jeudi 26 mai 2011

Jean-Pierre Cavaillé : un regard limousin. Si si.


Alors, très rapidement, ce billet ce soir pour vous engager à lire un billet que m'a signalé Emmanuelle Caminade, trouvé sur le blog de Jean-Pierre Cavaillé, blog consacré, notamment, à l'expression occitane en Limousin.

Et pourquoi donc ? Parce qu'il est extrêmement fécond de prendre connaissance de points de vue, aussi précis et développés, nés dans un contexte différent de celui de l'isle de Corse, mais pas forcément si éloigné. Alors bien sûr, on peut être étonné par certaines formulations, ou certains jugements, mais c'est justement là qu'est l'intérêt ! Comprendre comment on peut regarder la même chose d'une façon vraiment différente (je pense aux points de vue de Luiz Fernando Gaffrée Thompson, blogueur brésilien, qui exprime avec beaucoup de sincérité et de précision son regard sur la Corse, relayé ici)

Jean-Pierre Cavaillé fait une analyse, positive et négative, signalant des désaccords, de l'article de Jérôme Ferrari paru récemment dans Libération (voyez son article en fin de billet pour cliquer vers l'article sur le site de Libé), article qui évoquait notamment la distance qui sépare le cliché de la littérature, à propos de la Corse. Mais en plus de cela, il a acheté "Prighjuneri" de Marcu Biancarelli, l'a lu et en parle !

Que demande le peuple ? À populu fattu bisognu à leghje è à parlà di e so letture incù a ghjente di u Limousin : eccu a verità !!

Bon, j'ai laissé un commentaire suite à son billet, parce que je suis moi-même en désaccord sur un point. Comme quoi, la discussion a lieu, n'hésitez pas à participer.

Ah, j'ai aussi demandé une liste de dix ouvrages importants de la littérature limousine (en occitan ou en français). Je la publierai sur ce blog si jamais nous avons une réponse. Eh oui, ne croyez pas que la littérature corse soit la seule au monde...
:) (ceci est un symbole de smiley...)

Le blog de Jean-Pierre Cavaillé : "taban" :
Mescladis e còps de gula
blog dédié aux cultures et langues minorées en général et à l'occitan en particulier. On y adopte une approche à la fois militante et réflexive et, dans tous les cas, résolument critique. Langues d'usage : français, occitan et italien.

Le lien vers le billet sur l'article de Jérôme Ferrari.

(l'image)

4 commentaires:

  1. Un article intéressant, avec des arguments précis et intelligents, des comparaisons pertinentes. (en passant, j'ai appris que la vindetta, ou la guerre privée, avait existé au Limousin)

    Ce qui m'a intéressé c'est qu'une intervention de Ferrari lui ait donné envie de lire un livre corse en s'intéressant au texte en langue corse.

    Je pense aussi qu'une littérature peut être militante tout en étant de la vraie littérature. Ce qui est détestable c'est la pression "extérieure" sur l'auteur en considérant qu'il DOIT être militant sous prétexte qu'il appartient à une identité menacée.

    Quant à la défense d'une identité qui est historiquement bafouée et méprisée, je ne considère pas qu'elle soit nécessairement "fascisante", comme semble le suggérer Jérôme Ferrari. Alors Aimé Césaire serait fascisant...? Elle peut être profondément humaniste, comme la défense de tous les opprimés.

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  2. Luiz Fernando Gaffrée Thompson28 mai 2011 à 07:08

    Comme il n´y a pas de littérature vraiment régionale, je suis bien d´accord avec M. Cavaillé, quoique la couleur locale me permette l´évasion, je me pose la question si les problèmes d´identité régionale ne finissent pas par tourner en dérision, si on les examine de près. On voit bien que le Limousin ou la Corse ont souffert ou souffrent du même genre de préjugés de la part des Parisiens. Donc, je crois que les minorités non pas à se victimiser comme si elles étaient très spécifiques. Les réactions sociales et individuelles sont humaines, somme toute. La Corse n´est pas la victime de Paris! c´est l´être humain qui est la victime et le boureau d´autrui,"L´enfer c´est les autres" (J.-P. Sartre).

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  3. petite réflexion sur le "réel" en littérature. Ou plutôt une évidence, j'enfonce une porte ouverte.

    L'écrivain ne décrit jamais la réalité, il l'interprète ou met le focus sur un aspect plutôt qu'un autre. La Corse que décrit Mérimée existait bien hélas, mais il s'est intéressé à un seul aspect, celui qui lui paraissait le plus exotique, le plus sensationnel; il a traité sa matière en ce sens.. Et il a fait banco! son succès a figé une certaine image de la Corse à l'extérieur et en retour, sur les corses eux-mêmes.

    L'univers de Marcu Biancarelli est "une" Corse, éclairée sous un certain angle, avec sa sensibilité et son analyse personnelles. Idem pour Ferrari, il y a une image de la Corse qui se compose sous la plume de Ferrari, même quand il ne fait que l'effleurer...Je pense que ces univers influencent déjà d'autres écrivains, d'autres imaginaires. FXR a raison d'insister sur l'imaginaire, c'est essentiel; quant au "réel", il ne se laisse pas appréhender facilement, il échappe à toute interprétation, il est fuyant dans sa complexité.

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  4. Alors justement, comment appréhender la lettre de Paoli à son père? C'est une lettre bien réelle, faisant partie de notre histoire. La question que l'on peut se poser c'est "est-ce de la littérature?"
    Personnellement je suis convaincu que oui. Au-delà de ses qualités stylistiques, elle reflète la pensée d'un homme faisant parti de notre imaginaire commun. Car notre Paoli est un mythe. Et la lecture de ces lettres ont l'étrange pouvoir de me le rendre plus mythique encore. Enfin, dans MON imaginaire... C'est la vision d'un Paoli jeune,beau, ardent, pas encore chef de la nation, plein d'espoir et d'illusion mais prêt à prendre le pouvoir et à assumer les contraintes qui vont avec. Notre imaginaire se nourrit de ces éléments, les digère, et modifie notre vision du monde . Je suis persuadée que chacun d'entre nous lira différemment ces lettres. C'est un support. Chacun les interprètera à sa manière.
    Ferrari nous propose sa vision de la Corse, et nous l'interprétons, Mérimée nous propose sa version, et nous l'interprétons. Que de différences entre le ressenti de notre ami Brésilien, Luiz Fernando Gaffrée Thomson et celle de deux gamines de douze ans se sentant exilées à Paris !

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