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jeudi 1 août 2013

Complément d'information

J'engage tous les curieux de littérature (notamment corse) à visiter tous les sites qui sont référencés dans les rubriques de ce blog, à participer à toutes les manifestations littéraires (en librairie, sur les places des villes et villages, avec les auteurs, les éditeurs, rencontres, signatures, débats, ateliers) qui font vivre la littérature en Corse et la littérature corse.

Ce blog (Pour une littérature corse) est bien fermé, car il me prenait trop de temps et ne m'en laissait plus pour d'autres activités, et ce petit billet n'est pas le signe de sa réouverture.

Je veux simplement signaler que je poursuis donc d'autres activités (qui ont cependant la même perspective que ce blog) :

- sur Facebook (relais d'informations et éventuellement discussion à propos de la vie littéraire et artistique corse)
- au festival Racines de ciel (festival littéraire d'Ajaccio)
- au festival Histoire(s) en mai d'Arte Mare à Bastia
- diverses interventions ici ou là (à suivre sur Facebook)

Bonnes lectures, bonnes discussions. Au plaisir de se retrouver sur le Net ou quelque part sur la planète.

dimanche 18 novembre 2012

Parlons de Jérôme Ferrari et de littérature corse (Aix, 1er décembre 2012, 18 h, Librairie Goulard)

Vous avez quinze jours pour préparer vos questions : le samedi 1er décembre 2012, à 18 h, à la librairie Goulard à Aix-en-Provence (sur le Cours Mirabeau) - que je remercie encore - nous allons discuter, si vous le voulez bien, de plusieurs sujets :

1. Le prix Goncourt remis à Jérôme Ferrari pour son "Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud, 2012)

2. Les conséquences d'un tel prix sur la "littérature corse".

Cela fait des années que nous sommes tout de même assez nombreux à évoquer de tels sujets, c'est une occasion rêvée pour y revenir, avec le sourire, et un sacré enthousiasme dans le coeur !

Le 7 novembre 2012 est une date importante pour la littérature corse, nous allons ensemble essayer - en partant de cet événement-là - d'égrener d'autres dates importantes, d'autres titres d'ouvrages et de textes, d'autres noms d'auteur qui font toute la "riche diversité" de la littérature corse. Je vous attends !

"Riche diversité" est une citation d'une chronique de Marc Biancarelli, autre écrivain majeur de la littérature corse (je le répète pour ceux qui viendraient sur le blog pour la première fois), chronique publiée dans le Libération daté samedi 17 et dimanche 18 novembre 2012. C'est une parfaite introduction à notre prochaine discussion du 1er décembre. Je voudrais en citer plusieurs passages, comme apéritif. (Ah, et si certains d'entre vous ne peuvent pas venir, n'hésitez pas à me faire parvenir vos questions et remarques par Internet : en commentaire de ce billet ou sur mon mail : f.renucci@free.fr)

Avant les citations, une dernière chose, je signale que nous pourrons bientôt voir sur Internet l'émission Via Cultura du vendredi 16 novembre 2012, diffusée sur France 3 Corse Via Stella, avec les animateurs et chroniqueurs Delphine Leoni et Sébastien Bonifay et les invités Marcu Biancarelli et Laure Limongi, écrivaine et éditrice : il y est question du... prix Goncourt remis à Jérôme Ferrari, bien sûr : voir par ici.

Les citations de la chronique de Marc Biancarelli, maintenant, intitulée "Le génie créateur de la Corse" (ça en jette comme titre, non ?) :

"D'évidence quelque chose vient de se jouer là, qui relève d'un besoin légitime d'entendre parler de l'île autrement qu'au travers de la barbarie mafieuse qui l'étrangle au quotidien. Ce prix dit quelque chose qui méritait d'être entendu : il y a en Corse une immense majorité de gens normaux, et aussi des créateurs exceptionnels qui savent porter vers l'universel leur génie spécifique."

"Je finis avec un truc qui me tient à coeur : c'est de littérature corse dont je voulais parler. On parle bien de littérature irlandais, alors je vois pas pourquoi on pourrait pas parler de littérature corse. Pour les ignares, je dirai que c'est une littérature qui s'écrit depuis le Moyen Âge, et qui s'exprime en latin, en italien, en corse, en français, et j'espère un jour en arabe littéraire ou en berbère. Ça donnera sans doute des maux de tête à Chevènement et à divers autres jacobins, mais ça confortera l'idée que la richesse est dans la diversité.
Le cru 2012 a été assez exceptionnel. Je le pense. Les auteurs qui ont publié cette année des textes de grande qualité se nomment entre autres Sylvana Périgot, Laure Limongi, Marie Ferranti, Paul Desanti, Patrizia Gattaceca ou encore Etienne Cesari. Je manque de place pour l'exhaustivité, mais tous, dans des maisons d'édition de différents standings, en Corse, à Paris et même à New-York, témoignent d'une Corse qui s'exprime par les arts et compense parfois une parole politique défaillante. Ça n'est pas une littérature de béni-oui-oui, mais elle raconte des mondes, et un monde en particulier, mieux qu'aucun anthropologue n'en parlera jamais. Un des mérites - et pas le moindre - du prix Goncourt de Jérôme sera aussi de nous permettre de faire entendre, par-delà les tragédies et le sang, les voix qui disent un pays de créativité, d'espoir, et peut-être un jour aussi de paix."

