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jeudi 23 juin 2011

Du relais, du relais ; "una nova lea" cumu dice l'altru...


Eccu dunque un novu bigliettu chì hà da fà leie, chì u tempu pè scrive cio ch'è pensu di certi libri ùn l'aghju mancu à pena...

Allora in furia, eccu certe cose strasurdinarie... :

1. Une immense réunion poétique :
un compte rendu ! un compte rendu ! C'est demain soir !... : voir le billet de Xavier Casanova sur Isularama... (avec au moins 5 ou 6 noms que je n'avais jamais vus : vite, des bios, des biblios !...)

2. Un livre de bande dessinée, ou un livre dessiné, fichtrement étonnant : et que l'on peut lire intégralement sur le Net, c'est relayé ici aussi par Xavier Casanova sur Isularama... : cela s'appelle Klonx Comix, par Antoine-Toussaint Casanova... Ah... un article qui ferait le point sur la production BD insulaire... Ah... qui montrerait sa diversité... qui signifierait des préférences... Ah... le retour de la revue "U Musconu d'Avretu"... ce serait bien... Signalons ici une chronique de M. Biancarelli à propos d'un autre album : "The ballad of Little Monster", pour rester dans le registre des BD étonnantes.

3. Les 17 premières pages d'un "roman d'amour", en langue corse, par un nouvel auteur, Ghjuvan Battìstu Giacomoni : "L'ortu di e mo brame". L'éditeur, Albiana, insiste sur le fait qu'il n'est pas commun de pouvoir lire un "roman d'amour", dans la littérature corse. Allez, tous à vos bibliothèques ou à vos moteurs de recherche : où sont les "romans d'amour" dans la littérature corse (en quelque langue que ce soit), où sont les pages "amoureuses" dans cette littérature ? La littérature corse est-elle enfin "amoureuse de l'amour" ? (Bon, encore faut-il lire ce livre ! Bientôt, bientôt : et vous, vous l'avez peut-être déjà fait ? Vous n'attendez pas que je le fasse pour vous quand même ! Allez, au boulot !).
Mi ramentu di una canzona di i Cantelli : "Ballu è rimengu e mo cule / Tremu di tutte e mo voglie..."...

4. Un nouveau recueil poétique de Norbert Paganelli, "A notti aspetta", chez Colonna éditions (mais le livre n'apparaît pas sur le site de l'éditeur !! Bon il y aura certainement de vrais ouvrages avec des vraies pages, lors de la présentation à la librairie Le Point de Rencontre, le jeudi 30 juin prochain : voir ici...). Encore un livre à lire... et allez...

5. Et puis nous attendons le prochain roman de Marie Ferranti, et aussi la publication de la traduction française de "Murtoriu" (quoi, vous n'avez pas encore lu ZE chef-d'oeuvre de cette littérature ?)... Et puis, et puis... (complétez comme vous voulez : qu'est-ce que vous attendez, vous ? Je ne vous entends pas bien, en ce moment !)

Ed avà piantu quì issa lista, puderia esse infinita ; ma ci vulerebbe chì issa literatura corsa fussi una literatura
letta, da veru è chì ne discutissimu... (bon, ùn sò micca sicuru di e cunghjucazione, ditemi sè mi sbagliu...)

Si vous voulez, vous pouvez relire ce billet après avoir cliqué sur le lien suivant, qui vous amène à écouter une chanson de Gambini Petru, "A lea" (c'est la chanson numéro 4... cela vous rappellera peut-être "Houdini"...)


(l'image)

lundi 26 octobre 2009

Encore un effort ! A propos de "L'intégrale Corse" de Pétillon

Vous le savez (ou peut-être pas encore), le dessinateur humoristique René Pétillon vient de faire paraître "L'intégrale Corse". Le volume de 142 pages comprend tous ses dessins consacrés à la Corse depuis 30 ans.

C'est vraiment drôle, et à déguster par petites touches, car je trouve qu'une lecture continue peut amoindrir la force comique des dessins (on y voit alors se répéter systématiquement les procédés : l'insistance sur la mauvaise foi, les renversements de situation). Un sentiment assez globalement partagé par tous les "personnages" de ces dessins est finalement une calme résignation, mélange d'exaspération et d'adhésion face à une situation inextricable. Le regard de Pétillon conserve ainsi une certaine tendresse, une certaine humanité (on imagine la différence d'avec un dessinateur comme Cardon, dont on sent que c'est un rire de colère qui l'anime). (Vous n'êtes peut-être pas d'accord ?)

