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mercredi 25 janvier 2012

Salons de la Corse dans les Bouches-du-Rhône : 2012

C'est le moment de profiter, de bien des choses, certes (alimentation, peinture, concerts, conférences, manifestations, repas, artisanat, etc.) , mais aussi de l'occasion de voir la production littéraire insulaire s'exposer et se vendre dans le département des Bouches-du-Rhône :

- à Marseille, à l'initiative de la Maison de la Corse, le samedi 28 et le dimanche 29 janvier 2012 : cliquer ici pour en savoir plus.

- à Aix-en-Provence, à l'initiative de l'Amicale corse de cette cité, le samedi 4 et le dimanche 5 février 2012 : cliquer ici etc.

- à Aubagne, à l'initiative de l'association Kallisté, le vendredi 10, le samedi 11 et le dimanche 12 février 2012 : cliquer ici (et ensuite sur l'image "Journées corses d'Aubagne", donnant accès au programme en pdf).

Evidemment un grand merci aux éditeurs insulaires pour faire ce voyage régulier sur le Continent !

Alors, si après cela, il n'y a personne pour avoir envie de parler de ses lectures sur les sites, forums et blogs... Car j'aime bien le silence moi aussi, mais juste après la discussion.

Justement, quelques considérations générales sur la littérature corse (ou en Corse), par une blogueuse émérite (animatrice de "L'or des livres"), interviewée par Norbert Paganelli : ici, sur Invistita, bien sûr. A discuter non ?

(Pour finir, sans finir, ce billet : quel est le meilleur livre corse, toutes langues confondues, publié en 2011 ?... : "Albe sistematiche" de l'auteur-compositeur-interprète Pierre Gambini !... Comment ça vous n'êtes pas d'accord ?)

mercredi 19 octobre 2011

La littérature corse se chante aussi : Pierre Gambini.

(Petit souci : veuillez cliquer sur le titre du billet pour pouvoir le lire en entier, je n'arrive pas encore à traiter le problème pour qu'il n'empiète pas visuellement sur le billet qui suit ; RECTIFICATIF : le billet peut maintenant se lire entier dès l'arrivée sur le blog, mais il y a beaucoup de blanc à la fin, je ne sais pourquoi).

Oui, il faudra revenir dans un nouveau billet sur les qualités d'écriture des chansons de Pierre Gambini. On sait que la poésie insulaire est très créative, ses chansons en sont une nouvelle preuve (peut-être plus par ce qui est proprement dit que par la forme). Avant de placer ici le texte de "Lavinia" et de sa traduction française (que l'on trouve sur le site de l'auteur-compositeur-interprète), je rappelle ici que nous avons le très grand plaisir d'accueillir Pierre Gambini pour un concert au forum de la FNAC d'Aix-en-Provence (samedi 22 octobre 2011, 17 h 30). Venez nombreux (si vous pouvez, et si vous êtes curieux de ce qui se fait de beau et d'original).


Quand je dis "nous" avons le plaisir, ce "nous" désigne l'Amicale corse d'Aix et la FNAC d'Aix. La soirée se poursuivra avec le chanteur au local de l'amicale.

Pour voir la présentation de ce concert de Pierre Gambini sur le site de la FNAC, cliquez ici.

Pour écouter les chansons de son dernier album, cliquez ici.

Pour lire le texte de "Lavinia" (Mais d'où vient cette "Lavinia" ?), voyez ici :

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LAVINIA

A mo barca sbattulava,

Mi purtava ogni volta,
In li lochi i più persi,
Laghi immensi è prufondi,
Duve battia lu freddu.

Curagiosu o incuscente,
Seguitava e pozzine,
Sculliscendu nant’à i scogli,
Crosciu intintu di turmentu.

A mo luce, u mo sole,
A mo petra lampendu a vitrina,
Di l’amore è a so idea,
Chì u cummunu ci hà vindutu.

Ripigliava lu fiume,
Saltendu cum’un cervu,
L’acqua sin’à lu mo pettu,
Senza inchità mi di a morte,
Chi mi faccia la spia.

Tandu m’abbandunava,
Scurdendu si d’esse degnu,
Animale più ch’umanu,
Minatu à sangue dà la mo vergogna.

A mo stella, a mo luna,
A mo piola tagliendu e radiche,
Di l’amore è a so idea,
Chì u cummunu ci hà vindutu.