Dite a vostra !

jeudi 9 février 2012

Une fois n'est pas coutume

Une fois n'est pas coutume, mais je profite de cet espace pour engager les lecteurs à s'exprimer comme spectateurs d'un film corse récent et à prendre connaissance d'une petite vidéo de 5 minutes dans laquelle deux spectateurs discutent de ce film.

En espérant que vous prendrez le temps de voir le film sur Internet (52 minutes) et que vous aurez envie de poursuivre la discussion !

Le film ? "Sleepwalkers" (2010) de Thierry de Peretti.

Les spectateurs qui discutent dans la petite vidéo ? Pascal Génot et moi-même (filmés par Pierre Lafanechère et André Mariaggi).

Les commentaires ? Les vôtres, sur le blog "Corsica Calling" : c'est par ici.

samedi 19 novembre 2011

Voir la vidéo (la discuter si jamais) : Inseme Sera du 18 novembre 2011

Philippe Martinetti et Yann Benard m'ont interviewé lors de l'émission "Inseme sera" du 18 novembre 2011. Ce fut un grand plaisir pour moi, à tel point que je regarde la vidéo en boucle ! (Je plaisante, et je précise que je plaisante car l'écrit sur Internet est très souvent pris au sérieux. En même temps, plus j'écoute ce que nous avons dit et plus je me dis qu'il y a de quoi avoir envie de réécouter ! Vous n'êtes pas obligés d'être d'accord avec moi, bien sûr...).

Voir la vidéo sur le site de France 3 Corse Via Stella.
Voir la vidéo sur Facebook.

Plaisanterie mise à part, je veux ajouter quelques éléments :

- une correction : lorsque mon nom apparaît à l'écran, il est indiqué que je suis "éditeur". C'est une erreur, je "publie" certes des billets sur un blog, mais ce n'est pas vraiment un travail d'éditeur. Car le blog n'est pas une revue au sens strict, avec un comité de lecture, etc... Donc il serait plus juste de remplacer "éditeur" par "animateur de blog".

- je suis très heureux d'avoir pu faire passer des idées qui me tiennent à coeur, je remercie Philippe Martinetti et Yann Benard qui avec leurs questions, relances et "portrait anticonformiste" m'ont donné l'occasion de les préciser. Il était très bienvenu de citer Guitry pour ouvrir une discussion : "Les critiques sont comme les eunuques : ils savent, mais ne peuvent pas." De l'humour, voilà une bonne chose !

- il y a quelque chose que j'aurais aimé dire (mais le temps et la présence d'esprit m'ont manqué) : l'écriture de billets sur le blog est extrêmement agréable, elle permet une très grande liberté et diversité de ton et de forme.

- autre chose : on m'a interrogé sur mes propres écrits (après la 17ème minute), j'ai donc évoqué le seul écrit personnel que j'ai publié chez Albiana, mais je n'ai pas cité son titre - "Un lieu de quatre vents" (2006) - et je n'ai pas cité Adam Nidzgorski, peintre, dont les encres, présentes dans le livre, sont le point de départ de ce texte. Et je corrige une erreur : j'ai indiqué que ce livre n'avait pas eu d'écho critique, or, Patrice Antona et Flavia Mazelin l'on présenté positivement et m'ont invité à en parler sur RCFM (je ne me souviens plus de la date). Mais c'est vrai que c'est le seul écho public que ce livre ait reçu.

- pour finir, voici le passage d'"Ulysse" de Joyce, que j'évoque brièvement, en associant le golfe d'Ajaccio et la baie de Dublin :

—Lend us a loan of your noserag to wipe my razor.

Stephen suffered him to pull out and hold up on show by its corner a dirty crumpled handkerchief. Buck Mulligan wiped the razorblade neatly. Then, gazing over the handkerchief, he said:

—The bard's noserag! A new art colour for our Irish poets: snotgreen. You can almost taste it, can't you?

He mounted to the parapet again and gazed out over Dublin bay, his fair oakpale hair stirring slightly.

—God! he said quietly. Isn't the sea what Algy calls it: a grey sweet mother? The snotgreen sea. The scrotumtightening sea. Epi oinopa ponton. Ah, Dedalus, the Greeks! I must teach you. You must read them in the original. Thalatta! Thalatta! She is our great sweet mother. Come and look.

Stephen stood up and went over to the parapet. Leaning on it he looked down on the water and on the mailboat clearing the harbourmouth of Kingstown.

—Our mighty mother! Buck Mulligan said.

He turned abruptly his grey searching eyes from the sea to Stephen's face.

