Lu ceci, hier, dans "Le tag en Corse. Analyse d'une pratique clandestine", de Pierre Bertoncini (chez L'Harmattan, 2009) : trois pages consacrées à de singuliers graffitis, faits à Corte, autrefois. Le temps passe, le temps passe... mais nous avons peut-être là le récit des origines de la nouvelle littérature corse ! Celle qui a commencé au coeur de ces terribles années 1990...
(Ce billet fait ainsi écho à un précédent qui évoquait le premier ouvrage du même auteur).
Des séries de graffitis non signés sont posées dans un but humoristique sur le campus. Leur style proche des private joke les rend parfois difficilement identifiables. J'estime que nombre d'entre eux n'ont pas été recensés mais existent bel et bien. Depuis 1997, j'ai vu quelques graffitis de cette catégorie à Corte. Tout en les décrivant, j'indiquerai pourquoi je les interprète comme étant le fait d'étudiants.
En 1998, tandis que dans les kiosques à journaux le magazine humoristique insulaire A macagna commence à connaître un succès de vente, Corte est à ma connaissance la seule ville qui porte plusieurs sortes de graffitis montrant un conflit entre ces deux noms : Bitton et Zonzon. Zonzon apparaît sous la forme d'un pochoir, d'un "Z" encerclé, du nom écrit en toutes lettres. Bitton apparaît sous la forme d'une figure barbue peinte au pochoir. On voit un "B" encerclé ou le nom écrit en toutes lettres. Un combat entre les deux séries de graffitis est visible en plusieurs lieux de Corte. Parmi eux, des bâtiments de l'université ou des couloirs de cités universitaires confortent l'idée qu'il s'agit de graffitis étudiants. La lutte se fait par l'inscription de "Antizonzon" ou de barres de censure accompagnées de la pose du graffiti concurrent. Le tragique est inclus dans cette lutte quand on lit "Zonzon sempre vivu". L'hypothèse que je formule pour interpréter ces messages énigmatiques est la suivante. Il y a un souci de démonstration de maîtrise du langage graffitique. Le nom d'un groupe, son initiale inscrite dans un cercle, l'usage de slogans, la confection de pochoir, c'est une marque de sérieux. Ce sérieux ressemble aux moyens techniques employés par les bombeurs partisans de mouvements armés clandestins nationalistes. Corte à ce moment marque de nombreuses traces graffitiques des divisions parfois tragiques entre mouvements nationalistes. L'absurdité de la lutte entre Bitton et Zonzon visible sur des sites graffitiques portant déjà d'autres graffitis semble être une satire graffitique de ce qui est compris comme l'absurdité des luttes internes aux organisations nationalistes.
Durant la même période, je recense des graffitis se référant à la célèbre série de dessins animés visibles sur les écrans français à partir de 1990, "Les Simpson". La tête du père de la famille Simpson est bombée en deux lieux. La première pièce est muette. La seconde porte en légende : "Homer rè di Corti" (Homer, roi de Corte). Ce personnage symbolisant un certain conformisme social, on a affaire ici à une satire de la société cortenaise. Un dessin de Bart Simpson est bombé quant à lui près du stade municipal avec un "pétard" entre les lèvres. Dans cette même période, est éaglement bombé à Corte un "Tony Montana nique la police, NTM". J'estime que cette autre référence à la culture américaine n'est pas le reflet d'une volonté d'émettre un discous humoristique. L'interprétation de ce bombage reste difficile à mener. Deux ans plus tard, je rencontre deux exemplaires de "51-69, ma vie". Ces séries sont posées dans le centre-ville. Il est impossible d'affirmer qu'il s'agit de graffitis étudiants. La forte probabilité qu'ils le soient justifie leur présence dans ce paragraphe. Tandis que des slogans politiques sont marqués par l'idée de sacrifice, l'environnement social est considéré comme conformiste par les auteurs de ces séries. Dans la période où Scarface (De Palma, 1984) a atteint le statut de classique et que le film Trainspotting (Boyle, 1996) devient un film culte pour une partie de la jeunesse (j'en vois l'affaiche sur un mur de chambre d'étudiant cortenais), le sexe, l'alcool, la toxicomanie érigés humoristiquement en valeurs de référence apparaissent sans doute à certains bombeurs comme une alternative salutaire.
