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dimanche 18 novembre 2012

Parlons de Jérôme Ferrari et de littérature corse (Aix, 1er décembre 2012, 18 h, Librairie Goulard)

Vous avez quinze jours pour préparer vos questions : le samedi 1er décembre 2012, à 18 h, à la librairie Goulard à Aix-en-Provence (sur le Cours Mirabeau) - que je remercie encore - nous allons discuter, si vous le voulez bien, de plusieurs sujets :

1. Le prix Goncourt remis à Jérôme Ferrari pour son "Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud, 2012)

2. Les conséquences d'un tel prix sur la "littérature corse".

Cela fait des années que nous sommes tout de même assez nombreux à évoquer de tels sujets, c'est une occasion rêvée pour y revenir, avec le sourire, et un sacré enthousiasme dans le coeur !

Le 7 novembre 2012 est une date importante pour la littérature corse, nous allons ensemble essayer - en partant de cet événement-là - d'égrener d'autres dates importantes, d'autres titres d'ouvrages et de textes, d'autres noms d'auteur qui font toute la "riche diversité" de la littérature corse. Je vous attends !

"Riche diversité" est une citation d'une chronique de Marc Biancarelli, autre écrivain majeur de la littérature corse (je le répète pour ceux qui viendraient sur le blog pour la première fois), chronique publiée dans le Libération daté samedi 17 et dimanche 18 novembre 2012. C'est une parfaite introduction à notre prochaine discussion du 1er décembre. Je voudrais en citer plusieurs passages, comme apéritif. (Ah, et si certains d'entre vous ne peuvent pas venir, n'hésitez pas à me faire parvenir vos questions et remarques par Internet : en commentaire de ce billet ou sur mon mail : f.renucci@free.fr)

Avant les citations, une dernière chose, je signale que nous pourrons bientôt voir sur Internet l'émission Via Cultura du vendredi 16 novembre 2012, diffusée sur France 3 Corse Via Stella, avec les animateurs et chroniqueurs Delphine Leoni et Sébastien Bonifay et les invités Marcu Biancarelli et Laure Limongi, écrivaine et éditrice : il y est question du... prix Goncourt remis à Jérôme Ferrari, bien sûr : voir par ici.

Les citations de la chronique de Marc Biancarelli, maintenant, intitulée "Le génie créateur de la Corse" (ça en jette comme titre, non ?) :

"D'évidence quelque chose vient de se jouer là, qui relève d'un besoin légitime d'entendre parler de l'île autrement qu'au travers de la barbarie mafieuse qui l'étrangle au quotidien. Ce prix dit quelque chose qui méritait d'être entendu : il y a en Corse une immense majorité de gens normaux, et aussi des créateurs exceptionnels qui savent porter vers l'universel leur génie spécifique."

"Je finis avec un truc qui me tient à coeur : c'est de littérature corse dont je voulais parler. On parle bien de littérature irlandais, alors je vois pas pourquoi on pourrait pas parler de littérature corse. Pour les ignares, je dirai que c'est une littérature qui s'écrit depuis le Moyen Âge, et qui s'exprime en latin, en italien, en corse, en français, et j'espère un jour en arabe littéraire ou en berbère. Ça donnera sans doute des maux de tête à Chevènement et à divers autres jacobins, mais ça confortera l'idée que la richesse est dans la diversité.
Le cru 2012 a été assez exceptionnel. Je le pense. Les auteurs qui ont publié cette année des textes de grande qualité se nomment entre autres Sylvana Périgot, Laure Limongi, Marie Ferranti, Paul Desanti, Patrizia Gattaceca ou encore Etienne Cesari. Je manque de place pour l'exhaustivité, mais tous, dans des maisons d'édition de différents standings, en Corse, à Paris et même à New-York, témoignent d'une Corse qui s'exprime par les arts et compense parfois une parole politique défaillante. Ça n'est pas une littérature de béni-oui-oui, mais elle raconte des mondes, et un monde en particulier, mieux qu'aucun anthropologue n'en parlera jamais. Un des mérites - et pas le moindre - du prix Goncourt de Jérôme sera aussi de nous permettre de faire entendre, par-delà les tragédies et le sang, les voix qui disent un pays de créativité, d'espoir, et peut-être un jour aussi de paix."