—The aunt thinks you killed your mother, he said. That's why she won't let me have anything to do with you.

—Someone killed her, Stephen said gloomily.

—You could have knelt down, damn it, Kinch, when your dying mother asked you, Buck Mulligan said. I'm hyperborean as much as you. But to think of your mother begging you with her last breath to kneel down and pray for her. And you refused. There is something sinister in you...

He broke off and lathered again lightly his farther cheek. A tolerant smile curled his lips.

—But a lovely mummer! he murmured to himself. Kinch, the loveliest mummer of them all!

He shaved evenly and with care, in silence, seriously.

Stephen, an elbow rested on the jagged granite, leaned his palm against his brow and gazed at the fraying edge of his shiny black coat-sleeve. Pain, that was not yet the pain of love, fretted his heart. Silently, in a dream she had come to him after her death, her wasted body within its loose brown graveclothes giving off an odour of wax and rosewood, her breath, that had bent upon him, mute, reproachful, a faint odour of wetted ashes. Across the threadbare cuffedge he saw the sea hailed as a great sweet mother by the wellfed voice beside him. The ring of bay and skyline held a dull green mass of liquid. A bowl of white china had stood beside her deathbed holding the green sluggish bile which she had torn up from her rotting liver by fits of loud groaning vomiting.

Traduction en français par Jacques Aubert (édition Gallimard, 2004) :

- File-moi donc ton tire-jus, que j'essuie mon rasoir.

Stephen se laissant faire, Buck Mulligan sortit un mouchoir sale et tout chiffonné qu'il tint par un coin pour l'édification des foules. Il essuya la lame de rasoir avec soin. Puis, contemplant le mouchoir, dit :

- Le tire-jus du barde. Une nouvelle couleur artiste pour nos poètes irlandais : vert-morve. On peut presque la déguster, pas vrai ?

Il monta à nouveau au parapet et contempla les lointains de la baie de Dublin, sa chevelure blonde, chêneclair, légèrement agitée par le vent.

- Bon Dieu, fit-il tranquillement. Est-ce que la mer n'est pas, comme le dit Algy, une mère grande et douce ? La mer vert-morve. La mer serre-burettes. Epi oinopa ponton. Ah, Dedalus, les Grecs. Il faut que je t'apprenne. Il faut que tu les lises dans l'original. Thalatta ! Thalatta ! C'est notre grande et douce mère. Viens voir.

Stephen se leva et s'approcha du parapet. S'y appuyant, il plongea le regard sur l'eau et regarda le paquebot-poste qui doublait l'embouchure du port de Kingstown.

- Notre mère toute-puissante, dit Buck Mulligan.

Brusquement le regard inquisiteur de ses yeux gris, quittant la mer, se tourna vers le visage de Stephen.

- La tante pense que tu as tué ta mère, dit-il. C'est pour ça qu'elle ne veut absolument pas que je te fréquente.

- Quelqu'un l'a tuée, fit Stephen sombrement.

- Tu aurais pu te mettre à genoux, sacrebleu, Kinch, quant ta mère mourante te l'a demandé, fit Buck Mulligan. Je suis hyperboréen tout comme toi. Mais quand on pense que ta mère t'a supplié dans son dernier souffle de t'agenouiller et de prier pour elle. Et que tu as refusé. Tu as quelque chose de sinistre...

Il s'interrompit et étala à nouveau légèrement de la mousse sur son autre joue. Un sourire tolérant lui retroussa les lèvres.

- Mais quel charmant cabot, mumura-t-il à part lui. Kinch, le plus charmant cabot de toute la bande.

Il se rasait à traits unis, avec soin, silencieux, sérieux.

Stephen, un coude posé sur les aspérités du granit, appuya sa paume contre son front et contempla le bord effrangé de sa manche de veste noire et lustrée. Une souffrance, qui n'était pas encore une souffrance d'amour, lui rongeait le coeur. Silencieusement, elle était venue à lui en rêve après sa mort, son corps dévasté flottant dans ses vêtements mortuaires de bure, d'où émanait une odeur de cire et de bois de rose, son haleine, qui s'était penchée sur lui, muette, pleine de reproches, une faible odeur de cendres mouillés. À travers le bord élimé de la manchette il apercevait cette mer saluée comme une grande et douce mère par la voix repue qui se faisait entendre à son côté. Le cercle de la baie et de l'horizon contenait toute une masse liquide d'un vert terne. Un bol de porcelaine blanche était resté près de son lit de mort, qui avait recueilli la bile verte et glaireuse arrachée à son foie pourrissant dans des accès bruyants de vomissements ponctués de gémissements.


dimanche 13 novembre 2011

Annonce : discussion télé avec Philippe Martinetti (sur France 3 Corse)

Quelques mots pour confirmer le titre du billet : Philippe Martinetti, journaliste, m'interviewera ce vendredi 18 novembre 2011, dans son émission "Inseme Sera". L'émission sera diffusée sur France 3 Corse Via Stella le soir même (entre 18 h 30 et 18 h52), et rediffusée le lundi suivant à 11 h35.