En décembre 2001, dans un entretien informel, j'apprends que des graffitis atypiques déjà effacés ont été vus à Corte. Parmi ces messages apparaît "Gloria à tè Marcu Biancarelli". Fin 2002, en entretien, un étudiant me donne des informations très précises sur cette série. Il ne me dit pas qu'il en est l'auteur mais affirme connaître celui-ci. La richesse de son témoignage, alors que selon lui la durée de vie de ces graffitis n'a pas dépassé les vingt-quatre heures, est cependant troublante. Ces bomabges n'ont jamais été vus directement. Le discours qui m'a été tenu à leur propos dès la fin 2001 m'a conduit à considérer comme plausibles les informations recueillies lors d'un seul entretien. L'observation, à Caraman, sous un carré blanc, de "Sigmund cu'noi" (Sigmund avec nous) conforte cette position. Les pièces bombées seraient donc : "A populu fattu, bisognu à chjavà" (Un peuple souverain doit baiser), cazzi diritti è muzze in fronte (bites dressées et chattes en avant), Sigmund cu'noi, i Pueti nutambuli di a notte, gloria à tè Marcu Biancarelli, campà per chjavà (vivre pour baiser), libertà per Marcantei, simu muti mà ùn saremu mai zitti (on se tait mais on ne se calmera jamais), i talibani fora". Les bombages sont décrits comme réalisés par des "fils de la contre-culture corse". La motivation de leurs auteurs serait un but "de rupture avec le pas des bottes cadencées. arrêtons de glorifier et sanctifier un combat inutile". L'analyse de ces graffitis permet de faire émerger qu'ils ont comme point commun (comme cela avait été observé avec "Bitton sempre vivu") la récupération, le détournement de formules graffitiques nationalistes. La création d'effet comique est semble-t-il une volonté identifiable dans tout le corpus. La référence à Freud est explicite. De Paoli à Yvan Colonna, en passant par le FLNC en général, il y a, si l'on se réfère à la citation de Freud, l'expression d'une volonté de mise à mort symbolique du père.
Les différentes séries de graffitis humoristiques décrites partagent ainsi des traits communs. Le premier est le détournement de caractéristiques formelles ou discursives des graffitis nationalistes qui sont en position de quasi-monopole sur la cité cortenaise. Ce détournement met en valeur ce que le combat nationaliste a pour certains bombeurs d'absurde, voire de stérile. Par la référence à la sexualité, à la création artistique, à la consommation d'alcool et de stupéfiants, donc à des moyens d'atteindre la sensation de jouissance, l'impasse que représente aux yeux de leurs auteurs certaines formes de lutte nationaliste est mise en évidence.
Ce blog est destiné à accueillir des points de vue (les vôtres, les miens) concernant les oeuvres corses et particulièrement la littérature corse (écrite en latin, italien, corse, français, etc.). Vous pouvez signifier des admirations aussi bien que des détestations (toujours courtoisement). Ecrivez-moi : f.renucci@free.fr Pour plus de précisions : voir l'article "Take 1" du 24 janvier 2009 !
Affichage des articles dont le libellé est Pierre Bertoncini. Afficher tous les articles
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jeudi 24 juin 2010
dimanche 24 mai 2009
Du style laconique
Voici l'un des textes les plus connus de la littérature corse :
COLONS FORA - COLONS TUTTI FORA - A TERRA CORSA A I CORSI - COLONS ESCROCS FORA
Ces mots ont été peints le 24 août 1975 sur les murs de la cave Depeille à Aleria, lieu des fameux "événements". Les inclure ici, sur ce blog, pourrait paraître déplacé, je m'en rends compte.
