mercredi 8 juillet 2009

Un espace d'échanges libres est-il souhaitable ?

Il s'agit bien ici de littérature, et de littérature corse...

Quelques mots en passant pour vous signaler quelques lieux numériques plus ou moins secrets où la littérature corse est en train (ce soir encore) de se fabriquer au moyen du débat !
Vous pouvez y assister et même y participer (fourbissez vos commentaires !).

Le forum de Marcu Biancarelli :
deux discussions en cours fort intéressantes à partir de deux de ses chroniques parues dans "La Corse votre hebdo" :
- Milena Agus, una maga (où il est question des écrivains de la côte et de ceux de l'intérieur, de catégories encore plus fines, de l'importance de la langue mais aussi du sujet, etc.)
- Genesi d'un lingua scritta (I) (où l'on apprend que l'on peut repérer des traces du corse écrit jusque chez Giovanni della Grossa au XVème siècle, à moins que...)

(Même si tout est écrit en corse, n'hésitez pas à écrire dans une autre langue de votre choix, le français par exemple, le site de Biancarelli est accueillant ; j'ai moi-même écrit dans les deux langues, même si je me sens plus à l'aise en français.)

Le site de l'association Musa Nostra :
en cours d'élaboration, un compte rendu du café littéraire du 5 juillet dernier avec Jérôme Ferrari (présentant "Murtoriu" de Marcu Biancarelli) et des lecteurs présentant leur lecture, notamment de "Balco Atlantico" de Jérôme Ferrari par Ivana (belle "lecture subjective" qui contient un reproche "fugace mais tenace" fait à l'auteur, découvrez lequel ; dommage nous n'avons pas encore la réponse de l'auteur) :
- Café littéraire Musa Nostra du 5 juillet 2009
(A signaler aussi une discussion sincère et un peu vive entre Penserosu et moi-même sur le forum de Musa Nostra (le samedi 4 juillet), à propos du recours aux articles critiques quand on veut parler d'un livre).

Le blog de l'association organisatrice du Festival du Livre de Portivechju (voir les billets ici consacrés à ce festival : ici et ici) :
- c'est le billet "Vivement le prochain !" (un 3ème commentaire, de moi, est en attente au moment où j'écris ; le désaccord se manifeste très courtoisement quant à la question de l'intervention du public au cours d'une table ronde.)

Et enfin, the last but not the least, dans un message paru aujourd'hui via la liste de diffusion "Cuurdinazione corsa" (déjà plus de 1600 abonnés à cette liste), une évocation du billet consacré à "Mal'Concilio" sur ce blog, par l'auteur de "Mal'Concilio" lui-même, Jean-Claude Rogliano ; évocation très critique (ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre) qui ouvrira peut-être un débat sur ce sujet dont j'entends tout le monde dire qu'il est essentiel : on ne peut dire "du mal" d'un livre en Corse parce que tout le monde se connaît... Plus globalement, avons-nous besoin et envie de la possibilité d'échanger des avis divergents ? Ou bien est-ce inutile, dangereux, contre-productif, idiot, maladroit, etc. ? L'auteur a visiblement mal pris ma "critique" qui aurait "assassiné" son livre ; je comprends qu'on puisse se sentir blessé (j'ai vécu moi aussi - sans faire de psychodrame - ce moment où à côté de certaines critiques positives, des critiques négatives "frappent" votre livre - et votre ego - surtout quand elles émanent de personnes que vous estimez et admirez par ailleurs ; mais qu'est-ce que je pouvais dire sinon écouter et répondre le plus rationnellement possible ? Ces personnes n'avaient-elles pas le droit d'exprimer un avis négatif sur mon livre, au prétexte que nos relations sont amicales ? Doit-on s'autocensurer en permanence ? N'y a-t-il pas une façon de permettre aux lecteurs d'exprimer librement leurs goûts - ou dégoûts - et points de vue sans que cela apparaisse comme une attaque personnelle ? Au fond de moi, je penserais presque cela : les auteurs n'ont aucun intérêt, seules les oeuvres lues fabriquent quelque chose... je ne le pense pas totalement, car je sais combien les encouragements et les soutiens sont chose nécessaire pour les auteurs, mais, encore une fois, peut-être ont-ils plus besoin d'encouragements réels, et non feints, et de critiques négatives sincères et courtoises, argumentées et précises - ce que je pense avoir écrit à propos de "Mal'Concilio", et non "assassines".)