Pour ceux qui ne peuvent pas voir l'émission à la tv, il est possible de la regarder sur le mur facebook de Philippe Martinetti.

J'évoquerai le blog "Pour une littérature corse", le livre "Eloge de la littérature corse", les enjeux des discussions que nous essayons de mener ici, etc...

Evidemment si vous avez des questions en préambule à cette émission, n'hésitez pas, ou des remarques ; de même, après l'émission.

lundi 25 octobre 2010

Pierre Bacchelli a lu "Eloge de la littérature corse"


Et je reporte ici, avec le plaisir que vous imaginez, l'ensemble de son point de vue (un immense merci à lui). D'autres critiques positives et négatives (précises, courtoises, vives, polémiques - sans mauvaise foi ni malveillance) sont les bienvenues !

1er message :

J'ai lu une première fois votre livre et je dois vous dire qu'au début où j'ai parcouru la couverture, mes yeux et mes sens sont d'abord descendus dans le bouquet sauvage de ces fleurs "prairiales" aux sépales minières qui l'ornementent et comme tout bon primate j'en ai fouaillé les racines pour ensuite en boire les couleurs, tant à la première lecture presque infante, la conceptualisation de votre ouvrage m'a désarçonné comme une sorte de printemps inconnu.

Puis, je me suis dit aussi bêtement que je vous le livre, ce n'est qu'une compilation, une couture à la rigueur, je préfère "cousure" même si je crée le mot, de plusieurs morceaux de toile et qui plus est d'une géométrie des plus simples, puisqu'il ne s'agirait que d'une géométrie chronologique, aussi tristement simple que celle du temps communément admis de tous.


Je suis donc allé à la postface de M.J.Vinciguerra pour revenir à votre présentation, mais de façon intercalaire et en même temps chevauchante de ma lecture de l'une à l'autre pour déconstruire ce que je prenais pour un simple récit d'exécution.
Et soudain j'ai compris. Je crois avoir compris, et je n'en suis qu'au début de ma deuxième lecture. Votre livre est unique, d'une conceptualisation émouvante (comprenez-le au sens latin) et originale d'un courage d'auteur assez rare pour l'avoir pensé ainsi surtout dans l'actuel devenir de notre langue. Je vous ferai la même remarque que M.Leiris faisait de Tzara, de mémoire, si cette dernière m'abuse, qu'on la pardonne : "Alors que tant de poètes ont l'air de regarder le monde comme s'il n'était fait que pour eux, Tzara est si proche des choses que ses poèmes ont aisément l'allure d'un entrecroisement de soliloques qui jaillissent de toutes parts...". Vous me faites l'effet d'un Michel-Ange énervé par l'ampleur de son plafond, chutant d'excitation et d'enthousiasme de son échelle si "souventement" qu'il se retrouve avec ses genoux égratignés de couleurs dans les yeux.

M. J.Vinciguerra a fait une postface très ouverte avec des mises en garde de vigilance sur l'exercice du blog littéraire très judicieuses. Ses réflexions nommées par lui "de façon cavalière" sont très pertinentes en cela qu'il perçoit bien votre ouvrage comme l'ouverture d'un grand opéra.Vous suscitez en permanence l'échange et les lectures ne sont plus solitaires, même si elles
doivent le rester en partie pour l'eau particulière qu'elles font couler en nous. Comme il le dit d'une autre manière, vous faites sortir la Corse littéraire de sa territorialité et cette sortie en devient grâce à vous son prolongement. Je salue d'autant plus volontiers les morceaux enlevés de M. J. Vinciguerra à propos des "questions de langue" et de "l'imaginaire corse", que grâce à vous certains poètes restent encore des"anfarti". Très brièvement je pense très sincèrement qu'il faut donner à votre livre plus d'audience qu'il n'en a, une"postpublicité" et j'inviterais bien M. J. Vinciguerra, maintenant qu'il a fait une postface à votre ouvrage, à revenir et à contre-courant de lui faire une préface dans un style aussi averti. Puisque, comme il le dit si bien "lisons et relisons". Cela donnerait une dimension plus grande à votre livre qui le mérite largement et une vie plus particulièrement intense à "ce fil d'Ariane" dont vous nous rappelez tant le besoin.

2ème message :

Le lecteur est surpris, votre livre n'est pas une compilation, à plus forte raison une anthologie. Ce n'est pas une somme, pas un "litteratus". Alors de quoi s'agit-il ? De faisceaux de paroles jaillies d'un blog et qui parlent dans un livre? De lecteurs s'adressant à d'autres lecteurs ? Certes il s'agit d'un peu tout cela. Serait-ce tout ? Il serait stupide de le croire.

Votre livre est une fenêtre, une grande fenêtre ouverte, nouvelle, large, vaste et puissante d'horizon, pour celui qui veut se donner la peine de s'y pencher.
Pourquoi une fenêtre ? Parce que ce terme est assez précis pour situer votre ouvrage et assez ouvert pour laisser la place à toute forme d'imagination.