Mais je voudrais revenir plus précisément sur la préface de l'ouvrage, écrite par la journaliste Ariane Chemin. Une chose m'a fait sursauter, même si en relisant aujourd'hui son texte introductif, j'ai un peu révisé mon jugement.

Il se trouve que le passage qui m'a gêné est aussi en quatrième de couverture (ce qui peut commercialement se comprendre), dans une version légèrement différente.

Voici les deux passages :

"Sa chronique de la Corse contemporaine renoue avec les récits folkloriques de Mérimée (l'homme qui a mis l'île à la mode), de Maupassant et d'Alexandre Dumas - encore un pinzutu qui n'avait jamais même posé un pied en Corse." (Quatrième de couverture.)

"Les bulles de René, pour dire la vérité de la Corse ! Volens nolens, l'homme est devenu une référence insulaire. Comme L'Enquête corse, cette Intégrale servira de vade-mecum de la Corse contemporaine, après les récits de Maupassant, Mérimée, ou d'Alexandre Dumas - encore un pinzutu qui n'avait même jamais posé un pied sur l'île." (Préface, page 11.)

Pourquoi ces références anachroniques aux auteurs français du XIXème siècle ?

Il est vrai qu'elles sont contrebalancées par le rapprochement du travail de Pétillon avec des éléments corses, qui d'ailleurs sont intéressants pour mieux apprécier le travail du dessinateur :

- "Et si la sympathie des Corses pour Pétillon venait de là ? En troussant l'idiot intelligent (il s'agit de Jack Palmer), l'imbécile malin - le personnage si méditerranéen de Grossu Minutu -, le dessinateur se moque de tout, y compris de l'envoyé spécial." (page 8.)

- "Pétillon a su aussi saisir l'amour de ces îliens pour les clichés et leur goût pour le jeu de rôle. Les Corses jouent aux Corses et ne sont pas dupes des personnages qu'ils fabriquent." (page 9.)

- "Dans un dessin de l'ami Batti, on voit un Corse chercher son cousin pour "lui remettre deux figatelli et une BD". Vous reprendrez bien un peu de Pétillon avec vos saucisses de foie ?" (page 11.)

Mais tout de même, il est presque désespérément significatif de voir qu'en 2009, c'est encore une littérature du XIXème siècle que l'on convoque comme référence ! Ariane Chemin doit pourtant savoir combien de nombreux livres écrits depuis Mérimée et Maupassant, souvent par des Corses, ont oeuvré pour "dire la vérité de la Corse". Surtout concernant la "Corse contemporaine".

Pourquoi ne pas signaler - même en passant - que le travail de Pétillon vient s'ajouter à un ensemble beaucoup plus riche et original (inclure ici la liste des auteurs et des livres qui vous semblent consituer cet ensemble, par exemple, pour rester dans l'ordre des oeuvres critiques et comiques : "Le peuple du quad" de Marcu Biancarelli, "Cunniscenza di u corpu umanu" des Cantelli, ou "Captain Corsica" de Filippu Antonetti) ?

Tout de même, relisant les gags de Pétillon, vraiment très drôles, je me suis arrêté sur l'un d'eux. Il se trouve page 30 et est intitulé "Attentat contre le Secrétariat général aux Affaires corses". (Je me dis qu'il peut remplacer la vidéo maintenant introuvable de l'INA que je citais dans un précédent billet). Sur ce dessin, les deux cagoulés auteurs de l'attentat tournent nonchalamment le dos aux lieux du crime - des vitres brisées, des dizaines de papiers dans les airs et finissant par couvrir le sol - et l'un des deux dit à l'autre, en tenant un de ces papiers, quelque peu roussi : "TIENS... ÇA PARLE DE TOI..."

Il reste encore à savoir ce qu'il pouvait bien y avoir d'écrit sur ce papier du Secrétariat général aux Affaires corses... De la littérature corse contemporaine et bien vivante, certainement !

(AJOUT DU 8 NOVEMBRE 2009 : Je signale ici un billet du site Corsicapolar qui remarquait la parution de l'ouvrage de Pétillon et qui contient un lien vers un reportage télévisé donnant la parole à René Pétillon ("plaisantin sans complaisance") et Ariane Chemin ; cela peut alimenter la discussion).