Voici donc le message de Jean-Claude Rogliano (j'ai envoyé une réponse sur "Cuurdinazione" qui apparaîtra bientôt) :

Cari amichi e cumpatrioti,
>
> Précédant l'opéra de mon
> ami Jean-Paul Poletti, Roi de Corse et le film de Robert Martin Carol,
> King
> of Corsica en cours de tournage à Hollywood et dont Jean-Paul (torna ellu)
> compose la musique, vient de paraître chez J.C. Lattès, mon dernier roman,
> Les mille et une vies de Théodore Roi de Corse.
>
> N'étant jamais très sûr de moi quand j'écris mes ouvrages (surtout depuis
> qu'un
> certain Renucci, dans le blog « Pour une littérature corse » émet une
> critique sereinement assassine de Mal'Concilio) et si je suis un peu
> rassuré
> par les critiques et les reportages que vous trouverez dans ces liens,
> j'espère
> que vous manifesterez plus d'indulgence si vous lisez les mille et une
> vies
> de cet aventurier dont on commence à découvrir quel personnage il était
> vraiment.
>
> Sentimenti fraterni.
>
> Jean-Claude Rogliano
>

23 commentaires:

  1. La critique est un bien. Elle l'est à un point tel que l'on peut (et doit) même... critiquer les critiques!
    Cela fait du bien aux livres (un peu de mal aux auteurs, certes, mais c'est pas forcément un mal non plus... des fois ils écrivent mieux après : plus fort, plus impliqué...). Le lecteur de critique n'est pas un benêt et il n'est pas à la recherche d'un avis positif (ce serait vraiment trop con, aller lire une critique sachant que c'est que de la brosse à reluire). Il est à la recherche d'un avis subjectif... Et choisissant bientôt le critique lui-même (et éliminant les autres), il fait confiance à l'un ou à quelques uns) parce qu'il lui semble partager un univers, des affinités. Il élabore peu à peu une relation secrète et en fait son "rabatteur" en lectures. Nous pouvons en conclure que le critique a une "clientèle" qui lui est affidée. Donc, la critique en soit n'est pas si destructrice que cela (sauf pour des lecteurs benêts, mais un auteur ne devrait jamais penser que le lecteur est par définition très con, pas capable de se faire une opinion juste, même face à une critique sanglante... en général ce genre d'auteur est celui qui lui-même prend son lecteur pour un type moins intelligent que lui-même... le pédantisme et la prétention me semblent être des maladies d'auteur).
    Donc la critique fait du bien à tout le monde et même quand elle est de mauvaise foi... (surtout !), cela aiguise en retour l'esprit critique du lecteur et sans doute aussi celui de l'auteur.
    Je me demande bien d'ailleurs pourquoi poser la question... répondre à cette question, ça me fait l'effet d'enfoncer des portes ouvertes (tiens ça me fait penser que le Matricule des Anges, cette belle revue littéraire, a consacré son numéro cent à la question "qu'attendez-vous de la critique?", comme quoi... cela semble être une question importante...).
    La seule limite est celle de l'honnêteté intellectuelle : que le critique ait effectivement lu le bouquin dont il parle... c'est parait-il rare !