Dite a vostra !

samedi 17 mars 2012

"Eloge de la littérature corse", lu par Annie Drimaracci

Merci donc infiniment à Annie Drimaracci (dont il fut question ici et ici sur ce blog) pour cette lecture, si précise et personnelle du livre de ce blog, "Eloge de la littérature corse". A discuter, bien sûr.

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J'ai enfin lu votre Eloge de la Littérature Corse, pardonnez-moi d'avoir mis si longtemps à vous faire signe ; je vous avais promis que je vous donnerais mon avis avec la même sincérité que vous m'aviez donné le vôtre, donc le voici à bâtons rompus.

- "E-Li-Co"...ou Eloge de la Littérature Corse...chemin faisant dans ma lecture, j'ai rencontré tellement de pistes à suivre, de références de livres et de réflexions autour de ces livres, que le mot "Oulipo" m'est venu...Oui, ce blog, lu de façon linéaire, m'ouvre tellement de possibles, fait naître tellement d'envies de lectures, que je me suis dit qu'il était pour moi, en tant que lectrice, un véritable "ouvroir de littérature potentielle", d'où par glissement, l'envolée de "l'E-Li-Co" !

- Ce blog devenu livre m'a tout de même fait sonder la profondeur de mon ignorance - je l'avais déjà évoquée devant vous- en matière de littérature corse. Mais une fois la honte de cette méconnaissance surmontée, j'ai éprouvé une vraie joie à l'idée de tout ce que j'avais à découvrir. Cette perspective est très stimulante et réconfortante. C'est Sénèque je crois qui disait que toute chose a deux poignées, aussi faut-il savoir saisir la bonne. J'ai lu récemment La Lettre Ecarlate... Rien à voir bien sûr avec la littérature Corse, mais après m'être demandé comment j'avais pu si longtemps passer à côté de ce texte, je me suis réjouie de cette rencontre tardive.

- En lisant rétrospectivement le livre-blog, je trouve que l'on a aussi l'impression d'arriver après la bataille, on ne peut s'empêcher de regretter de ne pas avoir suivi vos traces de lecture au moment où vous les donniez, on suit avec intérêt les échanges qui ont eu lieu, mais un peu hors-champ, et l'on se dit qu'à tel ou tel moment, on aurait bien aimé ajouter un peu son grain de sel ! Autre sentiment pour moi, la "pinzuta" d'être toujours "à côté", incapable que je suis d'écrire, parler, comprendre la langue corse. Mais -saisissons la bonne poignée ! - j'ai lu de nombreux échanges et commentaires en Corse, et j'ai adoré cette langue écrite, je l'ai apprivoisée, et curieusement mieux comprise que lorsque je l'entends parler. Premiers pas donc, peut-être, vers une exploration plus approfondie et une vraie rencontre. Un jour je l'espère, je prendrai, j'aurai le temps de cet apprentissage.

- J'ai aimé les échanges avec Marcu Biancarelli, à côté de qui je m'étais trouvée l'été dernier lors d'une journée du livre corse à Lévie. Et j'ai trouvé beaucoup d'humanité et de simplicité dans ce qu'il écrit dans le blog.

- La postface de M-J Vinciguerra est superbe. Quel homme brillant et érudit !

- J'ai aimé la liberté de ton et la qualité de votre réflexion. On entre de plain pied dans une pensée profondément littéraire mais limpide, accessible, sans aucune ostentation, sans le moindre "intellectualisme", votre approche est fraîche, vivifiante, accueillante. Je me suis dit que vous apportiez quelque chose de vraiment particulier. Ne seriez-vous à la littérature corse et au blog littéraire ce que Philippe Lejeune est à l'autobiographie ? J'ai perçu des points communs dans le ton, la bienveillance, l'ouverture d'esprit, l'écriture.

- J'ai été particulièrement intéressée par le questionnement qui revient souvent autour de la définition de la littérature corse. Vous aviez d'ailleurs abordé cette question en janvier à Aix. J'apprécie beaucoup votre vision très humaniste et généreuse de ce qu'est cette littérature. Le contraire du repli sur soi, et dans le même temps, une compréhension et un respect profonds à la fois pour sa singularité et sa diversité.