Mais c'est le travail de Pierre Bertoncini sur les graffiti en Corse qui me conduit à évoquer ici ces inscriptions. Le livre de Bertoncini s'appelle : "L'art du graffiti en Corse. Contribution aux méthodes d'analyse du phénomène graffitaire en Corse", éditions La Marge, en 2001. Issu d'un travail de recherche universitaire commencé en 1996, le livre m'a immédiatement attiré (malgré ses trop nombreuses coquilles !) parce qu'il dirige son regard sur un objet à la fois sensible (la plupart des graffiti sont nationalistes) et difficile à définir (où commence et où s'arrête un graffiti ?). De même, ce travail est à la fois sujet à dénigrement et à moquerie (à quoi bon s'attarder sur des expressions utilitaires aussi pauvres et dérisoires, voire détestables pour certaines ?).
Mais tout de même, écrire (peindre des lettres) sur le "grand corps primitif" qu'est la Corse selon José Gil, c'est un peu du tatouage et c'est dire l'importance que l'on accorde à la qualité expressive des mots !
Voici comment Pierre Bertoncini évoque les graffitis de la cave à Aleria :
Le "drame" d'Aleria est une césure importante de l'histoire contemporaine corse. Paradoxalement, durant la commémoration des 20 ans de ces événements, nous n'avons recensé aucun graffiti les évoquant. Pourtant, nous verrons comment cette "tragédie" a été un événement graffitique de premier ordre.
Dans les jours qui ont précédé l'occupation de la cave Depeille, un graffiti peint à l'aérosol près du local de l'ARC a attiré l'attention des chroniqueurs. Cette inscription, "la canne à pêche ou le fusil", est passé du statut d'inscription interne au mouvement nationaliste (il s'agissait d'une interpellation s'adressant au leader de l'ARC) à celui de pièce historique. Pourquoi ?
Le style laconique des graffiti qui n'a de correspondant que les titres à la "une" des journaux explique la séduction qu'ils peuvent exercer sur des narrateurs, surtout s'ils sont journalistes de profession. De plus, ce qui est écrit, même s'il s'agit d'un graffiti (étant vérifiable suivant les méthodes de critique interne et externe des documents chers aux historiens) avait plus de chance d'être évoqué que nombre de conversations traitant alors du même sujet : "Les paroles s'envolent, les écrits restent".
Le 21 août 1975, un commando de l'ARC engage un bras de fer avec le pouvoir. Des graffiti sont peints sur les murs des bâtiments occupés :
"COLONS FORA - COLONS TUTTI FORA - A TERRA CORSA A I CORSI - COLONS ESCROCS FORA".
Ces graffiti figurent aujourd'hui comme les plus célèbres de l'histoire corse. C'est par différentes ondes chronologiquement espacées que ces inscriptions vont émerger en tant de lieux de mémoire de l'île.
Nous tenterons d'analyser comment ces inscriptions ont peu à peu occupé la position de la partie visible de l'iceberg de l'affaire d'Aleria. Ils n'étaient à l'origine que des éléments parmi d'autres de l'arsenal de propagande de l'ARC que les chroniqueurs et les photographes de ce temps ont remarqué et signalé. En effet, d'autres graffiti avaient déjà été bombés. Des têtes de Maures étaient diffusées sur des bandeaux frontaux, les drapeaux corses tapissaient les lieux où se tenaient les meetings autonomistes. Des tee-shirts, frappés du sigle de l'ARC comme celui que portait E. Simeoni à Aleria participaient à une stratégie de "communication".
Dès le 24 août 1975, la rédaction du quotidien régional "Nice Matin" montre des graffiti dans ses colonnes. Ceux-ci résument synthétiquement le contenu des revendications nationalistes. Un élément dramatique est rajouté dans les photos où une partie de la cave est en feu.
Les chroniqueurs d'alors évoquent ces graffiti dans leurs articles. Ils ne disposent pas, dans le cadre où ils s'expriment, de possibilité d'illustrer leurs discours par des photographies. Evoquer les graffiti permet une écriture descriptive très efficace. Les lettres imprimées rendent très bien la réalité des lettres bombées. Avec très peu de moyens, une ambiance est ainsi rendue."