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  2. Il est difficile de "parler " de littérature corse ; soit on encense, soit il faut se taire. La réaction à laquelle vous faites, FX, allusion, était bien prévisible ! La simple mention "édulcorée" d'une non unanimité concernant un ouvrage a valu tant de réactions passionnées que, lecteurs actifs et grands consommateurs de livres parus sur l'île , nous taisons désormais ce qui nous ennuie ou déplaît, ce qui est bien dommage dans le sens où parfois cela engendre des confusions :si on ne parle pas d'un livre parce qu'on ne l'a pas lu (manque de temps, absence d'incitation véritable...), nos lecteurs peuvent penser qu'il nous a déplu ! Nos auteurs doivent essayer de se détacher de la dimension affective (je comprends que ce soit très difficile)et tenir compte des impressions des lecteurs qui, comme le dit bien le commentaire précédent, ne sont pas tous incapables de juger, et qui, en dernier recours, font la promotion du livre, en en parlant, en le conseillant.
    Quand on dit quelques mots d'un livre, on ne parle pas d'une femme ou d'un homme particulier qu'on aime ou déteste,on donne un avis sur une production, indépendamment de tout jugement sur celui ou celle qui l'a produite

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  3. Quand je pense à :
    - la liberté de ton des critiques du "Masque et la Plume" sur France Inter (par exemple les critiques très dures qu'ils ont faites sur "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra, ouvrage que j'ai apprécié, même si je ne l'ai pas adoré)
    - la critique honnête et radicale du dernier ouvrage de Marc Fumaroli (que je n'ai pas lu) dans le Magazine Littéraire par Cécile Guilbert (dont j'ai beaucoup aimé l'ouvrage consacré à Laurence Sterne, "L'écrivain le plus libre") et à la réponse très acerbe de Marc Fumaroli dans le même magazine

    je me dis alors que nous ne pouvons vraiment dialoguer qu'à partir de divergences ! Et ces divergences existent avec des nuances infinies, dans la critique positive comme dans la critique négative (sans parler des critiques mi-figue mi-raisin...)

    D'accord avec Marie sur le fait qu'il est dommage de se réduire au silence ou à l'édulcoration. Parce que je trouve qu'il en va des nos capacités collectives à faire vivre l'imaginaire corse.

    J'ai entendu des critiques fortes faites par Jean-Paul Poletti et Jean-Claude Acquaviva sur la production musicale insulaire d'aujourd'hui, qui ronronne, répète ce que les aînés ont fait, etc. Je sais que la musique est plus emblématique de la culture corse que la littérature, ce que je trouve bien dommage, mais la possibilité de critiquer les livres et les critiques de livre bien sûr (positivement ou négativement, honnêtement dans tous les cas) pourrait être aussi le signe de l'importance que nous accordons à la littérature comme espace collectif (où il se joue quelque chose d'important pour la Corse).

    Concernant la "mauvaise foi", je trouve que cela peut être amusant un temps seulement. Comme un apéritif, histoire d'ouvrir l'appétit. (Mais elle peut être intéressante pour mieux connaître les façons de lire réelles de tel ou telle).

    Depuis le premier billet, ce blog offre la possibilité de parler (courtoisement) des livres corses que l'on "déteste", ou que l'on aime moins, ou qui nous laissent indifférents, ou qui nous déçoivent, ou qui nous paraissent mauvais... Pourquoi ? Parce que cela me semble un bon moyen de mettre à jour ce qui court vraiment dans nos imaginaires (qui n'est pas toujours ce que les paroles autocensurées veulent bien dire). Pour qu'il y ait un courant d'air, un mouvement, il faut bien qu'il y ait deux pôles contraires, une masse d'air chaud et une masse d'air froid. Alors quand je parle avec enthousiasme de tel livre ("A Funtana d'Altea" de Thiers ou "51 Pegasi" de Biancarelli), j'accepte avec joie que tel autre lecteur me dise son peu de goût pour ce livre et qu'il en explicite les raisons : je trouve que c'est à ce moment-là que le livre commence à vivre, dans l'entre-deux de ces façons de lire.

    Il s'agit de pouvoir échanger des manières d'être, de vivre, des goûts et des jugements (et non d'assassiner ou de critiquer pour critiquer).

    L'enjeu est celui de la participation des lecteurs à l'enrichissement et à l'évolution de l'imaginaire corse, non ?

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  4. Je suis également d'accord pour dire que la vie du livre (et du livre corse en particulier, qui n'existe en général pas dans les circuits commerciaux classiques) a tout à gagner des échanges de vues contraires de lecteurs et de critiques sincères et honnêtes qui prennent la parole.