In lu stagnu di u dubbiu,
A tempu ch’eu mi nigai,
Truvai una perla bionda,
È mi dissi ti tengu caru,
Tale à un Diu Rumanu.

A mo pella, u mo sangue,
A mo nave chì mi porta luntanu,
Duve l’amore hè a so natura,
U cummunu si n’hè scurdatu.

U mo ventu talentuosu,
Chì mi punta sempre pè u megliu,
Duve l’amore hè a so natura,
U cummunu si n’hè scurdatu.

(traduction en français)

Ma barque brimbalait,
Me portait chaque fois,
Dans des lieux plus reculés,
Lacs immenses et profonds,
Où le froid gouvernait.

Courageux ou inconscient,
Je suivais les détroits,
Trébuchant sur les roches,
Trempé de tourments.

Ma Lumière, mon soleil,
Ma pierre éclatant la vitrine,
De l’Amour et de son idée,
Que le commun nous a vendu.

Je reprenais la rivière,
Sautant comme un cerf,
Baignant jusqu’au cou,
Sans m’inquiéter de la mort,
Qui pourtant, faisait le guet.

Alors, je m’abandonnais,
Oubliant d’être digne,
Animal plus qu’humain,
Frappé aux sangs par mon impudeur.

Mon étoile, ma lune,
Ma hache coupant les racines,
De l’amour et de son idée,
Que le commun nous a vendu.

Dans l’étang du doute,
Au moment où je me noyais,
Je trouvai une perle blonde,
Et elle me dit : Je t’aime,
Comme à un dieu romain.

Ma peau, mon sang,
Mon navire qui me porte plus loin,
Où l’amour est son origine
Que le commun a oublié.

Mon vent talentueux,
Qui me pousse vers le mieux,
Où l’amour est son origine
Que le commun a oublié.






dimanche 2 janvier 2011

L'altru mondu di Gambini


Il paraît que le participe passé est un temps qui a à voir avec le présent.

Alors si j'entends quelqu'un me dire : "aghju fattu u mo viaghju" ou "u tempu ch'aghju messu", il faut bien que je me sente un peu concerné.

Si, en plus de cela, la voix de celui qui chante et la musique qui porte cette voix sont envoûtantes et lancinantes, alors je fais le même voyage, je ressens la même épaisseur de temps écoulé. Il y a une beauté apaisante, comme une santé recouvrée (vous avez reconnu le "pace è salute", là ?)... De quoi mettre un peu de rose sur nos joues pâles. C'est de bon augure pour la nouvelle année, qui nous promet un printemps de toute beauté.

Ce voyage conduit vers "l'altru mondu". Je ne veux pas savoir précisément ce qu'il est, je veux seulement en rester au fait, au combien réjouissant, que quelques notes de guitares sur une rythmique binaire suffisent bien à m'y conduire.

La littérature corse (ultime variation définitoire) est cet autre monde. (Pour comprendre de quoi je parle ici, cliquez sur la chanson n° 3, intitulée justement "l'altru mondu", un grand merci à Pierre Gambini, auteur, compositeur, interprète ; cliquez sur "lyrics" pour lire les paroles de la chanson et l'apprendre par coeur à loisir !).

(Ce premier "billet" de l'année 2011, pour patienter... Bientôt quelques mots sur ma lecture de l'ouvrage de Dumenicu Tognotti, "Par-delà le théâtre" : quel incroyable parcours théâtral et politique au sens plein du terme ! Bientôt aussi le programme des réjouissances artistiques avec l'amicale corse d'Aix dans le cinq prochains mois. E po sè vo vulete mandà qualcosu, fatte puru ! V'aspettu !)

(la photo)

vendredi 9 juillet 2010

Du geste de l'homme aux lunettes noires

et puis : un geste de la main droite, remontant vers l'épaule gauche ; ce geste, juste après avoir touché quelque chose que l'écran ne dévoile pas, quelque chose hors champ

et avec ce geste, tout le corps qui se met en mouvement, calant son rythme de corps électrisé sur la mélodie électrique (une note répétée de façon syncopée)

d'un coup de ton doigt sur le tambour, écrivit Rimbaud

un coup de ton doigt sur le tambour décharge tous les sons et commence la nouvelle harmonie

c'est entre la seconde 21 et la seconde 22 du CLIP de Karol et Boffy (2010)

et à chaque fois que je regarde cette vidéo, je reste stupéfait par les gestes de l'homme aux lunettes noires, en arrière plan, qui bouge au rythme de la musique qu'il fait naître avec l'invisible objet-tambour

une chanson d'amour malheureuse, encore une, pourquoi pas

avec un décompte vite oublié finalement pour seule structure

quattru celi, una neve

(le plus beau vers de la chanson pour moi)

c'est entre les secondes 28 et 33 de la première minute

d'où vient cette neige ?