De vos trois raisons à l'édification de ce livre, je ne retiendrai que la
deuxième et la troisième que je cite : "Deuxième raison : le livre serait un objet complémentaire de l'existence numérique du réseau qu'est le blog, en permettant à loisir des lectures et relecture. Ce livre devrait être aussi un objet dont le caractère concret peut servir à tout moment de porte d'entrée vers le blog numérique." Si je n'ai pas cité la première raison c'est qu'elle me sembl ,sinon comprise dans les deux autres, tout au moins diffuse en elles, comme vous le dites :"permettant de manifester une cohérence". "Troisième raison : le livre serait un objet qui assume sa finitude et son existence autonome là où le blog est en évolution potentielle permanente, sous le regard de tous et se repaît d'une existence illusoirement infinie. Le texte proposé par l'auteur serait figé, retrouvant par là un aspect explicitement mortel et donc charnel, mais en même temps offert en pâture au lecteur qui pourrait l'avoir à sa main, en faire façon, lui adjoindre notes et commentaires proprement individuels..."

Je ne vais pas vous rééditer tout ce que je vous ai déjà dit auparavant, je vais
plutôt dire ce qu'a retenu ma compagne mot pour mot : "Pour F.-X. Renucci, le fait de transposer le contenu du blog dans un livre permet de rassembler sous l'oeil d'un lecteur des textes divers et des commentaires, des récits de lecture, produits dans le jaillissement quotidien, de façon à ce qu'il y ait retour critique et distancié, cohérence à redécouvrir sur "la nature, les limites, les effets et les enjeux pour nous tous d'une littérature corse authentique", se nourrissant cependant "comme en miroir" d'autres littératures, en d'autres temps et d'autres lieux. D'une sorte de Journal collectif, qu'est le blog, il veut en faire "la matière d'une réflexion critique et d'un espoir pour l'avenir de la littérature corse".

Lorsque vous dites : "Par ailleurs, je sais combien chaque lecteur se construit son Panthéon personnel d'auteurs et d'oeuvres. Il sera donc loisible de lire l'index des oeuvres et des auteurs cités (170 auteurs, 280 oeuvres) afin de découvrir avec ravissement la présence de son auteur préféré ou avec stupéfaction son absence." Vous venez de lier entre elles deux sensations : le
ravissement et la stupéfaction, ravissement/joie, stupéfaction/colère ou incompréhension. Ces deux émotions sont plus senties, plus continues dans le livre que sur le blog et vous enchaînez : "charge à chacun de venir sur le blog s'il le désire (ce que je souhaite) afin de compléter la liste défaillante et d'alimenter de nouveaux échanges." Vous avez employé un mot-clé qui assure le succès d'un blog de qualité, ECHANGE. Vous donnez une immense possibilité au lecteur d'aller du blog au livre, et du livre au blog. Quelle belle interactivité ! Vous le dites très bien et cela vaut tous les commentaires : "Enfin, vous l'aurez compris, cet ouvrage voudrait être un des objets susceptibles de rendre visible, sur une table, ce que peut être la littérature corse, ce qu'elle peut devenir, mais aussi ce qu'"elle pourra faire dans l'esprit de ses lecteurs et sur la société corse en général." Les mots "rendre visible sur une table" sont particulièrement percutants. Le blog est plus près d'une méthodologie barthésienne du symbole et de la lettre. Le livre épouse mieux "la pensée individuelle et collective", il dit mieux la douleur de l'écriture, il décrit mieux, comme aurait dit en son temps Buffat à propos de Barthes, "les failles qui séparent le sens du vécu".

Vous employez le conditionnel à plusieurs reprises dans votre préface à propos de votre ouvrage. Je crois personnellement que nous pouvons en parler comme d'un acte de grande émotion. L'émotion qui vous anime. Or, l'émotion séduit et impose et devient passion. C'est de cela dont il s'agit. C'est de cela dont vous parlez si bien et dont notre littérature corse a tant besoin. Quelqu'un vous a dit, au lendemain de votre blog : "Era ora!" Oui, il était temps et maintenant il est temps pour votre livre. J'ai dit de votre livre : "fenêtre ouverte" et comme la plupart de toutes les grandes fenêtres, il est une fenêtre-carrefour, "labyrinthique et polyphonique" sur notre littérature et pour elle, sa vie en devenir.


(La photo)

jeudi 27 mai 2010

Table ronde de bloggers corses (22 mai 2010, Bastia)

Eccu issu resucontu (una prova di resucontu, pudete mandà mi cumenti, serà ghjuvevule !)

Eranu invitati :
- Angèle Paoli, pè a so rivista elettronica "Terres de femmes"
- Marcu Biancarelli, pè u so situ persunale "Biancarelli in Barsaglia" è u situ cullettivu "Gazetta di Mirvella"
- Xavier Casanova, pè u so blog "Isularama"
- ed eiu ("Pour une littérature corse" : ghjè quì !)