    Il se peut qu'on ait à regretter, en tant qu'auteur, d'en appeler à cette prise de parole, mais je ne vois pas bien non plus ce qu'on a à gagner en n'accueillant que la bienvaillance des regards. La flatterie complaisante c'est absolument inutile, et s'il existe des critiques qui font mal, il existe aussi un droit objectif à critiquer la critique et à défendre son travail.

    Mais sans m'étendre je tiens à préciser que l'intérêt du présent blog est aussi de porter ces regards sincères sur les livres des auteurs corses. La garantie de courtoisie n'est pas ici qu'un détail. Cela rend recevable à mon sens tout ce qui s'exprime ici. Je regrette par exemple que Rogliano ait pu mal interpréter la lecture de FX, et si j'ai un point de vue à exprimer c'est que l'on a le droit, à partir du moment où une oeuvre est rendue publique, de dire avec honnêteté et sans outrance pour l'auteur ce que l'on en pense. ça me semble bien être le cas ici, mais les égos des auteurs sont ce qu'ils sont et l'on ne trouve pas toujours l'écho, l'écoute ou la compréhension espérée chez l'auteur dont on n'a pas aimé le livre.

    C'est un jeu éternel, la question ne se règlera pas ici, pas plus qu'ailleurs. Tant qu'il y aura des livres et des lecteurs, les rencontres et les non-rencontres existeront. Le tout est de ne pas tomber dans ces lynchages que les shows médiatiques ont de plus en plus tendance à favoriser aux dépents de la vraie critique. Mais comment imaginer un seul instant que FX a quelque chose à voir avec un Ruquier ou un Nolleau ?

    Bon, je me rends bien compte que cette intervention n'est pas géniale. VOUS AVEZ LE DROIT DE LA CRITIQUER. A ma décharge je préciserais que j'avais écrit une intervention formidable qui, pour la seconde fois, n'est pas passée lorsque j'ai appuyé sur "publier un commentaire. VOUS AVEZ LE DROIT DE NE PAS ME CROIRE. Mais moi je dis que c'est vrai et qu'après cet échec je n'ai jamais plus retrouvé la verve du premier billet qui était vraiment sensationnel.

    Sinon moi non plus je n'ai pas aimé Mal Concilio. Mais pour autant je pense que Rogliano est un auteur et un homme respectable. FAUT-IL AVOIR A LE PRECISER POUR CHAQUE AUTEUR ET CHAQUE LECTURE ? Là il faut vraiment que je m'arrête...

    MB

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  5. Marcu,
    désolé pour ce deuxième message qui disparaît. (Personnellement, cela m'est arrivé qu'un premier envoi ne fonctionne pas, mais le texte ne disparaît pas et en cliquant à nouveau sur "publier un commentaire", cela fonctionne...). Ceci est un message technique, mais qui a à voir avec notre sujet, j'ai l'impression que les outils informatiques pratiquent la censure !

    Pour répondre plus au sujet : mon point de vue sur "Mal'Concilio" était aussi une tentative (très imparfaite, je ne suis pas un spécialiste de la littérature corse) de comprendre ce livre qui est important dans notre imaginaire dans un mouvement plus global (d'où l'hypothèse qu'il est une conclusion plus qu'un livre qui ouvre un nouvel horizon).

    A ce titre, je rapprocherais ce point de vue sur "Mal'Concilio" (qui date de 1975, encore cette date...) de ton point de vue sur "A Funtana d'Altea" de Thiers (qui date de 1990) - et par pitié, il ne s'agit pas d'opposer les hommes ou de hiérarchiser les oeuvres. Les deux livres n'apparaissent pas au même moment du Riacquistu (début et fin ?), mais à ce titre pourraient être lus ensemble, comme un couple, improbable, mais en même temps tout à fait logique.