- J'avais je crois d'autres choses à dire mais elles m'ont pour le moment échappé ! A suivre, donc !

Merci pour ce beau voyage et pour les désirs qu'il me donne d'aller plus loin.

Ah oui, l'autre chose que je voulais dire m'est revenue à l'instant...
Cette façon que vous avez d'interroger en profondeur, de creuser cette question de ce qu'est la littérature corse, fait écho à une question qui est au centre de mes préoccupations et interrogations du moment : quels sont, de façon plus générale, les rapports entre l'écriture et la notion d'insularité ? Je veux dire -pardonnez-moi si ce n'est pas très clairement exprimé- toute démarche d'écriture n'est-elle pas insulaire, l'île étant alors la métaphore même de l'écriture ? D'autres bien plus virtuoses que moi ont déjà dû plancher sur le sujet, mais j'avoue que je tourne d'autant plus autour de cette question que j'écris beaucoup plus facilement lorsque je suis en Corse que sur le continent et que ce constat a fait surgir un certain nombre de réflexions à ce sujet...Ce qui ferait ainsi la singularité et l'intensité, ou la densité de la littérature corse en ce qu'elle serait insulaire à double titre, par sa nature même de littérature, et par son identité corse...Qu'en pensez-vous ?

samedi 19 novembre 2011

Voir la vidéo (la discuter si jamais) : Inseme Sera du 18 novembre 2011

Philippe Martinetti et Yann Benard m'ont interviewé lors de l'émission "Inseme sera" du 18 novembre 2011. Ce fut un grand plaisir pour moi, à tel point que je regarde la vidéo en boucle ! (Je plaisante, et je précise que je plaisante car l'écrit sur Internet est très souvent pris au sérieux. En même temps, plus j'écoute ce que nous avons dit et plus je me dis qu'il y a de quoi avoir envie de réécouter ! Vous n'êtes pas obligés d'être d'accord avec moi, bien sûr...).

Voir la vidéo sur le site de France 3 Corse Via Stella.
Voir la vidéo sur Facebook.

Plaisanterie mise à part, je veux ajouter quelques éléments :

- une correction : lorsque mon nom apparaît à l'écran, il est indiqué que je suis "éditeur". C'est une erreur, je "publie" certes des billets sur un blog, mais ce n'est pas vraiment un travail d'éditeur. Car le blog n'est pas une revue au sens strict, avec un comité de lecture, etc... Donc il serait plus juste de remplacer "éditeur" par "animateur de blog".

- je suis très heureux d'avoir pu faire passer des idées qui me tiennent à coeur, je remercie Philippe Martinetti et Yann Benard qui avec leurs questions, relances et "portrait anticonformiste" m'ont donné l'occasion de les préciser. Il était très bienvenu de citer Guitry pour ouvrir une discussion : "Les critiques sont comme les eunuques : ils savent, mais ne peuvent pas." De l'humour, voilà une bonne chose !

- il y a quelque chose que j'aurais aimé dire (mais le temps et la présence d'esprit m'ont manqué) : l'écriture de billets sur le blog est extrêmement agréable, elle permet une très grande liberté et diversité de ton et de forme.

- autre chose : on m'a interrogé sur mes propres écrits (après la 17ème minute), j'ai donc évoqué le seul écrit personnel que j'ai publié chez Albiana, mais je n'ai pas cité son titre - "Un lieu de quatre vents" (2006) - et je n'ai pas cité Adam Nidzgorski, peintre, dont les encres, présentes dans le livre, sont le point de départ de ce texte. Et je corrige une erreur : j'ai indiqué que ce livre n'avait pas eu d'écho critique, or, Patrice Antona et Flavia Mazelin l'on présenté positivement et m'ont invité à en parler sur RCFM (je ne me souviens plus de la date). Mais c'est vrai que c'est le seul écho public que ce livre ait reçu.

- pour finir, voici le passage d'"Ulysse" de Joyce, que j'évoque brièvement, en associant le golfe d'Ajaccio et la baie de Dublin :

—Lend us a loan of your noserag to wipe my razor.

