samedi 24 avril 2010

Le retour d'un "chef-d'oeuvre" !!


"Pesciu Anguilla",


c'est ce très fameux personnage de la littérature corse, ce jeune garçon, ce sgaiuffu bastiais qui dans le magnifique roman d'initation de Sebastianu Dalzeto va traverser de nombreuses épreuves avant de parvenir à se forger des convictions et une mission... Roman profondément humain, avec des situations existentielles aussi banales que tragiques ; roman social sans être à thèse ; premier roman en langue corse (1930 !) qui se paye le luxe d'être multilingue ; roman bastiais réinventant la Corse de la fin du XIXème siècle ; roman qui comme les autres grands romans s'attellent à rejouer la comédie humaine avec les larmes et les rires, les ambiguïtés et les perversités, les élans et les émotions vraies de notre belle espèce.

Je dis cela sur la foi de mon souvenir émerveillé de lecture de ce livre ; il faudrait que je le relise et...

justement, une occasion en or nous est offerte de (re)découvrir "Pesciu Anguilla" !

IL FAUT LE SAVOIR : la première traduction en français de ce si important livre de la littérature corse est publiée par la maison d'édition Fédérop (cliquer sur "Index des auteurs", "Dalzeto"). Louanges au traducteur et aux éditeurs car...

il est d'une extrême importance que les grands textes de la littérature corse, écrits en corse, soient traduits et récoltent des lectures de la part de non-corsophones, non ?. Et si, en plus, cette traduction peut être une aide pour aller voir le texte original, c'est encore mieux. Je pense aux gens qui, comme moi, se sentent proche de la langue corse sans la maîtriser totalement mais qui, au contraire de moi, n'ont pas passé outre leurs préventions et n'ont pas encore tenté l'expérience de lire un livre en langue corse.

L'essentiel est là : "Pesciu Anguilla" devient "Pépé l'Anguille". C'est François-Michel Durazzo qui propose la première traduction en français (qui a déjà suscité, à sa demande, des discussions sur ce même blog ; la qualité et l'intérêt de sa traduction sont bien évidemment toujours discutables, non ?).

De même, l'intérêt de lire aujourd'hui (2010) ce roman de 1930 mettant en scène une Corse des années 1880 (je crois) est à discuter, non ?

Alors bien sûr il faut acquérir l'ouvrage (concernant le texte original, sa dernière réédition date de 1990 aux éditions La Marge, mais il me semble qu'il n'est plus disponible ! Il faut réclamer une réédition immédiate de ce texte fondamental, non ?) :

deux occasions merveilleuses s'offrent à nous, pour acheter le livre et rencontrer le traducteur et les éditeurs, les écouter, discuter avec eux :

1. Le mercredi 19 mai 2010, entre 18 h et 20 h, dans les locaux de l'Amicale corse d'Aix-en-Provence (avenue Laurent Vibert, Espace Frédéric Mistral, pour tout renseignement : soit mon numéro : 06 88 80 62 83, soit celui du président de l'amicale, Pierre-Paul Calendini : 06 12 22 63 85). C'est donc une première mondiale et l'amicale est très heureuse de ce fait !

2. Le samedi 22 mai 2010, entre 15 h 45 et 16 h 30, dans le cloître et les jardins Jean Nicoli, à Bastia. C'est dans le cadre du festival "Histoire(s) en mai", organisé par Arte Mare. Est également prévu la présence de Marie-Jean Vinciguerra, le préfacier de l'ouvrage.

14 commentaires:

  1. Stavro Gianfilic25 avril 2010 à 16:07

    "Le retour d'un chef d'oeuvre : pesciu anguilla"
    ????!!!!!

    "Le Yanomami", route de Saint Florent, ouvert tous les soirs. Arrivage de Slovènes et d'Albanaises ! Le tout c'est d'offrir des vrais loisirs aux gens qui se font chier. Quand vous aurez été épongé par Svetlana, vous ne galvauderz plus le noble terme de chef d'oeuvre, Monsieur Ranucci.

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  2. Stavro Gianfilic : les chemins de la jouissance sont si variés, je suis étonné de voir que vous daignez à la chose littéraire le pouvoir de nous y conduire ! Allez, je vais relire le chapitre 4...

    (Il me semblait que "Svetlana" était plutôt un nom russe... encore un pseudonyme ?!)

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  3. que vous déniiez..Non?

    La chair est triste hélas (et somme toute limitée)

    ... mais encore heureux qu'on n'ait pas lu tous les livres!

    Ann O'Neam

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  4. En fait : je suis étonné de voir que vous déniez (à l'indicatif puisque c'est un fait ; avec le verbe dénier c'est mieux : merci pour avoir pointer l'erreur).

    Idée : faire une liste des livres qu'on est heureux de ne pas avoir lu ?

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  5. "Pour avoir pointé" c'est mieux.

