaire de l'Université de Corse (avec ou sans les éditions Albiana), ils répondront à toutes vos questions, il signeront tous leurs livres si vous avez envie d'acquérir certains de ces ouvrages ; bref, ce sera un beau moment convivial et littéraire, sous le titre magnifique (non ?) suivant : "La poésie corse, et ses langues".

- au local de l'Amicale corse (18 avenue Laurent Vibert), la soirée se poursuivra avec nos invités, occasion d'approfondir tous les sujets précédemment abordés et peut-être de voir la poésie devenir chant.

Il est bien sûr recommandé à tous les curieux de la Corse en général et de sa littérature contemporaine en particulier de venir nous retrouver dès 17 h 30 ! De façon plus claire encore : venite numerosi ! Il n'est pas nécessaire d'être un parfait corsophone ni de connaître quoi que ce soit à la littérature corse : il vous suffit d'avoir envie de découvrir tout cela. La parole sera libre, vous pourrez parler en corse ou en français, poser des questions qui vous brûlent les lèvres ou rester silencieux, feuilleter les livres sans les acheter, les acheter sans les lire, les lire et en parler un peu plus tard, me proposer (ou non) vos récits de lecture pour ce blog, etc.

Bref, vous ferez bien comme vous voudrez... mais venez ! Vous serez accueillis avec joie ! Ce n'est pas tous les jours que nous disposons pendant plusieurs heures de quatre écrivains corses en même temps !

Pour plus de renseignements, écrivez-moi (f.renucci@free.fr) ou appelez-moi (06 88 80 62 83).

(Concernant l'image, voir ici.)