1ère question : quel(s) désir(s) fut (furent) à l'origine de la création de votre site internet ? Quelle était la part de la Corse dans cette création ?

Angèle Paoli :
- La création de ma revue littéraire a pour origine le désir de prendre la parole pour la donner à mes aïeules qui ne l'avaient pas eue durant leur vie et dont on ne parlait pas. Donc la Corse est au centre de ce désir, dans la Corse, le Cap Corse, dans le Cap, mon village.
- puis il y a eu une évolution de ce premier site "familial" du fait d'une situation de blocage : il y avait peu de documents écrits ou oraux sur ces aïeules. J'ai décidé de me décentrer, ou plutôt de jouer sans cesse entre le dedans et le dehors, d'être en même temps dehors et dedans, sur la frontière.
- quand j'étais sur le Continent, cette revue était un moyen de me guérir de ma nostalgie de la Corse ; maintenant que je vis en Corse, depuis 4 ans, c'est une façon d'aller ailleurs.
- nous sommes trois - Yves Thomas, pour l'édition et le webmastering ; Guidu Antonietti di Cinarca pour la direction artistique et moi-même comme responsable de la rédaction - qui travaillons 6 heures par jour depuis décembre 2004 ; c'est une passion têtue, tenace, pour la Corse, la littérature et l'écriture.
- c'est aussi une façon d'éviter de quémander les éditeurs ; le site est un tremplin mais aussi un lieu de liberté où l'on n'a de compte à rendre à personne ; et puis il faut trouver quelque chose à faire au village quand on ne sait pas garder les bêtes et faire le fromage ; la première question fut donc : est-ce que le village est connecté à Internet ?

Marcu Biancarelli :
- le blog personnel est une vitrine promotionnelle, pour suppléer l'éditeur qui n'était pas en capacité de faire cette promotion. Ainsi l'auteur se prend en main.
- le recours à Internet s'est fait aussi sur fond d'ennui ; mais ce ne fut pas un vrai plaisir de fabriquer ce site-là.
- le site "Gazetta di Mirvella", par contre, me procure beaucoup de plaisir. Il est beaucoup plus collectif. Il s'agit d'un lieu alternatif, où les valeurs sont inversées, l'éloge passe par l'insulte : c'est une franche déconnade. Il s'agit d'éviter l'esprit bien pensant, rigide, trop sérieux. Ce lieu se présente comme une pieve en guerre contre le royaume de Corse dirigé par Pascal Paoli ; cela a commencé en 1759 (nous sommes maintenant en 1760, depuis le 1er janvier 2010) ; dans cette pieve se réunissent des amoureux de l'écriture - en langue corse ou en langue française - qui participent notamment à des concours d'écriture (dernièrement, le concours du "bâton merdeux").
- la Corse est au départ de ces sites, il s'agit d'accueillir une certaine créativité présente sur l'île et que l'on ne voit pas forcément en librairie mais aussi de regarder ailleurs, vers d'autres littératures. On peut citer certaines écritures virtuoses et étonnantes : Mincchjudargenttu ou Stéphane Malachamé. L'outrance est souvent présente, la violence, le pornographique aussi, tous les sentiments humains sauf les sentiments fleur bleue.

Xavier Casanova :
- il y a deux origines à ce blog "Isularama", qui se veut un poste de guet pour regarder la vitalité culturelle en Corse et pour promouvoir les publications de la maison d'édition La Gare :
- tout d'abord, une expérience d'écriture (avec "Codex Corsicae" chez Albiana) qui se solde par une déception devant le manque de valorisation. Le constat cynique et cruel est le suivant : le texte est secondaire, il est prétexte à audience. Il s'agissait donc soit d'assumer cela soit de le détourner. Le détournement est le seul moyen de revenir au contenu du livre. D'où l'aspect décalé des billets du blog, des microvidéos, etc.
- la deuxième source est une expérience dans la presse avec la revue culturelle "Ci simu" (durant 7 numéros). Ce magazine bimensuel avait pour sous-titres : "Isularama" et "Corsicazine". Il s'agissait pour moi que ce magazine soit un support moins d'encensement que de recensement et surtout de critique. Afin de participer au développement de la culture. Or le Web permet une plus grande réactivité et de suivre au jour le jour la créativité culturelle en Corse sans imaginer une usine à gaz pour s'en faire l'écho. Le modèle est "Terres de femmes".
- le blog est un support extraordinaire. Il s'agit de créer un courant d'intérêt suffisant sinon on risque l'épuisement dans le répétitif.