    Encore que tout dépend de ce que l'on entend par "avoir pointé", car s'il s'agissait de Svetlana, toutes les outrances sont possibles.

    Ahahahah

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  6. Je vais apporter encore de l'eau au moulin de certains.... Alors j'ai enfin fini "Murtoriu",de Biancarelli pour ceux qui l'ignoreraient encore (he he impossible ici, hein?), seule ma nullité en corse explique ma lenteur, mais je peux dire malgré mes lacunes : chef d'oeuvre! Emotion, amour, sexe débridé, intelligence, sens de l'Histoire, misère de notre société, horreur du crime, horreur de la guerre, et quelques bribes de bonheur vite volé. Tout y est. Pas gai mais fort.

    Non Monsieur Renucci je vous vois venir gros comme une maison, je commence à voir votre dada, je suis incapable de faire comme mme Caminada, désolé pas de fiche de lecture. Mais je suis en "manque", déjà, et j'espère qu'on trouve facilement "Prighjuneri", en plus c'est bilingue, ce sera du gâteau!

    Pour le chèque Monsieur Biancarelli, je laisse mon RIB par mail à Renucci comme convenu(!)

    Mika Nomu (et quali?)

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  7. Ah nò o Sgiò Renucci, sta volta nadate troppu luntanu. per fà a prumuzione di stu scrivaccianu di Biancarelli, andate sin'à fà l'"anonimu" è à favvi pacà per fà a so loda?

    Sò stumacata. Mai l'averia criduta d'un omu cum'è voi, vi dava u Signore senza cunfessione, ùn ascultava micca quelli chì mi dicianu ch'è vi erate venale!

    Vi dicu avvedeci o Sgiò Renucci, ùn venia micca quì è beh cuntinuveraghju! Voltu in Mirvella induve i talenti sò belli più ...più...euh , nò, ùn aghju dettu nunda.

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  8. Cara Piratella,
    ci vole à ripete per tuttu u mondu chì ùn aghju mai scrive di manera anonima nant'à u Web : socu troppu orgugliosu ! (Hè un peccatu murtale quessu, no ?)

    Cher Mika Nomu (et quali?),
    vous êtes libre - je vous le confirme - de parler de vos lectures de la manière que vous voulez. Il n'y a pas de modèle ; mais il est vrai que si vous vouliez citer un passage du roman (ou indiquer le début et la fin d'un passage que je me ferai un plaisir de retranscrire), ce serait génial : quelle est la page que vous aimeriez citer ? (Et encore une fois, il n'y a aucune obligation !). Merci.

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  9. Spettaculu bislingu pè i zitelli

    PESCIU ANGUILLA
    CONTRE CAPITAIN CROCHET POUR LIBERER PETER PAN

    AIACCIU
    Marti 11 di maghju i : un spettaculu à 2 ore è unu à 8 ore è mezu (Espace Diamant)

    FURIANI
    Marti 18 di maghju : un spettaculu à 10 ore è l'altru a 2 ore (Teatru)

    CALVI
    Vennari 4 di ghjugnu dui spettaculi: unu à 10 ore è l'altru à 2 ore (cullegiu di Calvi)

    SARTÈ
    luni 7 di ghjugnu dui spettaculi : unu à 10 ore è l'altru à 2 ore à u Centru Culturale.

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  10. Pesciu Anguilla n'étant disponible chez aucun libraire de Bastia, j'ai téléphoné à Bernadette Paringaux (éditions fédérop). L'ouvrage est paru hier et les premières expéditions seront effectuées lundi 10 mai.
    A très bientôt

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  11. Angèle,
    voilà un nouvel épisode qui donne du grain à moudre à ceux qui pensent qu'il n'y aura pas de littérature corse tant qu'il n'y aura pas la possibilité de prendre connaissance et de se procurer tous les ouvrages qui paraissent. Ils sont nombreux les ouvrages épuisés, invisibles, oubliés !!! (Je parle là des éditions de "Pesciu Anguilla" en langue corse.)

    Quant à "Pépé l'anguille" - la traduction parue chez Fédérop - elle devrait être disponible dans les librairies corses bientôt, avec une distribution par DCL.

    Merci pour l'info concernant les expéditions.

    à bientôt

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  12. Cher FXR,

    Je suis finalement parvenue à me procurer l'ouvrage à la Librairie Papi du bd Paoli. Un exemplaire d'un reprint à tirage limité (destiné aux étudiants de l'Université de Corti) de l'édition 1990 de La Marge. J'en ai profité pour faire la promo de "Pépé l'anguille" auprès du libraire, qui va contacter la DCL. Pour moi la bastiaise italianisante (seuls mes parents parlaient le corse... mais entre eux), la lecture de ce corse-là est beaucoup plus aisée que celle de la langue du sud. Je rajoute que cette langue est très savoureuse et me parle vraiment beaucoup.

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  13. Angèle,
    heureux de voir que les textes corses arrivent finalement à circuler : quand le désir s'en mêle !

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