quatre ciels une neige

j'aime ici l'apparition des éléments du monde, repris plus loin avec

l'oceani
i grandi fochi
i venti forti

j'aime ça au plus haut point, cette irruption violente au milieu des grands chamboulements sentimentaux des petits humains nerveux

une chanson d'amour épidermique soumis aux vents, aux feux, aux eaux d'en haut et d'en bas

je l'écoute en boucle, c'est comme ça qu'on dit ? C'est tout à fait ça.

C'est de Pierre Gambini, vivement l'album.

Voici le texte en langue corse (une proposition de traduction à venir) :

7 illusioni

Dui punti soli
dui punti persi
dui lumi pronti à fughje.

Tre notte à riflette
tre notte di più
tremuleghji zitellini


Cinque anni di muri
cinque diti morti
cinque mille anni di lumi

Quatru siconde di tè,
quatru batticori
quatru celi, una neve.

una sola via
pè parechje vite
una villa infinita

Mi ramentu un ideale
Mi ramentu i to capelli.

Mi ramentu un veranu,
Mi ramentu a to pella,

E nanz'u à u sette
c'hè un sei ch'ùn esiste,
ch'ùn po esse cùn tè.

settisettanta l'amore
canta senza mè,
à l'orlu di u mio core.

Mi ramentu l'oceani
Mi ramentu i grandi fochi
Mi ramentu i venti forti

Ch'in la mio mente l'amore spentu.

Una manu sola,
fredda senza tè,
un silenziu infinitu.


Voir ici pour écouter et voir.

jeudi 8 octobre 2009

HOUDINI

Eccu un puema chì mi piace monda, scrittu è cantatu da Petru Gambini ; a prima volta chì l'aghju intesu, m'hà scummossu ; avà, pensu à u "Chjamate mi Ishmael" di Melville o à "L'albatros" di Baudelaire.

Issu mischiu di assurdità è di rivolta logica, di realità è di sonniu, ghjè quessu chì mi piace.

Eccu lu :

Chjamatemi Houdini
E liatemi pedi è mani
Po lampatemi in mare.

Nant'à lu vostru gaglione,
Induve site zitti è mansi,
Rimbarcheraghju à mughjà vi.

Cappiate l'amaru, è pisate a vele !

Stringhjitemi camisgiole,
E sciutami in fondu di e cale,
Truveraghju soluzioni.

Rigalatemi à i pesci,
Aghju u sangue avvelenatu,
Rimbarceraghju à cantà vi.

Pigliate l'amore, è pisate e vele !

Nant'à u batellu Annoiu,
Trapulitu da i galeriani,
Indifferente à u ventu,

U puverettu Houdini,
Chì mughjava è chì cantava,
Nant'à u ponte, l'hanu impiccatu.

Si so sbagliati di fune, si sò pisate e vele.


Et voici une transposition libre (parfois trop explicative, je trouve) en français par Lavinie Boffy (à associer aux plaisirs suivants : le plaisir de l'écoute de l'album ; mais où le trouver maintenant ? il faudrait poser la question à l'artiste sur son site ; le plaisir de la lecture des textes inédits de Marcu Biancarelli présents dans le livret de l'album et développant à leur manière les histoires chantées par Gambini) :

Appelez-moi Houdini
Attachez-moi, ligotez-moi
Et jetez moi à la mer

Vous qui êtes sur un beau navire
Amorphes et découragés
Je rembarquerai pour vous sauver

Larguez l'amer, levez les voiles !!

Serrez-moi dans une camisole
Shootez-moi au fond d'une cale
Je trouverai des solutions

Offrez-moi aux poissons
J'ai le sang contaminé
Je rembarquerai pour vous chanter

Prenez tout l'Amour et levez les voiles !!

Sur le beau navire Ennui
Reluisant d'indifférence
Le pauvre Houdini
Chantait et suppliait
Et rien ne l'arrêtait...