    Voilà un biais possible pour comprendre qu'une littérature vit avec les oeuvres : accoupler des livres et voir ce qu'ils créent ensemble ! (C'est aussi une façon de ne pas faire de l'histoire littéraire - qui me semble par ailleurs absolument nécessaire).

    Je rappelle ici que le point de vue de MB sur le livre de Thiers auquel je fais allusion se trouve sur son forum : http://forubiancarelli.forumactif.net/cronichi-literarii-f17/milena-agus-una-maga-t142-15.htm

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  6. Pour les auteurs, il faut tout de même une sacrée dose d'humilité pour accepter "sereinement" la critique. Pourtant, une fois l'oeuvre publiée, il faut bien reconnaître qu'elle appartient presque plus aux lecteurs qu'à son créateur...En tout cas, ce sont eux qui la font "vivre". Malheureusement, le "Marché" avec ses lois de distribution fausse un peu la donne. Heureusement qu'Internet ouvre tous ces espaces de discussion et de vie!

    Ce serait intéressant, Marcu, que tu nous dises, en tant qu'auteur, comment tu reçois les critiques? Qu'est-ce que tu acceptes et qu'est-ce que tu n'acceptes pas, par exemple? Ne t'est-il pas arrivé de mal prendre une critique sans qu'elle soit outrancière ni injuste?

    Je sais que tu as souvent été "attaqué" plus que "critiqué": c'est là sans doute ce qui est intolérable; c'est lorsque le jugement est "moral", voire "politique", ET SURTOUT DE LA PART DE GENS QUI N'ONT PAS VRAIMENT LU LES OUVRAGES .
    Mais aujourd'hui que tu es de plus en plus reconnu, il me semble que tu vas être confronté au problème inverse : être encensé, sans que s'exerce la critique, ce n'est pas non plus le but?

    Cela dit, FXR essaie d'ouvrir un espace à la critique sincère et "sereine" fort courageusement, un espace qui n'existe pas vraiment en Corse.

    Existe-t-il ailleurs? Les critiques sont bien souvent superficiels, ou inutilement agressifs (ils ont leurs humeurs comme tout le monde: je suis persuadée qu'en attendant quelques jours et avec une lecture plus complète certains écriraient une critique différente) ou bien ils servent des coteries. Si nous réussissions en Corse, ce serait exceptionnel : bravo à FXR, et que la sincérité des lecteurs soit leur principale qualité!

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  7. Comment je reçois les critiques en tant qu'auteur ? Ce que j'accepte et ce que je n'accepte pas ? Honnêtement Francesca je ne réfléchis pas trop à ça. D'abord il faut reconnaître que je n'en suis ni au stade de crouler sous les critiques ni à celui d'être encensé. J'ai eu quelques déboires qui correspondaient effectivement aux attaques dont tu parles, mais pour moi ça n'a rien à voir avec la critique littéraire.
    Dans le minuscule landerneau du monde littéraire corse on se souvient parfois que j'avais mal pris une critique de Paul Desanti par rapport à Viaghju in Vivaldia, j'en avais déjà parlé ici. C'est pour moi une péripétie d'autant plus que Paul est devenu un ami depuis. Et que je le sais rigoureux et objectif dans ses critiques. Sans doute ne lui accordais-je pas alors ces qualités, sinon je n'aurais jamais réagi avec tant de vigueur à l'époque. Mais j'étais plus jeune, et lui aussi, qui a tout de même affiné depuis ses textes de critiques à mon avis.
    Bon, pour être honnête je suis plus ou moins attentif aux critiques aujourd'hui. Les critiques qui émanent de vraies lectures m'intéressent, les autres, ou on voit bien que le bouquin a été lu partiellement - ou pas du tout - me laissent complètement indifférent.
    Et puis vu le rythme des publications, lectures et critiques de la presse corse (vue aussi l'immense professionnalisme des gens concernés) on apprend aussi à écrire sans trop attendre les retours de presse. D'ailleurs si on observe, moi, Desanti, Jureczek et d'autres, on fait aussi office de critiques littéraires le plus qu'on peut. Sans doute parce qu'en tant qu'auteurs corses nous avons mis le doigt sur les manques et souffert de ces absences de retours sincères de lecture.
    Mais sinon en tant qu'auteur je suis toujours ennivré d'une douce extase lorsqu'un critique a compris la plénitude de mon talent. Et je me réserve toujours le droit de mettre mon poig dans la gueule des salopards qui ne diront pas à quel point je suis un génie, et eux des vers à côté de moi.