Stephen suffered him to pull out and hold up on show by its corner a dirty crumpled handkerchief. Buck Mulligan wiped the razorblade neatly. Then, gazing over the handkerchief, he said:

—The bard's noserag! A new art colour for our Irish poets: snotgreen. You can almost taste it, can't you?

He mounted to the parapet again and gazed out over Dublin bay, his fair oakpale hair stirring slightly.

—God! he said quietly. Isn't the sea what Algy calls it: a grey sweet mother? The snotgreen sea. The scrotumtightening sea. Epi oinopa ponton. Ah, Dedalus, the Greeks! I must teach you. You must read them in the original. Thalatta! Thalatta! She is our great sweet mother. Come and look.

Stephen stood up and went over to the parapet. Leaning on it he looked down on the water and on the mailboat clearing the harbourmouth of Kingstown.

—Our mighty mother! Buck Mulligan said.

He turned abruptly his grey searching eyes from the sea to Stephen's face.

—The aunt thinks you killed your mother, he said. That's why she won't let me have anything to do with you.

—Someone killed her, Stephen said gloomily.

—You could have knelt down, damn it, Kinch, when your dying mother asked you, Buck Mulligan said. I'm hyperborean as much as you. But to think of your mother begging you with her last breath to kneel down and pray for her. And you refused. There is something sinister in you...

He broke off and lathered again lightly his farther cheek. A tolerant smile curled his lips.

—But a lovely mummer! he murmured to himself. Kinch, the loveliest mummer of them all!

He shaved evenly and with care, in silence, seriously.

Stephen, an elbow rested on the jagged granite, leaned his palm against his brow and gazed at the fraying edge of his shiny black coat-sleeve. Pain, that was not yet the pain of love, fretted his heart. Silently, in a dream she had come to him after her death, her wasted body within its loose brown graveclothes giving off an odour of wax and rosewood, her breath, that had bent upon him, mute, reproachful, a faint odour of wetted ashes. Across the threadbare cuffedge he saw the sea hailed as a great sweet mother by the wellfed voice beside him. The ring of bay and skyline held a dull green mass of liquid. A bowl of white china had stood beside her deathbed holding the green sluggish bile which she had torn up from her rotting liver by fits of loud groaning vomiting.

Traduction en français par Jacques Aubert (édition Gallimard, 2004) :

- File-moi donc ton tire-jus, que j'essuie mon rasoir.

Stephen se laissant faire, Buck Mulligan sortit un mouchoir sale et tout chiffonné qu'il tint par un coin pour l'édification des foules. Il essuya la lame de rasoir avec soin. Puis, contemplant le mouchoir, dit :

- Le tire-jus du barde. Une nouvelle couleur artiste pour nos poètes irlandais : vert-morve. On peut presque la déguster, pas vrai ?

Il monta à nouveau au parapet et contempla les lointains de la baie de Dublin, sa chevelure blonde, chêneclair, légèrement agitée par le vent.

- Bon Dieu, fit-il tranquillement. Est-ce que la mer n'est pas, comme le dit Algy, une mère grande et douce ? La mer vert-morve. La mer serre-burettes. Epi oinopa ponton. Ah, Dedalus, les Grecs. Il faut que je t'apprenne. Il faut que tu les lises dans l'original. Thalatta ! Thalatta ! C'est notre grande et douce mère. Viens voir.

Stephen se leva et s'approcha du parapet. S'y appuyant, il plongea le regard sur l'eau et regarda le paquebot-poste qui doublait l'embouchure du port de Kingstown.

- Notre mère toute-puissante, dit Buck Mulligan.

Brusquement le regard inquisiteur de ses yeux gris, quittant la mer, se tourna vers le visage de Stephen.

- La tante pense que tu as tué ta mère, dit-il. C'est pour ça qu'elle ne veut absolument pas que je te fréquente.

- Quelqu'un l'a tuée, fit Stephen sombrement.

- Tu aurais pu te mettre à genoux, sacrebleu, Kinch, quant ta mère mourante te l'a demandé, fit Buck Mulligan. Je suis hyperboréen tout comme toi. Mais quand on pense que ta mère t'a supplié dans son dernier souffle de t'agenouiller et de prier pour elle. Et que tu as refusé. Tu as quelque chose de sinistre...