François Renucci :
- j'évoque le fait que le blog "Pour une littérature corse" a été créé pour rendre visible les livres corses par l'intermédiaire des différentes façons dont ils sont lus, par des lecteurs réels, au moyen de billets contenant des "récits de lecture" (au minimum constitués par une citation du livre lu, au maximum par une étude poussée de celui-ci), billets qui idéalement sont ensuite commentés. Depuis janvier 2009, 37 billets (sur les 261) émanent de lecteurs autres que moi-même ; plus de la moitié des 1 900 commentaires aussi. Les discussions sont parfois vives, emportées ; bien des sujets ont suscité des réactions enthousiastes ou outrées.
- la Corse est centrale : le désir porte sur la promotion de la littérature corse, entendue comme l'ensemble des livres qui nourrissent l'imaginaire corse, quelle que soit la langue d'écriture. La conviction est qu'une littérature existe grâce aux lectures réelles et fait ainsi son office dans l'évolution des écritures et des mentalités.

2ème question : êtes-vous satisfaits de l'évolution de votre site internet ? Quelles conséquences en attendez-vous ?

Angèle Paoli :
- Oui, une grande satisfaction, car le site Internet permet d'innover en permanence : par exemple avec l'Anthologie poétique féminine (70 femmes écrivains sélectionnées à ce jour), avec des poèmes inédits, pas forcément par des auteures connues, c'est un lieu d'ouverture qui continuera jusqu'en décembre. Tout cela se fait à moindre coût alors qu'un tirage papier se heurte aux contraintes financières et potentiellement au refus des éditeurs.
- le succès du site "Terres de femmes" (beaucoup de monde le visite, le temps moyen de la visite est de 7 minutes) fait que je reçois beaucoup de livres en service de presse : les auteurs demandent à être présentés car cela assure une audience considérable.
- ce site me permet d'avoir accès aux auteurs vivants.
- à partir de ce site, je mène des ateliers de traductions (notamment avec le Scriptorium de Marseille), des interventions dans divers festivals littéraires (à Montpellier, à Lyon aussi pour présenter Antonella Anedda).
- c'est comme reprendre un travail universitaire mais dégagé du poids des contraintes spécifiques à ce milieu.
- c'est un lieu de reconnaissance et de visibilité.
- c'est un lieu de partage et de proposition : par ewemple, je ne connaissais pas Sylvie Saliceti, il y a quelques mois, et pourtant nous nous sommes trouvés une communauté d'esprit très rapidement ; ce qui fait qu'elle est venue très volontiers, à ma demande, à la soirée de présentation de "Pépé l'Anguille", à Aix-en-Provence, dans les locaux de l'amicale corse. C'est donc une chaîne qui se construit ; un work in progress qui ressemble au bonheur. La revue évolue grâce à une réflexion quotidienne. Les billets sont relus trois fois avant d'être publiés, nous tenons à ce qu'ils soient parfaits pour éviter les erreurs qui se répandent très vite sur le Web.
- C'est une oasis de paix, au contraire d'autres lieux où se déploient des discussions très animées.

Marcu Biancarelli :
- Sur la "Gazetta di Mirvella", c'est bien plutôt la guerre qui est la règle ! Le site est réactif, interactif. Les participants se répondent. C'est un cadavre exquis permanent, jubilatoire, qui détourne les codes. Il n'y a pas d'autre objectif : vient qui veut.
- Il s'agit d'ouvrir un espace de culture alternative, un peu subversive ; cela permet notamment de réveiller la vraie création. À Mirvella, les fautes sont la règle, les grammaires sont réinventées. Je pense au langage créé par Mincchjudargenttu.
- Mais ce n'est pas du militantisme, il n'y a que de la jubilation et on attend qu'il en sorte quelque chose de bon ; c'est vrai qu'un des effets réels du site Internet a été de provoquer des rencontres avec des personnes que je n'aurais normalement jamais croisées. Des talents ont ainsi été découverts, des amitiés sont nées.

Xavier Casanova :
- Satisfaction ? Mais le blog est né de l'insatisfaction ! (c'est ma réponse paradoxale).
- Le blog est pour moi est un lieu qui accueille tous mes excès de créativité, quoi qu'il arrive: c'est une satisfaction autiste, car elle ne dépend pas du fait d'être lu ou pas lu. Cette satisfaction ne se détruira jamais.
- Mais il y a d'autres objectifs : c'est le deuxième niveau de satisfaction. Il s'agit des retours, des réponses, des échanges, des discussions. Cela permet d'aller plus loin et de montrer ce qui est vivant en Corse en matière de culture.
- Or du point de vue de la qualité de ces échanges, le blog "Isularama" n'est pas encore parvenu au niveau de ce qui se passe sur "Terres de femmes" (produit très travaillé, avec un public stable, fidèle, de qualité), sur la "Gazetta di Mirvella" (où des étincelles créent des liens), ou sur "Pour une littérature corse" (où existe un réseau de participants occasionnels ou réguliers).
- Donc, la satisfaction est aussi de voir que nous sommes nombreux à utiliser les outils numériques qui sont des facteurs de changement, d'évolution. Ce sont les satisfactions du devenir.