    Sérieusement, j'en reviens à mon mauvais billet du départ : l'honnêteté d'une lecture on la reçoit, la connerie et la malveillance on la perçoit aussi. Et je ne prend aucune posture en disant que je n'y répondrai jamais, ni à l'une ni à l'autre. On ne sait pas. L'auteur attend bien sûr de la sincérité, elle peut blesser, toucher parfois la mauvaise fibre, faire vibrer une blessure qu'on n'imaginait pas se réveiller, etc.

    J'essaie de relativiser les critiques, pour ma part, qui ne sont pas si nombreuses (on a plus en corse les "messages par la bande" : untel a dit ceci, untel ne te supporte pas, tel autre t'adore, etc.). Et puis j'ai cessé d'être fétichiste. Par exemple il y a longtemps que je n'ai plus de press book et que je ne découpe plus les articles me concernant. Je découpe plutôt ceux que j'écris. Très souvent ça me gonfle ce qu'on raconte sur moi. Et ça c'est sincère. Et les choses qui me gonflent j'ai passé l'âge de m'attarder dessus.

    MB

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  8. O FX, rassure moi, il est impossible que quelqu'un prenne l'intégralité du billet précédant au premier degré ?

    Non, parce que sinon... laisse-le !

    MB

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  9. Marcu,
    as-tu eu des retours allant dans ce sens ?! Pas de panique !

    Faisons confiance au "génie" du lectorat de la littérature corse, tout comme ce lectorat apprécie à sa juste valeur le "génie" des auteurs corses.

    Personnellement, je pars de ce principe : c'est la littérature qui est géniale, c'est-à-dire le lieu créé par le rencontre entre ce que produisent les auteurs et de ce qu'en font les lecteurs. A l'extrême limite, les lecteurs et les auteurs n'ont aucune importance ! Seules comptent les lectures qui finissent par construire une littérature...

    Mais c'est très excessif, je sais. C'est pourquoi ce n'est qu'un principe de départ ; à partir de là, il me semble qu'on peut ensuite créditer tel ou tel être humain (auteur, éditeur, lecteur, commentateur) de qualités diverses et variées : crédit toujours relatif, subjectif et évolutif.

    Notre littérature est naissante et je pense que ce peut être l'occasion de ne pas la figer dans un modèle dépassé : le panthéon littéraire, le culte de l'auteur, le petit monde littéraire... qui excluent la réalité des lectures, de ce qu'elles font concrètement dans nos imaginaires, qui est souvent d'un intérêt et d'une complexité fascinantes.

    A côté de ça, chaque auteur a besoin d'une force incroyable pour écrire, prendre le risque de publier, attendre d'être compris... alors je pense que chaque auteur a le droit (et a besoin) de s'accorder du génie (avant que la postérité lui donne raison ou non).

    Je répétète l'axiome de base : la littérature corse est géniale ! (Je laisse chacun déterminer la part de premier et de second degrés de cette phrase).

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  10. J'ai effectivement vu un commentaire sur un site que FXR nous incite régulièrement à aller visiter, où le billet de MB est pris au premier degré (MDR) et le commentaire est d'ailleurs un peu discourtois, du genre : "allez voir sur le site "pour une littérature corse", il faut le voir pour le croire". Mais ce n'est sûrement qu'un malentendu! N'est-ce pas, J-M? LOL

    Mais oui, FXR, la littérature corse est géniale, c'est un postulat de départ, c'est surtout génial qu'elle existe et avec tant de force, de nerf ...

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  11. comme quoi on peut faire dire n'importe quoi et tout ! le mot évoqué est antérieur au commentaire de MB; mais...