Agacés par ses litanies
Les propriétaires ont réagi
Mais pas comme il l'aurait voulu
Puisque sur le pont ils l'ont pendu

Pas d'espoir, pas d'esprit non plus
Est-on conscient lorsqu'on tue ?
Sur la mauvaise corde ils l'ont accroché
Et quand le cadavre s'est balancé

Alors les voiles se sont levées...

lundi 29 juin 2009

Retour sur le Festival du livre LIRE AU SOLEIL

Tout d'abord, dire mon sentiment de bonheur de voir se multiplier ainsi les manifestations littéraires, aussi variées dans leurs formes, leurs "sujets" que dans leur inscription géographique :
- festival du livre avec auteurs corses et non corses à Porto-Vecchio
- festival du polar méditerranéen avec animations variées à Ajaccio
- journée Libri aperti dans le Cap Corse
- à Bastia aussi, je ne me rappelle plus du nom de la manifestation littéraire (dans le cadre d'Arte Mare me semble-t-il)
C'est une bonne chose que de ne pas se contenter ainsi des journées du livre corse de la place des Palmiers à Ajaccio (qui n'offre que la possibilité de dédicaces).

Revenons au Festival du livre de Porto-Vecchio ; voici mon sentiment (ai-je besoin d'ajouter qu'il est partiel, partial, trop passionné pour être objectif ?), quel est le vôtre ?

La présentation de la plaquette éditée pour l'occasion dit ceci :

Ce festival du livre d'envergure nationale, à périodicité annuelle, pourrait faire de la Corse un haut lieu de réflexion et d'échanges sur les grandes questions littéraires. C'est dans cet esprit que nous avons conçu les thèmes des tables rondes du programme 2009 :
- "Dieu, sa vie, son oeuvre"
- "La modernité littéraire"
- "Les journalistes et le livre"
- "Ecritures méditerranéennes"
- "Réalité et littérature noire"
- "Voix de femmes du Sud"

J'étais présent le samedi après-midi (27 juin 2009), et j'ai pu voir deux des cinq débats prévus entre la veille et ce jour (les débats 4 et 5 de la liste ci-dessus). Ma mère a aussi pu rencontrer deux de ses auteurs fétiches : Jérôme Ferrari et Marie-Hélène Ferrari (+ bises et dédicaces). J'ai pu acheter "Murtoriu" de Biancarelli, un roman d'Ugo Pandolfi ("Du texte clos à la menace infinie", toujours aimé ce titre...) et les "Piccule fictions" (recueil de nouvelles policières dont la vente permet à différentes associations corses d'acheter des fauteuils pour handicapés).

Je voulais écrire ici un compte rendu de ces deux débats mais je me contenterai d'y faire allusion ; j'ai remarqué que la librairie organisatrice du festival ("Le verbe du soleil") filmait tout : nous pourrons tous voir et revoir les débats sur Internet (bientôt ?).

Les points positifs de ce festival :

- disponibilité et accessibilité des auteurs invités (après les débats ou aux stands de dédicaces devant la mairie et sur la place de la République - mais peut-être appelle-t-on cette place autrement ?)

- des débats qui mêlent (à égalité, dirai-je) auteurs corses et non corses ; c'est sous-entendre, sans psychodrame, que les écrivains corses participent de plain pied à la créativité littéraire mondiale

- des sujets assez généraux pour permettre à chaque auteur participant aux débats de dire la sienne

- enfin, des lectures d'extraits de certaines oeuvres (j'ai entendu lors du débat sur "Ecritures méditerranéennes", un extrait de "Mon voisin" de Milena Agus et un autre de "51 Pégase, astre virtuel" de Marcu Biancarelli par le comédien Christian Ruspini ; j'avais déjà eu l'occasion, par deux fois, de le voir sur scène jouer magnifiquement (à Aubagne) ou moins magnifiquement (à Furiani) "La confession de la bête", justement tirée du roman de Biancarelli). Pourquoi est-ce une bénédiction (pour moi) que ces lectures ? Parce que ces débats ont toujours tendance à devenir abstraits, à s'éloigner des textes (qui sont tout de même la cause première de tant de tintouin). C'est ainsi : généralement, les textes, les oeuvres disparaissent lors des salons et festivals littéraires !... D'où l'impérieuse nécessité et le plaisir toujours renouvelé de les entendre, de les lire, de les voir mis en scène, en images, etc... Grâces soient rendues à la personne qui eut l'idée de ces lectures et à Christian Ruspini : il me semble que c'est le seul et vrai moment au cours duquel nous avons pu un peu saisir et sentir ce qu'est cette "folie douce" des personnages de Milena Agus ou ce qu'est la violence glaçante de l'auto-analyse impitoyable du "poète" de "51 Pegasi"...