Il s'interrompit et étala à nouveau légèrement de la mousse sur son autre joue. Un sourire tolérant lui retroussa les lèvres.

- Mais quel charmant cabot, mumura-t-il à part lui. Kinch, le plus charmant cabot de toute la bande.

Il se rasait à traits unis, avec soin, silencieux, sérieux.

Stephen, un coude posé sur les aspérités du granit, appuya sa paume contre son front et contempla le bord effrangé de sa manche de veste noire et lustrée. Une souffrance, qui n'était pas encore une souffrance d'amour, lui rongeait le coeur. Silencieusement, elle était venue à lui en rêve après sa mort, son corps dévasté flottant dans ses vêtements mortuaires de bure, d'où émanait une odeur de cire et de bois de rose, son haleine, qui s'était penchée sur lui, muette, pleine de reproches, une faible odeur de cendres mouillés. À travers le bord élimé de la manchette il apercevait cette mer saluée comme une grande et douce mère par la voix repue qui se faisait entendre à son côté. Le cercle de la baie et de l'horizon contenait toute une masse liquide d'un vert terne. Un bol de porcelaine blanche était resté près de son lit de mort, qui avait recueilli la bile verte et glaireuse arrachée à son foie pourrissant dans des accès bruyants de vomissements ponctués de gémissements.


dimanche 17 juillet 2011

"Eloge de la littérature corse", dans Corse-Matin

Merci d'abord à Jean-Paul Cappuri pour l'article sur "Eloge de la littérature corse", paru dans le Corse-Matin d'aujourd'hui (dimanche 17 juillet 2011).

Comme indiqué dans un billet précédent, Corse-Matin, les représentants du pastis 51 et les éditions Albiana sont venus samedi à Campile dans le cadre de la tournée des "51 villages de Corse-Matin". Quatre articles pour mettre en évidence l'histoire, les gens, les atouts (notamment associatifs) et les difficultés de mon village.

Ce fut un plaisir de voir sur la place de l'Eglise une table avec les livres d'Albiana. De pouvoir feuilleter. Et discuter. J'ai acheté d'ailleurs le premier volume de la nouvelle collection "La Corse au siècle des Lumières", l'édition et la traduction française par Evelyne Luciani de deux textes écrits en italien en 1730, au sujet du sac de Bastia par les Corses (dont un "poème épique anonyme"... passionnant pour la littérature contemporaine...) : "1729, les Corses se rebellent".

Je reviens ici très rapidement sur l'article de Jean-Paul Cappuri qui me donne la parole et évoque le blog "Pour une littérature corse" ainsi que sa version papier "Eloge de la littérature corse".

Simplement, je ne pense pas, comme il est gentiment écrit, que cet ouvrage ("Eloge de la littérature corse") soit appelé à "faire autorité" sur le sujet de la littérature corse. Ce n'est pas par modestie que je dis cela, c'est un fait : ce livre avance des intuitions, des propositions, des points de vue dont l'objectif est d'être discutés, et non pris pour argent comptant. Ce sont des libres propos, à "sauts et à gambade" pour reprendre l'expression de Montaigne et non une vraie Histoire de la littérature corse ni même un Essai en bonne et due forme sur ce sujet.

Mon désir est donc plutôt que ce livre "participe" au débat sur la littérature corse. Avec les autres "participants" de la vie littéraire insulaire (lecteurs d'ici et d'ailleurs, associations, sites et blogs, médias, libraires, bibliothécaires, institutions politiques et culturelles, écrivains, éditeurs, diffuseurs, membres des jurys des prix littéraires, etc...).

Par moments, d'ailleurs, j'ai l'impression que le sujet "littérature corse" (et non "livre corse") suscite peu d'enthousiasme et que l'on se satisfait d'une situation paradoxale : une production littéraire très riche (ou du moins, très variée, mais de qualité très diverse, forcément) et absente de l'espace public (ou presque). Existe-t-il réellement un désir de littérature corse ? D'une littérature distincte de l'usage identitaire ou patrimonial, je veux dire...