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  12. Anonyme 11:04 a certainement raison, Francesca fait allusion à un message de "Jeanne-Marcelle" publié le 11 juillet à 12:26 sur le forum de Musa Nostra (sujet "Littérature corse"), message que je reproduis ici intégralement, pour éviter toute confusion :

    "une remarque en passant : sur le site de F .renucci dont le titre revient régulièrement sur ce forum mais que j'ai la flemme de rechercher (en plus je recopie souvent de travers les grandes adresses), je vous conseille de lire quelques reflections sur la façon de ne pas admettre les critiques ! y a même des auteurs qui demandent aux amis et autres lecteurs de ne pas les froisser en ne faisant que dire du bien ou du bien .
    Allez y car faut le voir pour le croire !"

    Il me semble que ce message fait lui-même allusion au billet de ce blog (publié le 8 juillet à 22:18) contenant les propos de Jean-Claude Rogliano (publiés une première fois sur Cuurdinazione corsa, le 8 juillet à 10:24)...

    Donc, "Jeanne-Marcelle" trouve incroyable que Jean-Claude Rogliano demande l'indulgence de ses lecteurs. Voilà le fond de l'affaire. Francesca a fait une confusion qui n'est pas grave, cela est dû au fait que lorsqu'on multiplie les allusions, on finit par ne plus savoir de quoi l'on parle, non ?

    D'où l'idée suivante : que chacun précise sa pensée en "identifiant" précisément son sujet ou la personne à laquelle elle répond (et par identifier, je veux dire utiliser le "nom" ou "pseudo" ou l'expression "anonyme de telle heure") ; histoire de bien savoir qui répond à qui à propos de quoi.

    Deux qualités nécessaires à tous ces dialogues sur le Web : la précision, le développement. Généralement, lorsqu'on va au bout de sa pensée, on est mieux préparé à rencontrer celle de quelqu'un d'autre ; faire un bout de chemin ensemble, même sur le Web, crée des liens et finit par aplanir la plupart des malentendus.

    Sur le fond de l'opinion de "Jeann-Marcelle", je ne suis pas choqué qu'un auteur présente son oeuvre, la défende, en appelle à ses lecteurs, à leur indulgence (d'ailleurs avec une note d'humour et de distance me semble-t-il dans le cas de JC Rogliano). L'important c'est que tous les lecteurs puissent ensuite exprimer leur point de vue (indulgent, cruel, indifférent, enthousiaste) et l'explicitent, non ?

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  13. anonyme de la dernière heure estime aussi que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes,donc

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  14. C'est scandaleux !

    Mais non, tout est mieux une fois que tous les méandres du web ont été éclaircis.

    MB

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  15. Dont acte, mille excuses à Jeanne-Marcelle pour cette confusion, j'aurais dû être attentive à la date du message...D'ailleurs je disais bien qu'il y avait sûrement un malentendu et c'était ..chez moi, finalement !!

    FXR une fois de plus remet les choses en place avec une infinie courtoisie pour tout le monde. Bravu!

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  16. François, j'aimerais vraiment que tu reproduises ta réponse au commentaire de Rogliano, si tu en as le temps... un copié-collé, tu vois le truc ?
    Je n'arrive à rien sur le site Cuurdinazione.
    A.M

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  17. A A.M,
    je le ferais si je pouvais, mais j'ai envoyé ma réponse directement sur la liste de diffusion de Cuurdinazione corsa, et je ne pourrai la retrouver que lorsqu'elle sera publiée par le modérateur de Cuurdinazione (car il me semble que les messages sont modérés).