Ainsi, les lettres bombées deviennent des lettres photographiées (voire filmées) et imprimées. La propagande partisane devient document historique et monument collectif. Le style laconique (il semble que les habitants de la Laconie parlaient brièvement) fait son travail dans notre imaginaire. A preuve : le mot le plus réutilisé - Fora - a connu au moins deux détournements :
- "Arabi forZa" (que l'on peut voir dans le petit reportage qu'André Mariaggi et moi-même avons consacré à Chaouki Ben Saada - voir mon commentaire de 22:13 au billet "Du football corse")
- "Fora ! La Corse vers le monde", titre de la revue menée par Vanina Bernard-Leoni
Je sais que Pierre Bertoncini a terminé et soutenu une thèse sur le même sujet ; à quand sa publication (après une relecture très attentive) ?
Et puisque vous voudrez certainement voir les lettres bombées : voici un document audiovisuel disponible sur le site de l'INA (document qui semble brut, sans montage réel car laissant beaucoup de silences généralement coupés dans une version finale et où l'on voit d'abord un journaliste ouvrir le document par les mots "Une ! Première !" avant d'interviewer Edmond Simeoni le 22 août 1975 puis plusieurs minutes d'images muettes comprenant notamment les lettres bombées sur les murs et aussi - plans incroyables - des centaines de feuilles et de dossiers qui jonchent le sol : image d'une littérature corse allant voir dehors si elle y est...) (AJOUT DU 24 octobre 2009 : désolé, le lien vers le document de l'INA ne fonctionne plus ! Cette vidéo n'existe-t-elle plus que dans quelques mémoires et dans les quelques mots qui la décrivent ici ? Eternelle disparition des formes... Vous pouvez toujours trouver d'autres documents audiovisuels sur ce sujet sur le site de l'INA, mais beaucoup plus formatés, peaufinés, avec une charge poétique moindre.)
Que pensez-vous de tout cela ?
COLONS FORA - COLONS TUTTI FORA - A TERRA CORSA A I CORSI - COLONS ESCROCS FORA
Ces mots ont été peints le 24 août 1975 sur les murs de la cave Depeille à Aleria, lieu des fameux "événements". Les inclure ici, sur ce blog, pourrait paraître déplacé, je m'en rends compte.
Mais c'est le travail de Pierre Bertoncini sur les graffiti en Corse qui me conduit à évoquer ici ces inscriptions. Le livre de Bertoncini s'appelle : "L'art du graffiti en Corse. Contribution aux méthodes d'analyse du phénomène graffitaire en Corse", éditions La Marge, en 2001. Issu d'un travail de recherche universitaire commencé en 1996, le livre m'a immédiatement attiré (malgré ses trop nombreuses coquilles !) parce qu'il dirige son regard sur un objet à la fois sensible (la plupart des graffiti sont nationalistes) et difficile à définir (où commence et où s'arrête un graffiti ?). De même, ce travail est à la fois sujet à dénigrement et à moquerie (à quoi bon s'attarder sur des expressions utilitaires aussi pauvres et dérisoires, voire détestables pour certaines ?).
Mais tout de même, écrire (peindre des lettres) sur le "grand corps primitif" qu'est la Corse selon José Gil, c'est un peu du tatouage et c'est dire l'importance que l'on accorde à la qualité expressive des mots !
Voici comment Pierre Bertoncini évoque les graffitis de la cave à Aleria :
Le "drame" d'Aleria est une césure importante de l'histoire contemporaine corse. Paradoxalement, durant la commémoration des 20 ans de ces événements, nous n'avons recensé aucun graffiti les évoquant. Pourtant, nous verrons comment cette "tragédie" a été un événement graffitique de premier ordre.
Dans les jours qui ont précédé l'occupation de la cave Depeille, un graffiti peint à l'aérosol près du local de l'ARC a attiré l'attention des chroniqueurs. Cette inscription, "la canne à pêche ou le fusil", est passé du statut d'inscription interne au mouvement nationaliste (il s'agissait d'une interpellation s'adressant au leader de l'ARC) à celui de pièce historique. Pourquoi ?