Passons aux points négatifs, les points à améliorer (selon moi, et selon vous ?) :

- à aucun moment (des deux débats auxquels j'ai assisté) le public n'a pu prendre la parole : il n'y a pas été invité en introduction, ni en fin de débat ! Je pense sincèrement que c'est un manque et que ce que nous apprend la "révolution numérique" (voir les blogs, les wikis comme wikipédia : pensate chì un wikipedia in lingua corsa hè custruitu da nimporta chì...), c'est justement qu'il n'y aura plus simplement des consommateurs (lecteurs) face à des producteurs (auteurs, éditeurs), mais de chaque côté, avec des façons spécifiques, des contributeurs...
Durant le premier débat, Milena Agus a insisté sur le fait qu'en Sardaigne, il y a des auteurs de la côte (Fois, Niffoi, Satta, Deledda) et des auteurs de l'intérieur (Atzeni et elle-même), tout comme il y a des "Sardi delle coste" et des "Sardi dell'interno". Ils vivent et explorent des espaces mentaux différents. J'aurais aimé demandé - publiquement (et non en privé après le débat) - s'il existe un dialogue entre ces deux catégories d'auteurs et d'oeuvres, s'il existe des oeuvres passerelles ou frontières... J'aurais aimé demandé - publiquement - aux deux auteurs corses présents (Jérôme Ferrari et Marcu Biancarelli) s'ils pensent qu'une telle catégorisation est pertinente en Corse...
Un peu plus tard, Milena Agus a évoqué la langue sarde, qu'elle ne parle pas, et elle a estimé que les efforts actuels pour lui donner une dignité qu'elle n'avait pas dans le passé relève d'une "mossa artificiale" (un mouvement, un élan artificiel). J'aurais aimé demandé pourquoi elle pense cela et si cela condamne définitivement la langue sarde dans ses perspectives d'évolution et j'aurais aimé demandé aux auteurs corses ce qu'un tel point de vue remuait en eux...
Un peu plus tard encore, Milena Agus a signalé qu'en Sardaigne, selon elle (elle a insisté sur l'aspetc très personnel de cette vision : "Io vedo questo"), il y a une forte recherche de normalité (sociale), de règles rigides... au contraire du cas corse, où Marcu Biancarelli estime que c'est souvent la folie ("je suis plus fou que toi") qui est valorisée... J'aurais aimé - publiquement - demandé à Milena Agus si c'est justement contre cette recherche de normalité qu'elle invente des personnages marginaux, décalés, fêlés, etc... J'aurais aimé demandé - publiquement - à Biancarelli si ses romans ne participent pas - par leur pessimisme - à la valorisation des comportements "fous"...

- deuxième point négatif : il me semble que l'animation des débats pourrait essayer d'évoquer ce qu'on appelle ici (sur ce blog) la "littérature corse". Non pas que je veuille imposer mes vues et mes perspectives à toutes et tous, partout ! Mais il me semble que cette perspective peut compléter et dynamiser de façon intéressante des débats qui peuvent parfois paraître un peu généraux, qui pourraient se dérouler au bord d'autres mers... Je suis ici un peu de mauvaise foi, car de la Corse il en a été question... mais justement, il a plus été question de la Corse que de la littérature corse.

- troisième point négatif : le même jour se déroulait une autre manifestation d'importance, la journée "Parlemu corsu", à deux pas de là... Il serait bon que ces deux organisations extrêmement intéressantes et sincères soient articulées, d'autant plus que le thème de ce jour était "lingua corsa, rock è mudernità" : le samedi soir, j'ai entendu chanter Petru Gambini et le groupe l'Altru Latu (Noi s'étant interrompu prématurément, malheureusement : la version du Dio façon Jimi Hendrix est vraiment époustouflante...). Pour moi, un album comme "Cunniscenza di u corpu umanu" des Cantelli s'inscrit dans l'imaginaire et la littérature corses... Entre parenthèses, je signale ici un autre groupe rock qui chante en langue corse : Ultim'attu (et ce n'est pas parce que mon frère est le chanteur que je le cite ici ! Enfin, oui, aussi !)

C'est tout pour ce soir, dite a vostra !

Et encore bravo aux organisateurs de ce festival : j'attends avec impatience le prochain !