    Il n'y a pas vraiment de site Cuurdinazione, c'est une liste de diffusion à laquelle on s'inscrit en allant sur une page Yahoo (http://fr.groups.yahoo.com/group/cuurdinazione/) et en cliquant sur "rejoindre ce groupe" en haut à droite. Il y a 1610 inscrits à l'heure actuelle, cela paraît donc un lieu intéressant pour diffuser des informations. La liste est ainsi décrite : "Relais privé d'informations et de solidarité des corses et les amis de la Corse. Groupe modéré." La plupart des messages sont informatifs (dates de concert, propositions de stages, etc.) ou relaient des informations que l'on trouve ailleurs et qui peuvent susciter le débat (mais cette liste n'a pas pour but d'être un lieu de débat ; plusieurs fois, on m'a fait la remarque que des messages trop longs ou à caractère privé, c'est-à-dire discutant un propos, étaient déplacés ; ce qui se défend, chaque site/blog/liste a son style, son ton et son objectif). Il me semble que la liste est fermée pour l'été (est-ce vraiment le cas, je ne sais pas) ; ce serait étrange puisque beaucoup d'informations circulent aussi l'été.

    Dans mon souvenir, je dois avoir avoué mon crime et admis que j'étais l'assassin de "Mal'Concilio" (le livre, pas l'arbre, je rassure tout le monde, et encore moins l'auteur). Et depuis j'attends (que le message paraisse et qu'un dialogue s'engage avec la "victime").

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  18. Je sais parce que l'arbre c'est moi qui lui ai réglé son compte.

    Mirvella

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  19. haha a prossima volta participate ancu voi à u cuncorsu di "polar" in corsu : duie femine di 12 anni anu datu una bella lezziò à i maiò scrivendu dui testi interessanti! Lucia Arrio è Lea Ollipe anu da esse scrivane, scummettu oghje cù voi.

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  20. Una racolta di dodeci nuvelle (u titulu seria "MediterraNeru", vi piace? avete interessu perchè sò eiu chì l'aghju trovu lol), hà da esse publicata à a Rientrata ma pensu chì e nuvelle di i laureati seranu in linea da qui à pocu nantu à u situ di a CTC è altri siti di "polar", s'elli sò d'accordu.

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  21. A la demande d'AM, voici ma réponse à Jean-Claude Rogliano, publiée sur Cuurdinazione corsa :

    Une réaction au message de Monsieur Rogliano, lorsqu'il écrit à mon propos : "


    "N'étant jamais très sûr de moi quand j'écris mes ouvrages (surtout depuis
    > qu'un
    > certain Renucci, dans le blog « Pour une littérature corse » émet une
    > critique sereinement assassine de Mal'Concilio) et si je suis un peu
    > rassuré
    > par les critiques et les reportages que vous trouverez dans ces liens,
    > j'espère
    > que vous manifesterez plus d'indulgence si vous lisez les mille et une
    > vies
    > de cet aventurier dont on commence à découvrir quel personnage il était
    > vraiment."

    Oui, j'avoue, j'ai "assassiné" le roman "Mal'Concilio" ! Je suis coupable de ce crime ! Chacun peut se faire une opinion (plus mesurée, je pense) en lisant effectivement le billet que j'ai consacré à ce roman : http://pourunelitteraturecorse.blogspot.com/search/label/Jean-Claude%20Rogliano

    Vous avez compris qu'il ne s'agit que d'une opinion personnelle, qui n'a absolument pas pour but de démoraliser aucun auteur (je suis désolé si cela a été le cas) et qui réclame d'être discutée : vous pouvez laisser des commentaires. La raison d'être du blog "Pour une littérature corse" est de recueillir des lectures centrées autour d'un passage cité du livre aimé (ou détesté) ; il s'agit d'accepter aussi des avis négatifs, si l'on veut vraiment que se développe non seulement une critique littéraire que chacun appelle de ses voeux et surtout une libre circulation de la parole (toujours courtoise). Il me semble d'une importance capitale (pour la vie de notre imaginaire) que l'on puisse échanger des avis et des goûts différents (sans trop se formaliser). Je signale à ce propos que d'autres lieux que ce blog permettent cela : ceux de Marcu Biancarelli, d'Angèle Paoli, et d'autres encore.

    A bientôt peut-être pour poursuivre cette "discussion" encore balbutiante, Monsieur Rogliano.

    Cordialement,

    François Renucci
    Animateur du blog "Pour une littérature corse" (http://pourunelitteraturecorse.blogspot.com)
    f.renucci@free.fr
    06 88 80 62 83

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