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mardi 26 janvier 2010

Je viens de commander par Internet : la revue Fora !

Dernièrement j'évoquais le fait que j'avais acheté sur Internet un ouvrage poétique (+ photos) corse (de Hélène Sanguinetti : voir ici).

Eh bien, je viens de m'abonner aux deux prochains numéros de la revue Fora ! (celui qui vient de sortir - "Négritude, Corsitude : et après ?" - ainsi que le prochain qui paraîtra en juillet 2010 et qui s'interrogera sur les liens entre la Corse et l'Italie).

Quel plaisir de pouvoir ainsi prendre connaissance chez soi des productions culturelles corses, puis de pouvoir les acheter et les retrouver dans sa boîte aux lettres !

La revue Fora ! poursuit ainsi son patient et très riche travail de comparaison, d'appariement, de dépaysement. On peut consulter tous les sommaires et même certains articles en ligne. Dommage, pour l'instant pas d'articles du dernier numéro ! J'aurais aimé lire :

- "Ce que peut la littérature" de Jacques Fusina (le titre m'attire beaucoup, j'ai une furieuse envie de savoir ce que propose Fusina)

- "Le yani niko de la dernière île" de Ugo Pandolfi ("yani niko" et "dernière" étant les mots qui me font rêver ; cela me fait penser qu'il faut absolument que je me lance dans son "Du texte clos à la menace infinie")

- "De la corsitude en tigritude", parce que je connais un peu Pascal Génot et que j'aime beaucoup ses réflexions

- "La Vierge du Grand Retour" par Anna Giaufret : alors même que je sais à peu près ce qu'elle doit en dire puisqu'elle était venue à Aix pour parler du même sujet et que j'ai lu ses articles sur le sujet ! (voir ici sur ce blog)

- "Greta Rodriguez-Antoniotti, une Afrique ambiguë" par Vannina Bernard-Leoni (car je me souviens avoir croisé cette charmante personne, sur la place Saint Nicolas, et j'espère en apprendre plus sur son action culturelle en Afrique ; et ainsi renouveler le désir d'aller vers l'oeuvre de Sony Labou Tansi sur laquelle elle a travaillé...)

Si c'est pas malheureux ! Ce qui m'attire est ce qui me paraît convenir à mes goûts ! Encore heureux que la revue Fora ! recèle bon nombre d'autres articles qui conduisent à ouvrir d'autres horizons ! Vivement le facteur !

vendredi 4 décembre 2009

Acheter de la poésie corse contemporaine sur le Web

Voici de la poésie contemporaine qui joue un rôle dans l'imaginaire corse, donc voici de la poésie corse (suivant la définition en vigueur sur ce blog).

Il faut savoir que François Bon, l'écrivain, a créé, voici quelques années, une structure numérique nommée "Publie.net". Il s'agit d'un lieu qui donne accès à des textes numériques (poésie, essais, revues, etc.), via un paiement maximum de 5 € 50 par texte, avec une possibilité d'abonnement annuel, etc. Les textes sont choisis voire sollicités par un petit groupe de collaborateurs. Ils sont écrits par des auteurs très connus ou beaucoup moins. Ils sont inédits. Plusieurs sont pensés d'abord et exclusivement comme de "l'écriture numérique".

Bref, tout cela est passionnant pour nous, amoureux de littérature corse. Stimulant. À quand la même plate forme pour donner accès à des textes corses ? À quand le développement d'une littérature numérique corse ? Cela croise les objectifs de diffusion et de production, sollicitant des moyens nouveaux, capables de renouveler les formes littéraires et la façon de les lire ou de les appréhender.

Voir ce billet de François Bon qui présente un bilan actuel de l'aventure "Publie.net" (passionnant).

Eh bien, dans le catalogue de "Publie.net", que trouve-t-on qui travaille la matière corse ?

Une oeuvre d'Hélène Sanguinetti (voir aussi chez Angèle Paoli, pour bien d'autres références, comme toujours).

Titre : "TOI, TU NE VIEILLIS PLUS, TU REGARDES LA MONTAGNE".

C'est dédié au "San Pedrone", (le sommet de la Castagniccia), c'est écrit entre 1992 et 1993, entre Ghjucatoghju et Arles. Quelques pages et 8 photos (8 variantes photographiques du San Petrone).

Je lis et relis ce texte, que j'ai acheté et qui se trouve dans mes téléchargements, donc.

Notamment, la page 15 : le texte, dans une mise en page particulière, est accroché à une photo du sommet tronqué du San Petrone (qui m'a toujours fait penser à un volcan... vieux rêve corse du volcan, voir
ici pour le prolonger) :




— Vent, voix, et abeilles
ensemble cousus,
coulantes abeilles
espèrent dans la branche d’un pin
Cette branche touche le sol,
Presque,
On peut descendre,
Sous la terre,
Qui circule en barque légère ?
Vent, voix, et abeilles,
secrets compagnons de la surface,
et de son ombre —





Tiens, cela me rappelle cette obsession de l'ancien mythologique, parmi les "vieux fonds" qui hantent l'imaginaire corse.

Je ne sais pourquoi, c'est le vers - "Cette branche touche le sol" - qui m'émeut singulièrement ; j'ai l'impression que c'est le présent du verbe "touche", cette simple et unique syllabe qui donne accès aux enfers, à un voyage.

On peut aussi écouter le texte lu (jusqu'à la page 9) par Hélène Sanguinetti elle-même : ici.
Et aussi "prévisualiser" l'intégralité du livre, et ensuite l'acheter, le lire, en parler, notamment sur ce blog ?