Le style laconique des graffiti qui n'a de correspondant que les titres à la "une" des journaux explique la séduction qu'ils peuvent exercer sur des narrateurs, surtout s'ils sont journalistes de profession. De plus, ce qui est écrit, même s'il s'agit d'un graffiti (étant vérifiable suivant les méthodes de critique interne et externe des documents chers aux historiens) avait plus de chance d'être évoqué que nombre de conversations traitant alors du même sujet : "Les paroles s'envolent, les écrits restent".
Le 21 août 1975, un commando de l'ARC engage un bras de fer avec le pouvoir. Des graffiti sont peints sur les murs des bâtiments occupés :
"COLONS FORA - COLONS TUTTI FORA - A TERRA CORSA A I CORSI - COLONS ESCROCS FORA".
Ces graffiti figurent aujourd'hui comme les plus célèbres de l'histoire corse. C'est par différentes ondes chronologiquement espacées que ces inscriptions vont émerger en tant de lieux de mémoire de l'île.
Nous tenterons d'analyser comment ces inscriptions ont peu à peu occupé la position de la partie visible de l'iceberg de l'affaire d'Aleria. Ils n'étaient à l'origine que des éléments parmi d'autres de l'arsenal de propagande de l'ARC que les chroniqueurs et les photographes de ce temps ont remarqué et signalé. En effet, d'autres graffiti avaient déjà été bombés. Des têtes de Maures étaient diffusées sur des bandeaux frontaux, les drapeaux corses tapissaient les lieux où se tenaient les meetings autonomistes. Des tee-shirts, frappés du sigle de l'ARC comme celui que portait E. Simeoni à Aleria participaient à une stratégie de "communication".
Dès le 24 août 1975, la rédaction du quotidien régional "Nice Matin" montre des graffiti dans ses colonnes. Ceux-ci résument synthétiquement le contenu des revendications nationalistes. Un élément dramatique est rajouté dans les photos où une partie de la cave est en feu.
Les chroniqueurs d'alors évoquent ces graffiti dans leurs articles. Ils ne disposent pas, dans le cadre où ils s'expriment, de possibilité d'illustrer leurs discours par des photographies. Evoquer les graffiti permet une écriture descriptive très efficace. Les lettres imprimées rendent très bien la réalité des lettres bombées. Avec très peu de moyens, une ambiance est ainsi rendue."
Ainsi, les lettres bombées deviennent des lettres photographiées (voire filmées) et imprimées. La propagande partisane devient document historique et monument collectif. Le style laconique (il semble que les habitants de la Laconie parlaient brièvement) fait son travail dans notre imaginaire. A preuve : le mot le plus réutilisé - Fora - a connu au moins deux détournements :
- "Arabi forZa" (que l'on peut voir dans le petit reportage qu'André Mariaggi et moi-même avons consacré à Chaouki Ben Saada - voir mon commentaire de 22:13 au billet "Du football corse")
- "Fora ! La Corse vers le monde", titre de la revue menée par Vanina Bernard-Leoni
Je sais que Pierre Bertoncini a terminé et soutenu une thèse sur le même sujet ; à quand sa publication (après une relecture très attentive) ?
Et puisque vous voudrez certainement voir les lettres bombées : voici un document audiovisuel disponible sur le site de l'INA (document qui semble brut, sans montage réel car laissant beaucoup de silences généralement coupés dans une version finale et où l'on voit d'abord un journaliste ouvrir le document par les mots "Une ! Première !" avant d'interviewer Edmond Simeoni le 22 août 1975 puis plusieurs minutes d'images muettes comprenant notamment les lettres bombées sur les murs et aussi - plans incroyables - des centaines de feuilles et de dossiers qui jonchent le sol : image d'une littérature corse allant voir dehors si elle y est...) (AJOUT DU 24 octobre 2009 : désolé, le lien vers le document de l'INA ne fonctionne plus ! Cette vidéo n'existe-t-elle plus que dans quelques mémoires et dans les quelques mots qui la décrivent ici ? Eternelle disparition des formes... Vous pouvez toujours trouver d'autres documents audiovisuels sur ce sujet sur le site de l'INA, mais beaucoup plus formatés, peaufinés, avec une charge poétique moindre.)
Que pensez-vous de tout cela ?
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