La discussion est ouverte...

samedi 2 juillet 2011

Discussions prévues autour de "Eloge de la littérature corse"


Une brève annonce, pour signaler à tous ceux qui n'auraient pas mieux à faire ces jours-là que je discuterais volontiers avec eux autour du livre "Eloge de la littérature corse", et à partir de deux questions apéritives :

1. A quoi sert le blog "Pour une littérature corse" ?

2. La littérature corse a-t-elle besoin (j'allais dire "mérite-t-elle") qu'on en fasse l'éloge ?


Où et quand ?

1. samedi 16 juillet, à Campile, mon village, d'où l'on peut voir le San Petrone, l'étang de Biguglia, les îles toscanes et l'Italie (je sais, votre village aussi est le plus beau). Ce devrait être en fin de matinée, sur la place de l'église. Ce sera dans le cadre de la tournée estivale de Corse-Matin et des éditions Albiana.

2. jeudi 21 juillet, à Ajaccio, la ville de ma scolarité, d'où l'on peut voir... le golfe d'Ajaccio. Ce sera à la librairie La Marge, de 17 h 30 à 19 h 30.

Evidemment, il ne s'agit pas pour moi de parler tout seul (dans tous les sens du terme...), donc venez nombreux avec vos questions, vos critiques, vos remarques. Au plaisir.

(l'image)

lundi 4 octobre 2010

Un autre écho à "Eloge de la littérature corse"


Eh bien, ma foi, je le trouve bien troussé cet article ! Et comme il est très élogieux à propos de "Eloge de la littérature corse", cela fait un double plaisir.

Il est signé Philippe Martinetti - que je ne connais pas (le seul Martinetti que je "connaisse" c'est le boucher chez lequel nous allions quand nous habitions Ajaccio) - et il dit l'essentiel, avec deux citations pertinentes. Il est paru dans le supplément de Corse-Matin, samedi 2 octobre 2010, supplément qui s'appelle "Fémina" (tiens, ça me fait penser que le roman de Jérôme Ferrari n'est pas non plus sur la liste du Fémina - j'avais signalé qu'il n'était ni sur celle du Goncourt, ni sur celle du Renaudot, mais ne désespérons pas). Dans ce supplément, il y a quelques pages réunies sous le chapeau "Versant corse" et une de ces pages est une nouvelle chronique "dédiée à l'actu culturelle". Saluons la naissance de ce nouvel espace de mise en valeur des productions culturelles corses !

Comme je le disais, il me semble que l'article dit l'essentiel, mais puis-je ajouter mon grain de sel ? Oui ? Ok, d'accord.

Alors voici mes réactions :

- je rectifie une information : je suis certes professeur de français (certifié lettres modernes pour les spécialistes) mais pas à "l'université d'Aix-en-Provence" ! On me rencontre plutôt dans les collèges et lycées de la zone Nord-Est 13 où je remplace mes collègues (attention, pas de mauvaises blagues...)

- j'approuve à 100 pour 100 la vision "positive" qui est donnée du livre, notamment dans ces phrases : "Le jeu de ping-pong entre les internautes et l'auteur constitue un formidable passeur de culture et prouve que le livre corse est plus vivant que jamais." Oui : plus vivant que jamais, j'en suis persuadé (et encore, bien plus de paroles pourraient émerger sur le Net, cela viendra).

- j'approuve à 99 pour 100 l'expression suivante : "À la fois plein de vérité, d'humour et d'ironie grinçante, cet éloge de la littérature corse est un bon remède contre la morosité ambiante." Car la formule est un peu forte, je trouve... et j'ai peur que les lecteurs soient surpris quand ils liront les billets consacrés à des pages particulièrement déprimantes comme nos auteurs savent nous en concocter ! Je plaisante, je plaisante. Je trouve effectivement important de souligner qu'il s'agit de partager des plaisirs de lectures (malgré, ou grâce à, des débats qui "ne cessent d'enflammer la toile" ; bon là encore, c'est excessif, il y a des périodes très calmes sur ce blog... en ce moment par exemple !)

