Magà Ettori, organisateur, avec l'Observatoire régional de la culture corse, de ces premières Assises (d'autres suivront normalement dans un an), avait bien fait les choses pour que les participants puissent énoncer leurs points de vue, soit en séance plénière, soit dans des ateliers et pour découvrir un certain nombre de parcours artistiques ou d'expériences d'entreprises culturelles intéressantes.
Les trois ateliers étaient les suivants :
1. Quel modèle de développement culturel pour la Corse ?
2. Comment replacer le créateur au centre du processus culturel ?
3. La culture corse a-t-elle une place dans la sphère médiatique globalisée ?
Des comptes rendus et des traces vidéos sont prévus pour l'automne. Je les attends comme vous et ce billet n'est pas une tentative de compte rendu.
J'ai participé au troisième atelier et je veux revenir ici sur certains points qui ont été discutés. Je dois dire que j'ai apprécié l'ensemble de l'après-midi, le sérieux avec lequel les animateurs et les participants ont fait part de leurs expériences et points de vue.
Personnellement, je trouve toujours intéressant qu'une partie de la "société civile" (c'est-à-dire des gens qui officient dans tel ou tel domaine) prennent ainsi des initiatives pour remettre l'ouvrage sur le métier de façon publique et ouverte.
Ce qui ne doit absolument pas empêcher chacun de ne pas être d'accord sur telle proposition ou analyse, bien sûr.
Donc voici quelques points :
Mon propos
Les productions artistiques corses n'auront pas de place dans les médias globalisés (presse radios télés internet nationaux ou internationaux) tant que des distinctions de qualité de ces œuvres ne seront pas dites publiquement et discutées publiquement. Il faut que nous puissions, en Corse, faire ce tri, de façon calme et argumentée, car tout le monde a à y gagner : les artistes savent précisément comment sont reçues leurs œuvres et peuvent en tenir compte ou non en connaissance de cause, les œuvres s'enrichissent de tous ces points de vue variés ou contradictoires, les lecteurs/spectateurs apprennent à préciser leurs avis et à les faire évoluer dans la discussion publique.
Des désavantages d'une parole hégémonique
Véronique Emmanuelli, journaliste à La Corse Votre Hebdo, a utilisé un argument que je n'avais pas encore entendu (à côté de ceux plus classiques de la société de proximité qu'est la société corse et du besoin de soutenir toutes les productions d'une culture encore fragile). C'est l'argument d'une parole hégémonique qui est en déséquilibre par rapport aux autres : La Corse Votre Hebdo est tiré à 50 000 exemplaires et tous les autres organes de presse (hebdomadaires, mensuels, trimestriels, semestriels ou annuels) sont loin d'avoir le même impact. Il n'y a donc pas de vrai dialogue possible entre critiques littéraires, car les effets de leurs articles sont incomparables. Madame Emmanuelli à donc mis l'accent sur l'intérêt des forums sur internet, notamment sur le site de Corse-Matin/La Corse Votre Hebdo, où la parole se libère, certes avec des risques de dérapages et a signalé que l'espace médiatique corse manque d'un magazine exclusivement littéraire et artistique.
Un désir attisé
Donc, je me dis, ce dont nous parlons depuis longtemps maintenant va certainement voir le jour dans les mois à venir : un magazine littéraire et artistique sur Internet, proposant systématiquement des avis contradictoires sur des œuvres (et non des personnes), avis sincères, développés, argumentés, ouverts à la discussion avec les lecteurs, avis qui proposent des choix, des préférences, qui opèrent des distinctions tout en sachant, je le répète, que ces distinctions sont absolument discutables.
Si d'autres ne le font pas avant moi, je créerai un nouveau site, avec un certain nombre d'autres personnes partageant ces principes, histoire de partager et de mettre en question nos enthousiasmes, nos bonnes surprises, nos déceptions et nos refus. Je le répète, je pense sincèrement que tout le monde a à y gagner, non ?
Ce blog est destiné à accueillir des points de vue (les vôtres, les miens) concernant les oeuvres corses et particulièrement la littérature corse (écrite en latin, italien, corse, français, etc.). Vous pouvez signifier des admirations aussi bien que des détestations (toujours courtoisement). Ecrivez-moi : f.renucci@free.fr Pour plus de précisions : voir l'article "Take 1" du 24 janvier 2009 !
Affichage des articles dont le libellé est Magà Ettori. Afficher tous les articles
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samedi 28 juillet 2012
samedi 31 décembre 2011
Et toujours grâce à Corse-Matin... une discussion
Un dernier billet pour le dernier jour de l'année 2011. Ce sera pour relayer une discussion, qui se poursuivra peut-être sur Facebook ou ici, comme vous voudrez.
De quoi sera-t-il question ? Comment ? De Corse et de littérature ? Encore ??!
È perchè no ? ùn serà micca impurtantissimu issu sugettu ?