François Renucci :
- Non, pas de satisfaction totale : je trouve qu'il est encore difficile d'avoir accès au réel des lectures. Cela est plus ou moins empêché par des scrupules, des complexes, des difficultés, des injonctions collectives sur ce qu'il est bon de penser de ceci ou de cela. J'espère donc qu'au fur et à mesure nous atteindrons cet espace de mise en mots des expériences réelles des lecteurs face à tel ou tel livre.
(Je rajoute ceci, que je n'avais pas dit ce jour-là) : Cependant, je suis très satisfait de voir que le blog devient de plus en plus collectif, avec des dizaines de participants. L'idéal pour moi serait que ma part personnelle ne représente pas plus d'un quart des écrits publiés sur le blog (billets et commentaires).

Deux questions dans le public, par un monsieur :

- Question 1 : Je suis un gros lecteur, mais pas un lecteur de blogs. Pour plusieurs raisons : je trouve très difficile de parler des livres qu'on aime, c'est très intime, il faut se livrer ; lorsque quelqu'un parle d'un livre, il y a toujours le risque d'une sorte de terrorisme intellectuel. Qu'en pensez-vous ?

François Renucci :
- Effectivement, parler des livres sur un blog est difficile ou sujet à dérive. C'est justement pour cela qu'il est bon de s'y essayer. La question est aussi : à quelles conditions peut-on se dire tranquillement qu'on n'est pas d'accord ? Certaines des discussions sur le blog "Pour une littérature corse" sont très animées, et cela ne convient pas à tout le monde, cela fait même fuir certains. D'autres m'écrivent ensuite sur mon mail personnel, pour continuer à développer leur point de vue et ensuite je me permets de leur demander si je peux prendre des passages de leur réponse pour les replacer sur le blog ; généralement la réponse est oui, une fois que nous sommes d'accord sur la bienveillance de chacun. La question pour moi est celle de la poursuite du dialogue ; et cela ne peut jamais se faire sans heurts, frictions, malentendus, coups de griffes conscients ou inconscients. (Je ne suis plus très sûr d'avoir répondu cela, je n'ai pas pris de notes pendant que je parlais !)

- Question 2 : Personnellement, je préfère le contact direct, vivant avec les gens et les auteurs. Comment faites-vous pour passer des heures entières de votre journée devant un écran ?

Xavier Casanova :
- Autant poser cette question à un peintre : comment faites-vous pour passer autant de temps devant votre toile ? Il se trouve que l'outil numérique est extraordinaire : il est à la fois téléphone portable, musée, toile et cimaise. Il y a du texte, de la musique, de la vidéo. J'éprouve une fascination certaine pour ces objets.
- Il faut consacrer du temps aussi pour utiliser ces outils d'une façon originale. Il s'agit d'expression visuelle du texte, généralement négligée sur le Web. Ce travail a plusieurs dimensions et le temps passé est aussi celui nécessaire à la résolution de problèmes.

Angèle Paoli et Yves Thomas :
- Les textes choisis s'intègrent dans un autre environnement. Il y a tout un travail informatique, technique, sur des bases de données, parfois détournées. Cela demande des heures de réflexion, comme par exemple pour l'Anthologie poétique féminine qui est en fait un deuxième blog à part entière.

Xavier Casanova :
- Dans tous les cas, il s'agit d'accélérer l'accès aux textes, aux sens, à la poésie, à l'émotion.

Angèle Paoli :
- C'est aussi un travail subversif, qui s'oppose au lavage de cerveau qui prédomine dans les médias, où tout se vaut. Il s'agit de faire des choix, de proposer un autre regard, d'être en attente aussi.

Marcu Biancarelli :
- Oui, il y a de la folie à passer autant de temps devant un écran. Mais c'est inévitable parce que notre travail moderne d'écrivain s'inscrit dans ce champ, qui représente une ouverture infinie.


Et je conclus en remerciant les organisateurs d'Arte Mare, notamment Michèle Corrotti, pour avoir organisé une telle table ronde consacrée pour la première fois au monde littéraire corse sur le Web. J'insiste sur le fait que les quatre invités ne représentent pas à eux seuls tout ce qui se fait dans ce domaine, loin de là ; je cite donc, avec l'aide des autres invités :
- l'association Musa Nostra
- le travail de Stefanu Cesari
- le blog de Norbert Paganelli
- le Foru Corsu
- Corsicapolar
tout en indiquant que cette liste est loin d'être exhaustive et qu'il sera nécessaire de recommencer de tels débats pour réfléchir aux enjeux du monde numérique pour la littérature corse.

(J'ajoute ici et maintenant qu'avant de venir au lycée Jean Nicoli, je suis passé dans la librairie Album et La Librairie des Deux Mondes, et que j'ai acheté le dernier numéro de Bonanova (n° 23) dans lequel vous pouvez trouver deux pages sur la "blogosfera corsa" ou le "web corsofonu", issues d'un travail de Sébastien Quenot : son tableau recense une cinquantaine de sites ! Eccu unu strattu :

"Pari chì oghji ch'hè oghji u finominu di a prisenza di un dì literariu in corsu nantu à Internet fussi propiu di primura."

c'est vrai n'est-ce pas ?).