- je m'étonne (comme lorsque Véronique Emmanuelli avait présenté l'ouvrage dans La Corse Votre Hebdo) qu'il ne soit pas fait mention de la postface de Marie-Jean Vinciguerra. Ce n'est pas gravissime, mais tout de même, je crois important de souligner que l'ouvrage a été lu dans son intégralité par au moins une personne et que cette personne en a jaugé (avec son regard singulier et discutable bien sûr) les qualités et les défauts. La lecture critique de Marie-Jean Vinciguerra est roborative (toujours adoré ce mot). Elle relance la machine littérature en désolidarisant le lecteur éventuellement tombé sous le charme du livre ! Elle nous renvoie tous vers les livres, ces grandes piscines publiques où nous nous baignons tous plus ou moins en même temps sans nous connaître ou nous reconnaître, masqué que nous sommes par nos bonnets de bain et notre extraordinaire nudité quasi intégrale...

Donc, je répète, je suis ravi par la présentation de l'ouvrage et ravi que la presse insulaire apprécie l'ouvrage.

Maintenant que mon autosatisfaction est à son comble, j'attends les critiques négatives, il y en a, il y en a, mais je ne les entends pas !

(La photo)

vendredi 27 août 2010

"Eloge de la littérature corse" : un écho papier (après des échos numériques)


Oui car il y eut d'abord des échos numériques :
- sur le blog Corsicapolar
- sur le blog Isularama
des échos numériques transportant le titre d'un ouvrage papier - "Eloge de la littérature corse" (édition Albiana) - issu en droite ligne de ce blog-ci ("Pour une littérature corse").

Dans mes remerciements, j'associe donc ces échos-là avec cet écho-ci : celui de Véronique Emmanuelli, journaliste pour le supplément de Corse-Matin, La Corse-Votre-Hebdo. Le numéro 576 de cet hebdomadaire sorti aujourd'hui propose donc une lecture de cet "Eloge de la littérature corse" par Véronique Emmanuelli, lecture fouillée et très juste (me semble-t-il). J'en suis bien sûr ravi (c'est la première fois que ça m'arrive ! "Un lieu de quatre vents" était presque passé inaperçu - peut-être légitimement (non ?), sauf une émission avec Patrice Antona et Flavia Mazelin sur RCFM, qui fut un grand plaisir).

(Signalons une mention positive là-aussi par Robert Colonna d'Istria dans le Supplément Eté de Corsica au mois de juillet dernier).

On m'a lu au téléphone l'article de Véronique Emmanuelli et je viens de dire qu'il me paraissait très juste. Je pointerai uniquement un oubli : la postface de Marie-Jean Vinciguerra. La version papier a des caractéristiques et des qualités que ne possède pas le blog, mais il y a surtout la postface de Marie-Jean Vinciguerra, qui est passionnante, car elle formule des critiques négatives sur l'ouvrage et le blog et propose des vues synthétiques sur la littérature corse qui sont en mesure de donner à réfléchir et à lire à tous.

Bon, tout cela n'est pas grave. Je vais envoyer un message à Véronique Emmanuelli et je vais essayer de mettre son article en ligne sur le blog.

(Si vous avez quelque chose à ajouter, n'hésitez pas ! Peut-être qu'elle se trompe du tout au tout ! Non ?)

Et puis surtout, j'espère que tout cela participera à faire émerger la conscience et le désir d'une véritable littérature corse (sur papier, sur écran numérique, ou ailleurs encore !)

"Participera"... c'est bien le titre de l'article de Véronique Emmanuelli : "littérature participative", expression juste, et à discuter, non ?

(Pour la photo trouvée sur Flickr:The Commons :

From the Rear Porch of His Home at the Southern Corner of Neptune and Lovell Streets

Original Caption: From the Rear Porch of His Home at the Southern Corner of Neptune and Lovell Streets, Larry Vienza Watches Jet Take Off from Runway 15r-33l. Once Airborne, the Jet Will Fly Directly Over His House 05/1973

U.S. National Archives’ Local Identifier: 412-DA-6000

Photographer: Manheim, Michael Philip, 1940-

Subjects:
East Boston (Boston, Suffolk county, Massachusetts, United States) neighborhood
Environmental Protection Agency
Project DOCUMERICA

Persistent URL: http://arcweb.archives.gov/arc/action/ExternalIdSearch?id=548487)