Situons l'enjeu : un de nos auteurs les plus importants (vous le saviez déjà... mais peut-être n'êtes-vous pas d'accord - entre parenthèses, maintenant, j'hésite à écrire cette phrase tellement elle sert à me brocarder sur la Gazetta di Mirvella... où il s'en passe de belles, en ce moment, vous avez vu ?), un de nos auteurs les plus importants, disais-je, est interviewé par le journaliste Pierre Ciabrini dans le cadre des bilans de l'année écoulée : alors, propos revigorants et pertinents ou idées "conformistes et démagogiques" (selon un des participants à la discussion), ou encore occasion manquée d'évoquer précisément les livres importants de l'année ? Ou bien encore l'article est-il utile s'il ne propose pas de modalités d'actions concrètes pour susciter un "printemps corse" ? Et une "révolte" (contre les blocages politiques, sociaux et mentaux de la société insulaire) est-elle possible en Corse ?
Voici le lien vers l'article : Marcu Biancarelli interviewé par Pierre Ciabrini, plusieurs commentaires ont là aussi entamé une discusion (quand le lien ne fonctionnera plus, envoyez-moi un message et je vous enverrai le texte que j'ai sauvegardé dans un fichier).
Et voici le lien vers la page Facebook de Francesca Graziani, où a démarré la discussion.
Evidemment, je ne vous souhaite pas de belle dernière journée de cette année 2011, ni d'entamer sous les meilleurs auspices l'année 2012 !!
(Bon, il n'y a pas que MB dans la création corse contemporaine : voyez La Corse Votre Hebdo de vendredi dernier qui propose aussi une page sur Pierre Gambini (souvent évoqué ici), une sur Francescu Raffaelli (j'avais vu une partie de son travail de lecture des "Confessions" de Saint-Augustin, à Aix, travail périlleux, qui m'a parfois ennuyé, mais parfois aussi fasciné et surtout donné envie de lire enfin ce texte fou) et une autre sur Magà Ettori et son travail cinématographique et autour du cinéma en Corse (encore rien vu de ses productions, dommage qu'on ne puisse rien voir vraiment, à part quelques bande-annonces ou mini courts-métrages, sur Internet ; j'aimerais pouvoir me faire une idée personnelle de ce travail et en discuter, surtout que pour l'instant, le peu que j'ai vu ne m'a pas convaincu ni emballé, ni les idées de scénarios ni les images effectivement produites, affaire à suivre tout de même, car la démarche est très volontariste et ambitieuse, l'important est donc de ne pas rejeter a priori et ensuite d'accepter toutes les critiques (honnêtes et argumentées), non ?).
De quoi sera-t-il question ? Comment ? De Corse et de littérature ? Encore ??!
È perchè no ? ùn serà micca impurtantissimu issu sugettu ?
Situons l'enjeu : un de nos auteurs les plus importants (vous le saviez déjà... mais peut-être n'êtes-vous pas d'accord - entre parenthèses, maintenant, j'hésite à écrire cette phrase tellement elle sert à me brocarder sur la Gazetta di Mirvella... où il s'en passe de belles, en ce moment, vous avez vu ?), un de nos auteurs les plus importants, disais-je, est interviewé par le journaliste Pierre Ciabrini dans le cadre des bilans de l'année écoulée : alors, propos revigorants et pertinents ou idées "conformistes et démagogiques" (selon un des participants à la discussion), ou encore occasion manquée d'évoquer précisément les livres importants de l'année ? Ou bien encore l'article est-il utile s'il ne propose pas de modalités d'actions concrètes pour susciter un "printemps corse" ? Et une "révolte" (contre les blocages politiques, sociaux et mentaux de la société insulaire) est-elle possible en Corse ?
Voici le lien vers l'article : Marcu Biancarelli interviewé par Pierre Ciabrini, plusieurs commentaires ont là aussi entamé une discusion (quand le lien ne fonctionnera plus, envoyez-moi un message et je vous enverrai le texte que j'ai sauvegardé dans un fichier).
Et voici le lien vers la page Facebook de Francesca Graziani, où a démarré la discussion.
Evidemment, je ne vous souhaite pas de belle dernière journée de cette année 2011, ni d'entamer sous les meilleurs auspices l'année 2012 !!
(Bon, il n'y a pas que MB dans la création corse contemporaine : voyez La Corse Votre Hebdo de vendredi dernier qui propose aussi une page sur Pierre Gambini (souvent évoqué ici), une sur Francescu Raffaelli (j'avais vu une partie de son travail de lecture des "Confessions" de Saint-Augustin, à Aix, travail périlleux, qui m'a parfois ennuyé, mais parfois aussi fasciné et surtout donné envie de lire enfin ce texte fou) et une autre sur Magà Ettori et son travail cinématographique et autour du cinéma en Corse (encore rien vu de ses productions, dommage qu'on ne puisse rien voir vraiment, à part quelques bande-annonces ou mini courts-métrages, sur Internet ; j'aimerais pouvoir me faire une idée personnelle de ce travail et en discuter, surtout que pour l'instant, le peu que j'ai vu ne m'a pas convaincu ni emballé, ni les idées de scénarios ni les images effectivement produites, affaire à suivre tout de même, car la démarche est très volontariste et ambitieuse, l'important est donc de ne pas rejeter a priori et ensuite d'accepter toutes les critiques (honnêtes et argumentées), non ?).
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